‹ Leçons de médecine légaleChapitre 16 sur 35 · ONZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

ONZIÈME LEÇON

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Des divers états contre nature qui peuvent simuler la

Il arrive souvent que les femmes éprouvent la plupart des signes équivoques dé la grossesse, sans pourtant être enceintes. On en a vu qui disaient sentir les mouveraens de l’enfant, et qui étaient en proie à des nausées, à des vomissemens, etc. ;la menstruation était supprimée depuis plusieurs mois ; les seins tuméfiés laissaient suinter un liquide laiteux ; l’expansion de l’abdomen était considérable, la, matrice était plus vo^ "lumineuse, et son col effacé et entr’ouvert. Cet ensemble de phénomènes, désigné par les auteurs sous le nom àe grossesse apparente, dépend i° d’une maladie de l’utérus ou de quelques autres organes abdominaux

de rùtérus, qui dans la grossesse extra-utérine éprouve toujours quelques changemens, soit dans son volume, soit dans sa cavité; a° sur l’état des parties sexuelles, d’après lequel on pourra présumer que la personne a été déflorée; 5* sur les signes commémoratifs : ainsi la jeune fille aura présenté dès son enfance une tumeur abdominale plus ou moins douloureuse s’il y a. monslrupsité , tandis qu’on aura observé quelques-uns des signes de la grossesse extrautérine si elle est réellement enceinte, et la tumeur n’aura paru que depuis peu ; 4“ sur la situation de celte tumeur, sur les rapports qu’elle peut avoir avec les parties environnantes , etc. ^ -

et ne suppose pas nécessairementXe coït, 2° d’une altération éprouvée par l’embryon , l’œuf étant encore contenu dans la matrice, altéi’ation qui suppose nécessairement le coït.

A. Grossesse apparente reconnaissant pour cause une maladie de Vutérus ou de quelques autres 'viscères abdominaux. Ces maladies sont (i):

I® La tjmpanite utérine, affection dans laquelle l’utérus est distendu par des gaz : à la vérité, tous les médecins n’admettent pas l’existence de cette maladie j parce qujil est difficile de concevoir que le tissu serré et très-épais de la matrice soit dilaté par des gaz au point de simuler la grossesse; ils pensent que l’on a désigné sous le nom de tympanite utérine des collections de gaz dans les intestins.

2° hjdropisie de Vutéms (hydromètre J, maladie dont certains praticiens nient l’existence, parce que la matrice n’est point revêtue d’une membrane séreuse; ils pensent que l’on a donné ce nom à des masses d’hydatides (2).

(1) II serait superflu et déplacé de décrire avec détail les symptômes et la marche des affections dont nous allons parler, leur étude étant du ressort de la pathologie.

(3) Frank rapporte, dans son article de Hydrometra, qu’une princesse allemande , d’un âge avancé , et qui n’était plus réglée , fut déclarée enceinte par son médecin et par un accoucheur; elle rendit par la vulve une énorme quantité d'eau, et la matrice ne tarda pas à s’affaisser. Un peu après les mêmes symptômes se renouvelèrent; on s’attendait à un flux de même nature que la première fois;

3“ Vhydropîsie enkystée de la matrice; Vhydropisie des ovaires et des trompes;

4° U engorgement chronique de V utérus ;

5“ Les corps fibreux de la matrice , dont le volume varie depuis celui d\ine lentille jusqu’à celui de la tête d’un homme , et même plus : on en a vu qui pesaient vingt-quatre livres. Ils sont charnus, fibro-cartilagineux ou osseux; ils se développent' dans le tissu fibreux de la matrice, entre ce tissu et la tunique péritonéale, ou entre le tissu fibreux et la surface interne de l’utérus : dans ce dernier cas, on les désigne sous le nom de polypes fibreux,

6“ Les polypes mous^ ■vésicûleux.

fi L’hydropisie ascite , les ^ tumeurs du mésentère et de lépiphon; la tympanite intestinale (i).

elle accoucha d’un enfant viable, au préjudice de la réputation des accoucheurs les plus expérimentés. (Traité de médecine pratique de P. Frank, traduit par, Goudereau , tpm. IV, pag. 184.) - ^

(1) Une femme affectée d’une hydropisîe ascite consécutî've delà phthisie pulmonaire, mère de huit enfans , affirmait qu’elle était enceinte ; en appliquant les deux mains froides sur le bas-ventre, on sentait des mouvemens assez forts dans la région de l’utérus, cOmme si l’enfant donnait des coups de genou ou de coude ; le toucher faisait pourtant reconnaître que l’utérus était vide. Le docteur Frank annonça dès lors que la femme n’étàît pas grosse ; un autre médecin fut d’un avis contraire. La malade mourut au bout de trois semaines. On pratiqua l’opération césarienne, et il sortit de la cavité abdominale une grande quantité

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