TREIZIÈME LEÇON
Exposition des caractères anatomiques les plus généraux que présentent les organes du noweau-rié dans b état normal, dans l’état anormal, et dans l’état patholo- - gique.
Avant de traiter de Xinfanticide , de \ avortement et de la viabilité du fœtus , il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur les caractères anatomiques les plus généraux des organes des nouveau-nés dans l’état normal, dans l’état anormal, et dans l’état pathologique ; en effet , les médecins sont souvent appelés par les magistrats, pour constater la cause de la mort des fœtus et des nouveau-nés , et leurs recherches ont pour but de constater si tel ou tel organe est sain , s’il est le siège de quelque inflammation , de quelque altération de tissu, s’il porte les traces de violences extérieures , enfin si l’enfant est mort par suite d’une affection spontanément développée dans quelque région de l’économie, ou bien s’il a été victime de quelques manœuvres criminelles. Or, pour arriver à la solution de semblables questions , il est nécessaire de bien connaître quels sont les principaux aspects que présententles
organes des nouveau-nés dans les différens états dont nous avons parlé. Il y avait déjà plusieurs années que nous avions conçu l’idée d’exécuter un pareil travail , lorsque nous^fumes obligé d’y renoncer à cause de la difficulté que nous éprouvions à nous procurer un assez grand nombre de sujets. M. Billard , élève interne à l’hospice des Enfans-Trouvés , voulut bien se charger de faire des recherches suivies sur cet objet, et de remplir le cadre que nous lui avions tracé. Nous croyons devoir transcrire littéralement les notes qu’il nous a transmises (i).
Pour procéder avec ordre , dit-il, dans l’examen que je me propose de faire , je passerai successivement en
Le D' Denis de Commercy a publié en 1826, sous le titre de Recherches d’ Anat. et de PhysloL. pathol. sur plusieurs maladies des nouveau-nés, un ouvrage important ^yant principalement pour objet les affections auxquelles succombent les enfans âgés de plusieurs jours , de quelques mois et même d’un an ; tandis que le travail dont il s’agit ici comprend particulièrement la description des divers états sous lesquels se présentent les organes des nouveau-nés qui périssent peu de temps après la naissance, c’est-à-dire à l’époque où le crime d’infanticide se commet le plus souvent. Toutefois comme l’ouvrage du D"' Denis, renferme quelques observations relatives à des enfans qui sont morts le jour même de la naissance , et que l’ouverture du corps a fa i voir des altérations notables de plusieurs organes, le lecteur pourra le consulter avec fruit. Voyez aussi la dissertation sur la pneumonie et la gastro-entérite des nouveaunés, par le D' Cogny; Paris, avril 1827.
revue, i* les tégumens externes; a° les organes de la digestion; 3“ les organes de la circulation et de la respiration; 4° les organes de l’innervation; 5° les organes de la locomotion ; 6“ les organes génitaux; ’f les tissus qui peuvent se trouver dans toutes les parties du corps, et entrer dans la composition des divers organes , tels que le tissu cellulaire et le tissu adipeux.
Des tégumens externes. Coloration de la peau chez les nouveau-nés. Les enfans qui viennent de naître ont presque tous une coloration uniforme; le sang prédomine dans les tissus sous-cutanés et leur communique sa couleur : aussi la face, le tronc, et les membres de l’enfant naissant sont-ils ordinairement rouges. J’ai voulu voir à quelle époque précise cette coloration pâlissait ; mais je n’ai rien trouvé d’assez constant pour établir en principe général le résultat de mes calculs. J’ai vu des enfans commencer à blanchir au cinquième et au huitième jour; j’en ai vu rester encore fortement colorés jusqu’à douze et quinze jours. Voici du reste les nuances que prend là peau avant d’arriver à son état de blancheur naturel.
Le plus ordinairement les tégumens passent peu à peu d’un rouge foncé à un rose vermeil ; souvent aussi une coloration violacée se manifeste surtout aux extrémités; mais cette dernièré couleur peut être un signe de maladie ; enfin on voit presque toujours se mélanger à la couleur rose des tégumens une nuance jaune que l’on rend encore plus manifeste par la pression des doigts sur la peau : cette nuance jaune devient parfois prédominante., elle se fonce de plus en plus , et l’enfant présente alors un véritable ictère , coloration qui n’est
pas due très-certainement à une affection du foie, ainsi que je le prouverai dans un autre lieu/
A mesure que ces transformations de couleur s’opèrent, la peau de l’enfant, d’abord gluante et même enduite d’une couche sébacée, devient plus sèche, l’épiderme se fendille, s’exfolie. Les tégumens prennent bientôt un aspect plus pâlej et sont le ^iége d’une congestion sanguine moins abondante. Ainsi la peau passe successivement du rouge foncé au rose pâle pour blanchir ensuite, ou bien elle offre une coloration rouge, violacée, jaunâtre, puis enfin blanche. Telles sont les principales nuances de couleur que présentent les tégumens du nouveau-né : ces différentes colorations peuvent servir à faire connaître qu’un enfant est récemment né , surtout si on les observe concurremment avec les autres signes propres à fournir la même indication. ( F07, p. 67.)
Quelques erifans naissent faibles , maigres , et vraiment chlorotiques; leurs tégumens sont d’une pâleur extrême, les membranes muqueuses partagent ellesmêmes .cette décoloration , et sont dans un état de ramollissement plus ou moins avancé. Cet état général de l’organisation estlè résultat évident d’une maladie développée chez l’enfant pendant son séjour dans l’utérus. Il vient au monde maigre et pâle comme le sont les malades réduits au marasme par le développement et les progrès de quelques affections organiques. Cètte couleur blafarde et chlorotiquei delà peau chez les nouveau-nés, doit donc être regardée comme un caractère pathologique, plutôt que comme une variété de la couleur naturelle des tégumens.
Lestégumens externes se confondent insensiblement avec les tégumens internes sur les limites des ouvertures naturelles du corps. Ils sont ordinairement très-vermeils dans ces parties ; ainsi les lèvres, le bord des paupières, l’entrée des fosses nasales, le pourtour de l’anus et la vulve offrent un aspect vermeil qui, comme on le sait, persiste une partie de la vie, et ne se flétrit que par les progrès de l’âge.
La peau du nouveau-né est susceptible d’offrir un assez grand nombre de colorations anormales soitcongénitales, soit accidentelles. Il est important de ne pas les confondre avec des contusions ou des traces de violences extérieures.
Les taches connues sous le nom de nœvi materni ont un caractère trop tranché pour que l’observateur le plus superficiel se méprenne sur leur nature; mais il n’en est pas de même des ecchymoses et des pétéchies : lés premières peuvent être , comme on le sait , le résultat d’un accouchement difficile ; elles s’observént particulièrement au niveau des parties qui se sont trouvées pressées par les détroits du bassin; telle est surtout l’ecchymose habituelle du cuir chevelu : cependant je dois faire à cet égard une remarque importante , c’est que cette ecchymose n’est pas toujours due à la compression que la tête de l’enfant peut avoir subie au détroit pelvien. J’ai récemment reçu parfaitement intact un oeuf d’environ quatre à cinq mois; la femme que j’ai accouchée moi-même , m’a dit que depuis quinze jours elle éprouvait des douleurs dans la matrice , et que depuis huit jours elle avait eu des pertes assez abondantes pour
concevoir le pressentiment de son avortement prochain. Les membranes ne furent nullement déchirées j l’eau de l’amnios , en raison de sa transparence , permettait de voir le fœtus dont la tête était pendante et les pieds soulevés. On remarquait au sommet de la tête une large ecchymose à la circonférence de laquélle se rendaient de petits vaisseaux élégamment ramifiés. Je pensai que l’enfant était mort depuis quelques jours , que dès lors les liquides s’étaient trouvés chez lui soumis aux lois de la pesanteur, et que cette ecchymose du cuir chevelu, véritable phénomène cadavérique, ne pouvait être regardée comme l’effet de la compression que la tête aurait subie, mais comme un résultat de la position déclive dans laquelle cette partie s’était trouvée depuis la mort de l’embryon.
J’ai cité dans mon Mémoire sur la respiration un exemple de pétéchies cutanées, et J’y ai ajouté quel-' ques réflexions auxquelles je renvoie. ( Foy. l’observation de Delarue à la p. Syp de ce volume.) Quant aux lividités cadavériques, elles seront toujours faciles à distinguer, puisqu’elles ont les mêmes caractères que chez les adultes. ( Foy. tom. Il, art. Mort. )
On ne confondra pas non plus l’érysipèle et l’érythème, si commun chez les nouveau-nés, avec des traces de violences extérieures; il faudra surtout s’informer pour cela de la manière dont se sont développés ces exanthèmes. Quant aux autres affections cutanées , comme elles offrent des traits particuliers , elles seront toujours reconnaissables; elles ne se développent d’ailleurs presque jamais aussitôt après la naissance; cepen-
Jant M. Lo]3Stein a rapporté un exemple d’ectyma congénital, et j’ai vu moi-même chez un enfant né depuis six heures un strophulus hien caractérisé. Comme je n’ai point l'intention de donner ici l’histoire des maladies de la peau chez les nouveau-nés, je m’arrêterai à ces réflexions générales (i).
Des organes de la digestion. Nous avons déjà fait connaître les caractères anatomiques de l’appareil digestif considéré dans l’état sain ( Voy. p. 6i ) : nous ne nous occuperons ici que de quelques altérations de couleur ou de texture qui peuvent se rencontrer à la surface de ces organes, et qui sont tantôt le résultat d’une cause morbide , et tantôt l’effet d’un simple état anormal.
La La bouche ne présente ordinairement rien
de bien particulier; j’ai observé une fois une ecchymose dite scorbutique.à la base de la langue, chez un enfant naissant : cette ecchymose, d’une couleur violacée , s’étendait depuis la base jusqu’à la partie moyenne de l’organef et pénétrait à trois lignes d’épaisseur ; le tissu de la langue était, dans cet endroit , extrêmement ramolli. L’état général du sujet n’offrait rien de remarquable.
La bouche est , comme on le sait, susceptible d’éprouver dans sa conformation plusieurs imperfections desquelles résultent des difformités trop connues pour que je m’arrête à les signaler ici. Le pharynx est presque toujours injecté.
(i) On a souvent vu des fœtus qui sont nés avec la variole, la rougeole, etc.
üœsophage. La face interne du canal œsophagien est toujours J comme nous l’avons dit à la page 62, .le siège d’une injection plus ou moins marquée : cette injection offre des variétés d’aspect assez nombreuses; ainsi on observe des ramifications, des plaques rouges, des stries longitudinales , des points plus ou moins nombreux. Cette congestion est parfois portée à un tel degré que la rougeur est uniforme, et la membrane muqueuse sensiblement épaissie. Il n’est pas rare de voir l’épithelium s’enlever par sillons longitudinaux dont les bords sont renversés sur eux-mêmés. Bien que cette exfoliation ne s’opère pas chez tous les sujets, il ne faudrait pas cependant la prendre pour l’effet de quelque poison ou de quelque corps vulnérant introduit dans les voies digestives, car on l’a rencontrée chez des enfans auxquels ces accidens n’étaient point arrivés : on l’observe principalement dans les cas de muguet, production pseudo-membraneuse excrétée à, la surface de la membrane muqueuse. On pourrait être d’autant plus porté à regarder ces*exfoliations comme des escarres superficielles, que les fragmens membraniformes sont quelquefois teints en jaune ou en brun par les matièi’es vomies par l’enfant. On voit aussi survenir cette exfoliation lorsque l’œsophage est excorié et ulcéré par suite d’une violente inflammation ; j’ai trouvé chez un enfant de quatre jours, au tiers inférieur de l’œsophage, une ulcé- . ration que ses bords élevés rendaient profonde en apparence, qui se trouvait située au tiers inférieur de l’œsopbage, et qui avait environ quatre lignes de diamètre dans tous les sens. Il existait dans ce cas une
véritable œsophagite aiguë. Je ne parlerai point des oblitérations complètes ou incoiçplètes de l’œsophage, dont les auteurs ont cité des exemples, ni des épaississemens partiels ou généraux que présente la paroi de ce canal : outre que ces altérations sont rares chez les nouveau-nés, il est toujours facile d’en apprécier la nature et la cause^ et je ne sache pas qu’il soit possible de commettre à cet égard quelque grave erreur sous le rapport médieo-légal.
L’estomac. On sait qu’il entre dans la structure de l’estomac un grand nombre de glandules mucipares, invisibles à l’œil hu dans l’état sain, mais susceptibles de s’accroître par suite d’un état pathologique quelconque, de manière à nous dévoiler leur siège, leur forme, et leur disposition particulière.
Il est très-commun de rencontrer chez les nouveaunés ces glandes fort développées, et ce développement offre des variétés d’aspect importantes à connaître. Elles peuvent être simplement .tuméfiées, et se montrent alors sous la forme d’un grand nombre de petits grains blanchâtres qui, quelq^uefois très-rapproehés, donnent à la membrane muqueuse un aspect analogue à la peau d’oie, et qui d’autres fois sont plus clair-semés ou n’occupent que telle ou telle région de l’estomac.
Ces glandes s’ulcèrent légèrement au sommet; leur base n’étant pas encore détruite par les progrès de l’ulcération, on reconnaît' facilement quel est le siège de cette solution de continuité.
Mais enfin l’ulcération fait des progrès, toute la glandule est détruite, et l’estomac offre alors un grand n ombre d’ulcères peu profonds , arrondis ou irréguliers,
dont les bords sont presque toujours teints d’un filet jaune, dù sans doute aux matières muqueuses et bilieuses refluées dans l’estomac. Il n’est pas rare de trouver en outre dans la cavité gastrique un fluide sanguinolent fourni par exhalation ou par les bouches béantes des vaisseaux ulcérés : ce sang, en séjournant dans l’estomac , ne tarde pas à prendre une couleur brune, puis noirâtre; l’enfant vomit souvent de ces matières brunes, soit en mourant , soit quelque temps avant la mort; et si l’on trouvait en même temps à l’autopsie cadavérique quelques excoriations dans l’œsophage, alors on pourrait être porté à regarder ces lésions comme l’effet d’un poison corrosif introduit dans les voies digestives; en effet, n’est-il pas naturel de concevoir une telle idée lorsque d’une part on rencontre l’œsophage excorié, de l’autre l’estomac criblé d’ulcérations et rempli de matières brunes plus ou moins consistantes ? Il est donc important de prémunir contre cette erreur les médecins qui, peu familiarisés avec l’anatomie pathologique, rencontreraient pour la première fois sur le cadavre d’un enfant mort-né, ou mort peu de temps après sa naissance, l’espèce de gastrite congénitale que je viens de signaler. Je vais rapporter ici un fait sur la nature duquel je me suis mépris moi-même, parce qu’il s’est présenté à mon observation avant que l’expérience m’eût instruit.
Observation, Lucain, â^é d’un jour, meurt le soir de sa naissance ; l’autopsie cadavérique est faite le lendemain. L’enfant présente à l’extérieur une forte constitution et beaucoup d’embonpoint : tous les organes sont dans l’état naturel, excepté l’appareil digestif qui
offre les caractères suivans : l’épithelium de l’œsophage se fendille et s’enlève à l’extrémité inférieure; toute la face interne de l’estomac présente de petites ulcérations irrégulièrement ovales; leurs bords ne sont pas relevés, mais ils sont teints d’un léger filet jaune; des matières visqueuses mêlées de flocons de couleur bistre remplissent la cavité gastrique ; l’intestin grêle est parfaitement sain , le gros intestin est rempli de méconium dont se trouve teinte la membrane muqueuse. En considérant les excoriations de l’œsophage, les ulcères de l’estomac et les matières brunes qu’il renfermait, je crus un moment que cet enfant pouvait bien avoir pris quelque substance corrosive, mais je cessai, par la suite, d’avoir cette idée lorsque de nouveaux exemples étant venus m’éclairer sur la nature de ces ulcères, je demeurai convaincu qu’ils se formaient , ordinairement de la manière indiquée plus haut.
Presque tous les enfans naissans , chez lesquels j’ai trouvé l’estomac ainsi criblé d’ulcérations , avaient cependant beaucoup d’embonpoint, de sorte qu’il est probable que ces lésions de la membrane muqueuse sont ordinairement le résultat d’une gastrite aiguë développée dans les derniers jours de la vie intra-utérine.
Les matières brunes que l’on observe si fréquemment dans l’estomac des nouveau-nés sont évidemment le résultat d’une altération de couleur du sang exhalé à la surface de l’organe ; en effet on trouve quelquefois des stries de sang vermeil au milieu de cette masse brunâtre, quelquefois, au contraire, on n’aperçoit que quelques stries brunes ou brunâtres au milieu du sang exhalé, de sorte que le passage insensible de la cou-
leur rouge à la couleur brune du liquide épanché, permet vraiment de suivre les degrés de décoloration que ce liquide éprouve en s’altérant.
Ces matières de couleur brune ou bistre ne se remarquent pas seulement en même temps qu’il y a des ulcères dans l’estomac ; on les trouve également quand il n’y a qu’une simple exhalation. sanguine, et cela se rencontre assez fréquemment chez les nouveaurnés.
Je crois avoir assez insisté sur cette altération particulière de l’estomac chez l’enfant naissant pour qu’on ne soit pas exposé à la prendre pour le résultat d’un empoisonnement. Je ferai remarquer encore que l’on peut trouver à la face interne de l’estomac des nouveau-nés j des colorations brunes et ardoisées, soit pointillées, soit par plaques. J’en possède plusieurs exemples, et je suis très-porté à regarder ces altérations de couleur comme les traces d’une phlegmasie chronique (i). Les autres parties du tube digestif sont susceptibles de devenir le siège d’altérations particulières , même pendant la vie intra-utérine; ainsi les plexus folliculaires et les follicules mucipares sont quelquefois plus ou moins enflammés chez l’enfant naissant. Il est facile de reconnaître la nature de ces altérations à leur siège, à leur disposition et à leurs caractères anatomiques. La décoloration elle ramollissement soit simple, soit gélatiniforme, avec ou sans perforation de la
(i) Voyez de la membr muq. gastro -Intest. , chap. des altér. de couleur.
membrane muqueuse gastro-intestinale s’observent encore chez les nouveau-nés 5 les tégumens externes ont eux-mêmes dans cette circonstance une apparence chlorotique, et l’enfant porte, dans son habitude extérieure, l’empreinte de la phlegmasie chronique dont le ramollissement et la décoloration sont les résultats plus ou moins directs, plus ou moins éloignés. L’inflammation avec excrétion pseudo-membraneuse peut se rencontrer chez des enfans récemment nés : j’ai vu chez trois enfans de deux à cinq jours un muguet confluent du colon ; chez l’un d’eux les pellicules étaient parfaitement bien organisées. J'ai trouvé deux fois le muguet dans l’estomac: cet organe présentait en outre chez l’un de ces enfans un ramollissement géîatiniforme et une perforation (i). Mais de toutes les modifications d’aspect du tube intestinal, celles qui sont dues à l’injection vasculaire sont les plus nombreuses; la disposition ramiforme ou capilliforme des vaisseaux mésentériques et intestinaux, la surabondance du sang veineux dans les canaux destinés à le recevoir, la con-
(1) Pour appuyer l’opinion que le- muguet peut se développer chez les fœtus encore contenus dans le sein de leur mère, M. Véron rapporte l’observation d’un muguet chez un enfant de trois jours, ét dans lequel la maladie avait produit une perforation de l’oesophage ; du reste ce médecin pense que jamais la membrane muqueuse de l’estomac , de l’intestin grêle et des voies respiratoires , n’est le siège ' du muguet. (Séance de l’Académie royale de Médecine du a8 juin i8a5. )
gestion locale ou générale du système vasculaire abdominal sont autant de circonstances propres à faire varier les aspects que peut présenter la membrane muqueuse digestive. Le médecin devra donc, dans ses recherches anatomiques, tenir compte de toutes les circonstances susceptibles de produire ces phénomènes afin de les apprécier à leur juste valeur. Comme les congestions sanguines dü tube intestinal sont très-fréquentes, et qu’il est assez difficile de saisir les caractères qui les distinguent des rougeurs inflammatoires, il importe d’établir sur quels principes généraux îl faut baser son jugement. La rougeur pointillée, la rougeur striée et la rougeur par plaques, surtout si elles se trouvent dans une position non déclive et ne coexistent pas avec une congestion générale de l’appai’eil vasculaire abdominal, peuvent être regardées comme un résultat de l’inflammation 5 cette induction sera d’autant plus vraie qu’il y aura en même temps épaississement et friabilité de la membrane muqueuse. 2“ La rougeur générale, l’injection ramiforme et l’injection capilliforme peuvent être considérées comme étant l’effet d’une congestion passive, surtout si les vaisseaux abdominaux sont remplis de sang, et si ces rougeurs ont pour siège une partie décliveducanalintestinal.Tellessontles données les plus générales qu’on puisse avoir sur ce sujet.
On trouve assez souvent , chez les nouveau-nés, du sang exhalé à la surface du canal alimentaire; sa couleur est d’autant plus vermeille que son exhalation est plus récente: ces hémorrhagies intestinales sont dues tantôt à une cause inflammatoire, tantôt à une véritable congestion passive ;ilfaut, pour les distinguer, examiner
avec soin la nature et la disposition des rongeurs qui les accompagnent.
J’ai parlé, dans un autre lieu, des colorations du tube intestinal dues à la présence des matières bilieuses ou muqueuses ; je n y reviendrai donc pas. {V oy. p. 63.)
On pensera peut-être que j’exagère le tableau des altérations de couleur et de texture qui peuvent se rencontrer dans le tube intestinal d’un enfant qui vient de naître , mais on cessera de s’en étonner lorsqu on admettra avec un assez bon nombre de médecins qu’il est possible que l’œuf, que l’embryon, que le fœtus éprouvent des maladies pendant leur séjour dans l’utérüs, et que par conséquent les organes du nouveau-né ne sont point dans un état d’intégrité aussi parfait que cela devrait être si la série des maladies qui affligent notre espèce ne commençait qu’au premier jour de la naissance. Et en effet pour ce qui concerne le canal intestinal , ne trouve-t-on pas assez sauvent sur les cadavres des nouveau-nés des traces d’anciennes affections? L’histoire de l’art en offre déjà plusieurs exemples, et j’ai moi même rencontré des cicatrices anciennes du tube digestif, des excroissances polypeuses à la face interne du duodénum, des perforations formées par une adhérence de deux circonvolutions intestinales, et enfin une hypertrophié très-considérable des parois du colon chez des enfans morts en naissant ou quelques heures seulement après la naissance. On ne saurait donc peser avec trop de circonspection l’opinion qu’on doit émettre en matière de jurisprudence, relativement au genre de mort d’un fœtus dont on est chargé de faire l’autopsie cadavérique.
( spo )
Enfin le tube digestif peut éprouver des entraves à son développement normal , et devenir le siège de nom^ breu ses variétés de forme et d’aspect qu’il est encore important de connaître. C’est ainsi que l’on a rencontré l’absence de l’estomac (dans le cas d’acépbalie), celle d’une partie de l’intestin grêle, l’occlusion du calibre du canal intestinal, son interruption complète, ses inflexions insolites, sa distension extraordinaire, son invagination, son inversion, ses diverticules, ses hernies, etc. Ces vices de conformation sont très -connus 5 je me borne à les signaler ici comme ne devant pas échapper 4 l’attention du médecin.
Des dépendances du tube digestif . Les glandes sali vàires sont très-rarement le siège d’altérations chez les nouveau-nés. ; J’ai trouvé- Une fois une fistule de la glande isublinguale au dessous du menton chez uU enfant qui venait de naître* le conduit de la glande, obstrué du côté de la cavité buccàle , était très-distendu par lâ'sàliveet formait sous la langue la tumeur à laquelle on a dpnrté le nom àl'è'gtenùuülette'. L’enfant se portaitibien, et comnie il n’a pas succombe à cette lé-' géré irifiimité je n’ai pu constater exactement la disposition anatomique des parties. w
Le pancréàS' est ordiriâiréménf sain et assèz develôppé, il offre surtout sa textuie lobulaire ttès-marquee, et il n’est pôint ehcCrê erivëloppé de tissu cellulaire graisseux comme cela s’observe chez les adultes.Le conduit pancréatiqué s’ouvre librement-dans le duodénum , s”On embouchure estpresque toujours environnée d’une légère saillie du d’uii repli muqueux du centre duquel
on peut faire sourdre par la pression le fluide pancréatique.
Nous avons déjà parlé de la rate et du foie ( V. p. 61 ) ; nous avons fait remarquer la fréquence des congestions sanguines dans ce dernier organe surtout. I^es altérations de couleur et d’aspect du foie sont difficiles à saisir, mais on peut dire quelles varient du, rose tendre au brun foncé ; quant à la consistance du tissu de l’organe , elle n’offre pas de moins grandes différences. On remarque que plus la congestion sanguine était considérable, plus le tissu du foie est friable. On s’est dans ces derniers temps efforcé de prouver que les rougeurs des vaisseaux situés dans la profondeur d’organes habituellement pénétrés de sang , étaient dues à une véritable imbibition cadavérique, et l’on s’est empressé de tirer de quelques expériences faites sur les animaux, des inductions trop générales pour être admises. Je puis affirmer que j’ai trouvé très-souvent au milieu du foie gorgé de sang , l’intérieur des vaisseaux parfaitement sain; leur- couleur est ordinairement d’un rose pâle ; mais au milieu de la couleur du foie , cet aspect est très-tranché et présente une véritable blancheur , relativement toutefois à l’aspect du tissu hépatique. îiOrsque les vaisseaux hépatiques sont imbibés et colorés par le sang , cela tient à une altération de texture dans l’organe et dans les parois vasculaires, altération due tantôt à la longueur du temps écoulé depuis la mort, tantôt à un travail morbide ou à une décomposition quelconque. L’abondance du sang n’est pas la seule condition nécessaire de cette coloration ; il faut que le tissu coloré soit en même temps disposé à l’être par des
modifications particulières, survenues dans sa texture.
On peut trouver chez les nouveau-nés le foie hypertrpphié, gras, sec, Ou vide de sang, tuberculeux, déchiré, transposé de sa situation Ordinaire, ramolli, oii au contraire fort dur. Les auteurs ont rapporté des exemples de ces diverses altérations que j’ai moi-même rencontrées plusieurs fois.
Xa rate est moins souvent le siège d’altérations particulières; elle est quelquefois double ou multiple; je n’ai jamais observé l’ossifîcalion de la membrane pér ritonéale, non 'plus que de celle du foie, chez l’enfant naissant. Je ne dois pas oublier parmi les dépendances du tube intestinal le mésentère et les épiploons. Ils ne sont remarquables à l’époque de la naissance que par un seul caractère, c’est qu’ils sont presque entièrement dépourvus de tissu adipeux, et qu’ils ne consistent qu’en une toile mince et transparente à travers les feuillets de laquelle on aperçoit les ramifications vasculaires qui rampent dans ces parties. Les glandes lymphatiques sont petites , vermeilles et lâchement insérées entre les lames du mésentère : on ne les trouve volumineuses que chez les enfans qui naissent avec une disposition aux affections scrofuleuses , encore est-il vrai de dire qu’à l’époque de la naissance on observe difficilement les traits particuliers de la eonstitution lymphatique, et qu’alors presque tous les enfans se ressemblent par la disposition générale de leurs organes. H n’en est pas de même un peu plus tard (i).
(i) Toutefois OEhler dit avoir ti’ouvé les glandes du mésentère tuméfiées, dures, adipiformes; en un mot, scro-
Des organes sécréteurs de Vurine. Après les orgànes de la digestion se présentent naturellement ceux qui sont chargés de sécréter l’urine ; car l’examen des vaisseaux chylifères ne peut offrir rien de remarquable par rapport au but de ce travail.
Les reins. Enveloppés d’une couche de tissu cellulaire très - fine et dépourvue de graisse, les reins du nouveau-né sont, dans l’état normal, profondément lobulés d’une couleur moins foncée que chez l’adulte, d’un volume assez considérable et d’une forme fort analogue à celle qu’ils auront le reste de la vie. Les deux substances corticale et mamelonnée sont très-distinctes, mais la dernière n’est pas encore aussi épaisse quelle le sera plus tard comparativement à la première. Les calices et le bassinet sont humectés d’urine; le dernier n’est que peu distendu par ce liquide, qui sans doute s’écoiilê par les uretères aussitôt qu’il est sécrété et lors même que l’enfant séjourne encore dans l’utérus. '
Les reins présentent des variétés de couleur, de forme et de nombre.
1° Couleur. Les reins peuvent être plus ou moins colorés suivant l’abondance ou, l’absence du sang dans leur tissu. J’ai souvent remarqué à leur surface des ecchymoses plus ou moins larges dues à un épanchement de sang au dessous de leur membrane propre. Oh voit
fuleuses , non-seijlement chez des foetus nés dé mères scrofuleuses, mais encore chez quelques-uns dont lés mères n’offraient aucune trace de cette maladie. (Désormeaux, art, OEuf, du Dict. de Médecine.)
aussi assez fréquemment des rougeurs pointillées dans l’épaisseur de la substance mamelonnée, et ces points rouges sont quelquefois assez larges pour être regardés comme de véritables pétéchies. Il est une altération de couleur très-remarquable qui s’observe surtout chez les enfans ictériques 5 on voit s’étendre en rayonnant du sommet à la base du mamelon des stries d’un jaune éclatant qui sont dues sans doute à la coloration de la sérosité qui se trouve entre les fibres de la substance mamelonnée : ces stries colorées affectent une direction très-régulière; elles ne doivent point être regardées comme le résultat d’une altération particulière du tissu du rein , mais bien comme un effet de la cause éloignée qui détermine l’ictère, et qu’il ne nous est pas toujours facile d’apprécier. J’ai vu une fois seulement la substance corticale être séparée par une ligne jaune analogue, à celles dont je viens dé parler, de la substance mamelonnée: celle-ci se trouvait comme enveloppée par cette ligne festonnée.
2° La forme. Si quelque cause a rais obstacle à l’écoulement de l’urine, si les uretères sont obstrués ou s’ils manquent, l^urineen stagnant dans le bassinet le distend considérablement ; les |obules du rein partagent bientôt eux-mêmes cette dilatation ; et la masse de l’organe ne consiste plus qu’en un vaste kyste lobulé rempli d’urine et plus ou moins irrégulier. Je possède deux reins de cette espèce trouvés sur des enfans morts en naissant. L’irrégularité dans la forme du rein peut provènir d’un développement plus considérable d’une de ses parties ou d’une hypertrophie générale et régulière.
3° Le nombre. On sait qu’il est possible de rencontrer un seul rein sur la ligné médiane , duquel partent les deux uretères. Je me contente de signaler cette anomalie connue de tous les anatomistes.
Il est difficile de reconnaîtreles caractères anatomiques de l’inflammation du rein ; cependant on doit être porté à regarder comme un résultat de l’inflammation, la rougeur, la tuméfaction et surtout la friabilité du rein lorsque nuis signes de congestion ou de putréfaction n’existent en même temps. J’ai rarement trouvé le rein dans cet ^état chez les nouveau-nés , et je suis porté à croire que la néphrite simple est très-rare chez l’énfant naissant; la néphrite calculeuse peut s’observer, ainsi que je le prouverai plus bas.
Capsules surrénales. Les capsules surrénales très-volumineuses à l’époque de la vie dont il s’agit ici, ont à l’extérieur à peu près la couleur du rein ; mais à Tinté rieur elles présentent un aspect qu’il eSt important de connaître. Leur face interné est tapissée par un enduit mémbraniforme assez épais , ordinairement d’un blanc sale, quelquefois rougeâtre; cet enduit paraît être le résultat de la concrétion ou de la condensation du fluide contenu habituellement dans l’intérieur de la capsule; ü s’enlève par couches et pourrait simuler aux yeux d’un observateur peu expérimenté une concrétion pseudo-membraneuse. M. Andral fils, en ouvrant une femme morte à la suite d’une phthisie pulmonaire, dit avoir trouvé dans l’utérus un foetus de six qiois , dont une des capsules surrénales était enflammée et en suppuration.
Les uretères. Les uretères n’offrent rièn d’intéressant
à observer; leur face interne est ordinairement lisse et blanche. On peut rencontrer leur oblitération , leur rétrécissement, leur scission complète, leur bifurcation, etc. (i).
La vessie. Ordinairement petite et contractée, la vessie des nouveau-nés s’élève au niveau du détroit supérieur du bassin ; sa forme est celle d’un ovoïde, son sommet terminé en pointe se continue avec l’ouraque oblitéré. On doit regarder comme une anomalie la persistance de ce canal. La face interne de la vessie est ordinairement remarquable par son aspect d’un blanc satiné. Il est très-rare quelle soit le siège de rougeurs passives; je li’ai trouvé qu’une seule fois des pétéchies j mais il en existait en m.ême temps dans d’autres parties du corps. Ses variétés d’aspect résultent surtout de son état de vacuité et dé distension. Je l’ai trouvée chez un enfant naissant qui était affecté d’une oblitération de l'urètre assez vaste pour remonter jusqu’à l’estomac et contenir au moins cinq onces de liquidas. J’ai vu plusieurs fois chez les nouveau-nés, la face interne de cet organe tapissée par des mucosités membraniformes et floconneuses, tout-à-fait analogues à celles que l’on rencontre dans le catarrhe de cet organe. L’inflammation de la membrane muqueuse de la vessie s’observe assez souvent chez les nouveau-nés. Les caractères anatomiques de cette inflammation sont un épaissis-* sement de la tunique interné, sa rougeur pointillée.
(i) Œhler parle aussi de leur dilatation, unie à l’induration des tuniques.de la vessie.
striée ou par plaques , et la friabilité plus ou moins grande de son tissu. La rougeur pointillée est l’aspect inflammatoire le plus commun j il n’est pas rare de la rencontrer au bas-fond de l’organe.
Les enfans peuvent apporter en naissant des calculs vésicaux ; j’en airenconlré deux exemples remarquables. Les bassinets en renfermaient en même temps. La vessie était manifestement enflammée, et le tissu des feins semblait prendre part à cette inflammation , si l’on pouvait en juger du nioins par sa congestion sanguine, sa . couleur et son extrême friabilité.
L’urètre présente rarement des altérations ; il offre assez souvent une coloration violacée, due sans doute à la congestion sanguine habituelle des parties environnantes. Cet aspect est surtout remarquable dans la r^on bulbeuse.
En général les voies urinaires ne sontpas très-fréquemment le siège de qüelques altérations chez les nouveâunés ; cependant il est possible d’y rencontrer des variétés d’aspect, de forme et dè texture qu’il est intéresssant de connaître, et que nous nous sommes bornés à signaler dans l’examen rapide" que nous venons de faire de ces organes.., J’ajouterai que si les variétés d’aspect des organes urinaires , produits par une inflammation encore existante , sont assez rares çhez les nouveau-nés, les anomalies de ces organes provenant d’un arrêt ou d’un défaut de développement sont assez fréquentes, et l’on peut dire avec Mecbel , que l’appareil urinaire est un de ceux dans lesquels on rencontre le plus d’anomalies.
Péritoine. Le docteur Yeron a communiqué à l’Académie royale de médecine l’observation d’un enfant nou-
veau-né qui offrait des traces non équivoques de péritonite. ( Séance du 26 avril 182 5 ).
Organes de la circulation et de la respiration. J’examinerai rapidement, 1° le cœur, le systèmevasculaire, artériel et veineux; 2° les poumons et leurs dépendances (i).
Le cœur et le péricarde. Forme du cœur. Cet organe offre déjà chez l’enfant naissant la forme qu’il doit avoir par la suite. Il n’est pas rare cependant de le trouver moins conique et pour ainsi dire plus marroné que chez l’adulte. Le péricarde renferme presque toujours de la sérosité citrine, et assez souvent du sang de consistance séreuse , qui paraît avoir été répandu par exhalation dans le sac membraneux. La surface extérieure du cœur est ordinairement d’un rouge foncé : on doit regarder coriime un état anormal sa pâleur extrême. Ses cavités commencent déjà à présenter les différenees de capacité qui les caractérisent; la couleur de leur face interne est comme à l’extérieur ordinairement rouge. Il n’existe pas, dans la plupart des cas, de différences tranchées entre l’aspect des cavités droites et des cavités gauches, mais il est des cas exceptionnels où ces deux cavités offrent une coloration variée; ainsi Ton rencontre quelquefois les cavités droites d’un aspect violacé, on lés dirait teintes avec du bois de cam pêche, tandis que les cavités gauches conservent leur aspect rougeâtre ordinaire : dans ces cas , le sang veineux pré-
(1) M. Veroa a rapporté un exemple d’inflammation du thymus avec formation de pus dans l’intérieur de cet organe. ( Séance de l’académie royale de Médecin'e, du 26 avril 1825.)
domine, les gros vaisseaux en sont gorgés ainsi que tous les tissus du cadavre. Cette différence de coloration des deux ventricules est sans doute le résultat d’un phénomène cadavérique qu’il est difficile d’expliquer, et puisque, toutes choses égales en apparence, le même fait ne se reproduit pas sur tous les cadavres, même sur ceux desquels la putréfaction commence à s’emparer , il est probable que cette diversité de coloration tient à des causes particulières dont je dois ici me borner à signaler l’effet-
La consistance du cœur est plus ou moins molle , plus ou moins ferme.
Son inflammation ainsi que celle du péricarde est assez commune chez les nouveau-nés. Je rencontrai huit péricardites dans une année, chez des enfans naissans; cette péricardite a les mêmes caractères anatomiques que celle des adultes. Il est très-commun de trouver des pétéchies à la surface du cœur et quelquefois même de l’emphysème. J’ai vu aussi une fois des taches blanches analogues à celles que présente si souvent le cœur des vieillards. J’ai rencontré des adhérences anciennes et solides entre le cœur et le péricarde; elles étaient à mes yeux les traces probables d’une péricardite qui s’était développée et qui avait parcouru ses périodes pendant la vie intra-utérine.
Système vasculaire. Les vaisseaux capillaires sont en général très-gorgés de sang, de là la coloration particulière des nouveau-nés , que nous avons signalée |u commencement de ce travail. Il résulte de cette congestion générale du système capillaire, des engorgémens, des ecchymoses et des épanchemens sanguins dans dif-
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férentes régions et surtout dans les parties dédivés et dans celles où règne abondamment le tissu cellulaire; Il faut donc prendre garde dans les autopsies cadavériques d’attribuer à des violences extérieures certaines ecchymoses qui sont le résultat assez ordinaire de la congestion sanguine du système capillaire. C’est par suite de cette même disposition que l’on trouve si souvent au, cerveau, dans la poitrine, dans l’abdomen, dans l’intérieur du tube intestinal , etc. , jdes épanchemens canguins plus ou moins abondans.
Les vaisseaux , malgré leur état de plénitude , ne sont pas toujours colorés par le sang qu’ils renferment : on les'trouve à l’intérieur quelquefois pâles ou légèrement rosés; d’autres fois, au contraire, très-rouges.'Mâis cetté coloration est plus fréquente pour lesveines etplus rare pour les artères , qui sont presque toujours blanches.
Lorsque la putréfaction .fait des progrès , le trajet des vaisseaux est remarquable par les lividités plus ou moins nombreuses qui les accompagnent et qui semblent être le résultat d’une véritable imbibition cadavérique. Au milieu même d,es organes , habituellement remplis de sang, on ne trouve pas toujours les rameaux vasculaires colorés par ce liquide. Ce qui vient d’être dit des rameaux vasculaires peut s’appliquer également à leurs troncs principaux; cependant il est vrai de dire que les veines porte et hépatique , lés veines caves et les veines pulmonaires offrent très-souvent à l’intérieur une co- Iqf atioh plus ou moins violacée , tandis que les principales branches artérielles restent presque toujours pâles malgré leur congestion. Ees considérations dans lesquelles je viens d’entrer, relativement à l’aspect des
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vaisseaux chez le nouveau - né , sont le résultat de recherches assez nombreuses auxquelles je me suis livré, et dans le détail desquelles il serait trop long d’entrer ici. Voici dans quel ordre on peut ranger ces congestions sanguines sous le rapport de leur fréquence : 1° l’appareil vasculaire abdominal ; 2° l’appareil cérébro-spinal ( les congestions veineuses, dans les méningés rachidiennes , sont très-fréquentes.) ; 3® l’appareil circulatoire et respiratoire. Je comprends sous ce dernier chef le cœur, les gros vaisseaux et les poumons.
Organes de la respiration. Les fosses nasales sont ordinairement remplies de mucosités. La membrane pituitaire est d’une couleur rose plus ou moins foncée | elle est assez ordinairement le siège d’une congestion sanguine qui la dispose aux inflammations ; le coryza est en eff^ une maladie très-commune chez les enfans naissans ; la membrane pituitaire* est alors le siège d’une rougeur striée, pointillée ou uniforme ; souvent même aussi elle est affectée d’une inflammation pseudomembraneuse , et l’on y trouve une fausse membrane plus ou moins épaisse qui tapisse les cornets et leurs méats , mais, qui s’arrête ordinairement sur les limites du pharynx et du larynx. ^
La trachée-artère et les bronches sont légèrement rosées, et lorsqu’on les examine au milieu du tissu pulmonaire , qui est presque toujours gorgé de *sang , elles paraissent blânches par le contraste.
Les rameaux bronchiques, qui s’étendent dans une partie du poumon fortement gorgée de sang , ne prennent pas toujours part à la coloration du parenchyme ‘ pulmonaire, comme pourraient le croire ceux qui, s’ef-
forçant de combattre des théories sagement établies poussent le scepticisme jusqu a nier la vérité, lors même qu elle est palpable. Ainsi sur quarante enfans dont les poumons étaient ou gorgés de sang ou hépatisés dans une étendue plus ou moins grande , j’en ai trouvé quinze seulement dont les bronches étaient également fort rouges , et dont la couleur se confondait avec celle du poumon , et résultait de la même cause. Lors donc que l’on rencontre chez un nouveau-né les bronches et la trachée-artère plus ou moins rouges , il ne faut pas s’empresser de rapporter ces rougeurs à une cause mécanique, à un phénomène cadavérique, car il est fort possible quelles soient l’çffet d’une véritable inflammation ; telle est probablement la cause ordinaire de la rougeur des bronches au niveau des parties hépatisées d’un poumon. ^
Les mêmes remarques s’appliqueront aux vaisseaux qui rampent dans l’épaisseur des poumons. Le médecin ne doit donc fixer son opinion sur la nature de ces rougeurs qu’àprès avoir tenu cbmpté de toutes les circonstances vitales ou cadavériques qui sont susceptibles de les avoir produites.
Caractères anatomiques des poumons avant la respiration. K cette époque les poumons ont la forme qu’ils auront pendant le reste de la vie ; leur couleur est extrêmement variable; ils sont plus ou moins pâles, plus ou moins colorés suivant l’état pléthorique ou e'xsangue dn sujet. Quelques poumons offrent à leur surface des taches rouges plus ou moins grandes , d’une forme lichénoïde , et qui sont les rudimens probables des ta ches ardoisées qu’on trouve chez l’adulte éparses à l’ex-»
térieur décès organes ; d’autres sont au contraires blanchâtres ou d’un rose tendre ; leur couleur ressemble beaucoup à celle des poumons de bœuf ou de veau. On voit se dessiner les sillons irréguliers et peu profonds <jui circonscrivent les lobules et les vésicules pulmonaires. Les poumons remplissent en entiér la cavité pectorale , contre les parois de laquelle ils sont pressés , à tel point qu’ils reçoivent quelquefois à leur bord postérieur l’empreinte des côtes qui sont toujouas plus saillantes , dans l’intérieur du thorax , chez l’enfant que chez l’adulte.
Il est très-commun de trouver chez l’enfant qui n’a pas respiré, comme chez l’adulte, un engorgement sanguin au bord postérieur des poumons : c’est un phénomène, cadavérique résultant de la position dans laquelle le cadavre a été mis.
„ Quand on ouvre le thorax d’un enfant qui n’a pas respiré^ on est frappé de l’analogie d’aspect du thymus et des deux poumons 5 il semblerait que le thymus fût un troisième poumon , dans lequel aucun rameau bronchique ne viendrait s’ouvrir. Il n’en est plus de même quand la respiration est établie ; mais il est bon de noter la Ressemblance, parce qu’après la naissance le thymus, conservant encore le même-aspect , peut servir de point de comparaison et guider l’observateur dans l’examen qu’il se propose de faire du tissu des poumons modifié ou non par la respiration.
Ainsi donc la couleur du poumon , chez l’enfant qui meurt avant de respirer , peut se rapporter à ces trois nuances générales ; 1° il peut être d’un blanc rose j 2° parsemé de quelques taches rougeâtres; 3° coloré
plus ou moins fortement par le sang. Je ferai remarquer que cette dernière couleur est la plus commune , et cela tient à la gêne que la circulation éprouve nécessairement pendant l’accoucliement.
Le tissu du poumon que l’air n’a pas pénétré est flasque ' sa coupe , légèrement granuleuse , offre un aspect analogue à celui de la rate quand on la déchire ; en6n il . n’est pas nécessaire d’ajouter que sa pesanteur spécifique e^ plus considérable que celle de l’eau , et qu’il se précipite rapidement au fond d’un vase rempli de ce liquide.
Malgré la présence du canal artériel, qui permet au ' sang lancé par l’artère pulmonaire de passer directement dans l’aorte , une certaine quantité de ce fluide pénètre cependant dans les poumons , soit que ce soit par une régurgitation toute mécanique, soit que ce sang servant à la nutrition de l’organe doive naturellement s’y rendre. Quand on dissèque les artères pulmonaires chez un embryon , on les trouve souvent pleines de sang à une distance assez grande dans le tissu pulmonaire. 11 en est de même des veines du même nom ; par conséquent l’état de vacuité des artères pulmonaires n’est pas, comme on l’a dit, un signe propre à nous indiquer que Tenfant n’a pas respiré. -
Aspects qulon pourrait confondre avec celui et un pou» mon qui ri a pas respiré. Il est facile de confondre les aspects que présente le poumon quand il n’a pas respiré.^ quandilestengoué^ quand Essayons de faire
ressortir les différences qui distinguent ces trois étatsi“ Poumon qui n’a pas respiré. On ne doit pas perdre de vue la ressemblance que j’ai signalée entre le pou-
mon non pénétré d’air et le thymus. On pourra prononcer en toute sûreté qu’un enfant n’a pas respiré lorsque ses poumons, d’ailleurs peu colorés et plus pesans que l’eau , offriront une texture tout-à-fait analogue à celle dû tl^ymus.
2° Poumon engoué. L’engouement pulmonaire peut être local ou général : dans le premier cas ce sera presque toujours le bord postérieur et la partie inférieure du poumon qui seront engoués : alors la partie antérieure de l’organe offrira la couleur et la texture que je viens d’indiquer. Dans le second cas, tout le poumon imbibé de sang présente une texture granuleuse, est flasque, pesant, et doué d’une solidité assez grande pour qu’on ne puisse rompre son tissu sans un certain effort, le sang s’écoule en nappe des incisions faites aux poumons qui , mis à dégorger dans l’eau pendant quelques heures, colorent fortement le liquide en devenant eux- mêmes moins colorés; il arrioe quelquefois , mais non constamment , que les bronches' sont rouges et tapissées par une exhalation sanguinolente au milieu du tissu engoué. On observe aussi que l’engouement n’a lieu que dans quelques points disséminés au milieu du poumon , et accompagnés parfois d’une exhalation sanguinolente assez abondante pour constituer une véritable apoplexie pulmonaire.
En général l’engouement est plus fréquent au bord postérieur que dans toute autre partie du poumon, et se rencontre plus souvent, du moins à l’hospice des Enfan s -Trouvés, dans le poumon di’oit que dans le poumon gauche. L’engouement pulmonaire est ordinairement accompagné d’un obstacle
quelconque à la circulation , et d’une congestion sanguine générale, reconnaissable à l’extérieur du sujet par la bouffissure de son visage, et la coloration violacée de ses tégümens. Il est important de tenir dompte des phénomènes cadavériques concomitans de celui que nous étudions, parce qu’on ne saurait jamais baser son jugement, dans une science d’observation , sur ün trop grand nombre de faits susceptibles de se coordonner.
3“ Poumon Jiépatisé. Enfin l’hépatisation se distinguera de l’engouement aux signes suivans :
Le tissu du poumon est compacte, dur au toucher, il se coupe nettement, et fait entendre soüs le tranchant de l’instrument un bruit assez analogue à celui d’une pomme crue que l’on Coupe. Le poumon est remarquable par sa pesanteur ; il tombe avec vitesse au fond de l’eau, qu’il ne colore pas aussi fortement que le poumon engoué, quand on laisse celui-ci séjourner quelque temps dans celiquidej son tissu est fort analogue à celui du foie , et l’altération est quelquefois portée assez loin pour qu’on puisse à peine distinguer les traces des rameaux bronchiques et artériels.
Tel est le premier degré d’hépatisation ; quand le i second survient , alors il n’est plus aucun doute à élever sur l’état pathologique de l’organe, et l’on attribuera sans balancer à une cause morbide, l’hépatisâtion grise et le ramollissement pultacé du tissu du poumon^ altéptions dont les caractères sont tracés dans tous les ouvrages de pathologie ou d’anatomie pathologique avec trop de détails pour que je m’arrête à les rappeler.
L’hépatisation peut exister dans une étendue plus ou moins grande du poumon. Comme elle succède trèsfréquemment chez les jeunes enfans, aux congestions et à l’engouement pulmonaire , c’est aussi au bord postérieur des poumons, et particulièrement dans le poumon droit , que cette altération de tissu se rencontre le plus souvent.
Je me suis arrêté à èxposer et à distinguer cès divers états, parce qu’il est possible et qu’il arrive même assez souvent que des affections pulmonaires se développent chez l’enfant pendant son séjour dans l u. térus; il est donc utile de connaître toutes les variétés d’aspect que peut offrir le poumon avant même que la respiration soit établie.
La plèvre est assez souvent phlogosée cbez les nouveau-nés ; on la trouve parfois très-injectée , sans pour cela qu’elle soit enflammée : elle est le siège assez fréquent de rougeurs pointillées produites très^-probable^merit par l’inflammation. La pleurésie avec épanchement séro-purulent, et concrétions pseudo-membraneuses ^ s’observe fréquemment à l’hospice des Enfans-Trouvési II n’est pas rare non plus de rencontrer des adhérences celluleuses bien organisées, qu’on peut regarder comme un résultat d’anciènnes pleurésies. On se gardera de prendre pour des concrétions membraniformes des couches de tissu adipeux sous-jacentes à la plèvre, et qui, en raison de la finesse et de la transparence de cette membrane, paraissent en quelque sorte accolées à sa surface dans les espaces intercostaux.
Je n’ai pas besoin de dire qu’il est possible de rencontrer des tubercules même ramollis et en suppura-
tion dans les poumons du nouveau-né j cette vérité est maintenant appuyée sur des faits assez exacts pour qu on ne puisse plus la révoquer en doute.
Des organes de îinnervation. A l’époque de la naissance, les centres de l’innervation ne sont point encore arrivés à leur dernier degré d’organisation ; ils ne sont pour ainsi dire qu’ébauchés, et destinés par conséquent à subir plus tard des modifications d’organisation fort importantes; leur forme et leur aspect ne sont donc que provisoires chez l’enfant naissant : cependant il est important de lés bien connaître, afin de ne pas prendre pour des anomalies ou des altérations, des variétés de texture et d’aspect, qui tiennent à cette espèce d’état de passage dans lequel ils se trouvent.
moelle épinière 2^ déjà la forme et l’aspect qu’elle conservera le reste de la vie; c’est en effet la. première partie du centre nerveux qui soit formée, ainsi qu’on l’admettait anciennement , et comme l’a démontré Tiedemann dans ces derniers temps. Sa couleur est d’un blanc assez prononcé, son cèntre gris n’a pas précisément la couleur qu’il doit avoir chez l’adulte; il est ici plus rosé et plus mou. Il est assez facile de dérouler les deux cordons latéraux qui concourent primitivement à sa formation. Sa consistance est , dans l’état normal , assez notable pour qu’on puisse couper par tranches nettes le cordon médullaire dans toute son étendue; mais surtout au niveau de ses renfleraens. Elle offre plusieurs variétés importantes à connaître sous le rapport de sa forme, de sa couleur, et de sa consistance.
Ses variétés de forme dépendent des causes qui ont entravé ou suspendu la marche naturelle de son développement. Elles se trouvent indiquées dans les ouvrages d’anatomie. Ses variétés de consistance et de couleur sont dues à des maladies actuellement existantes ou récemment passées , et je puis affirmer que les affections de la moelle épinière etdé ses enveloppes sont assez communes chez les enfans naissans. Elles sont moins fréquentes chez eux que les maladies du tube intestinal, des poumons et du cerveau, mais elles sont plus fréquentes que celles des autres organes; -c’est du moins ce qui résulte d’un grand nombre d’observations que j’ai recueillies à l’hospice des EnfansrTrouvés, et dont je vais donner ici un résumé général.
Chez les nouveau-nés, les affections des membranes rachidiennes sont plus fréquentes que celles dé la moelle proprement dite. J’ai vu très-souvent ces membranes passivement injectées, sans que, pendant la vie j’eusse observé des symptômes particubers : cette injection se rencontre très-souvent surtout dans la région lombaire, où j’ai trouvé fréquemment une exsudation sanguinolente située entre les deux feuillets de l’arachnoïde. Les membrançs rachidiennes peuvent non-seulement être le siège de congestions passives , elles s’enflamment aussi quelquefois, et présentent alors à l’autopsie cadavérique les mêmes caractères anatomiques que ceux qui sont propres à la méningite des adultes.
Il est possible de rencontrer en même temps la moelle et ses membranes enflammées; ainsi, dans le cas de méningite , j’ai souvent trouvé le cordon médullaire très-
dur et dune consistance remarquable 5 et tout me portait à considérer cet endurcissement comme un état inflammatoire. Dans un cas semblable, j’ai pu soulever avec une moelle privée de ses membranes un objet pesant à peu près une livre.
D’un autre côté la moelle épinière peut éprouver un ramollissement local ou général, avec ou sans un état inflammatoire concomitant des méninges, de sorte que je ne puis rigoureusement me prononcer sur la nature de ce ramollissement. Quoi qu’il en soit , c’est un état pathologique digne de remarque. Voici quel est alors l’aspect de la substance médullaire.
La pulpe de la moelle est très-molle, jaunâtre , quelquefois sanguinolente ou parsemée de stries de sang; elle répand une odeur manifeste d’hydrogène sulfuré , indice d’une décomposition avancée : on la déchire dès qu’on y touche, et le moindre lavage la réduit en une bouillie diffluente. Lorsqu’on rencontre cette altération, l’enfant n’a ordinairement vécu que quelques heures ou quelques jours ; il a respiré péniblement , son cri a été étouffé, ses mouvemens presque nuis, ses membres, pendant la vie, étaient dans un état de flaccidité renuirquable , ses tégumens violacés, la figure immobile. Cette altération de la moelle se remarque chez les enfans les plus robustes comme chez les plus faibles en apparence, et l’on trouve presque toujours en même temps des congestions de sang” dans les poumons, ou des épanchemens du même liquide dans l’abdomen, le crâne et le canal rachidien. Il est rare que ce ramollissement de la moelle ne soit pas accompagné
d’une semblable alteration du cerveau , de sorte que tout l’axe cérébro-spinal se trouve désorganisé,
Cette désorganisation s’observe en été comme en hiver , peu de temps ou long-temps après la mort ; de soï’te qu’on ne peut guère la regarder comme le résumât de la putréfaction; on serait plutôt porté à la considérer comme le résultat d’une décomposition causée par une congestion, ou même un épanchement sanguin ; en effet, on voit toujours au milieu du tissu ramolli des caillots ou des stries.de sang, et ce liquide se trouve en même temps abondamment épanché dans d’autres cavités. Mais il se présente à cet égard une objection : l’épanchement desang a-t-il précédé etdéterminé la désorganisation, en est-il au contraire la conséquence.? C’est à mon avis unequestionfort difficileà résoudre, et digne par cela même de fixer 1 attention des anatomistes.
Les deux extrêmes de mollesse et de dureté du tissu médullaire à l’exposition desquels je viens de consaci^r quelques lignes , sont réellement des altérations pathologiques. Mais il est entre ces deux extrêmes des degrés intermédiaires dont on ne peut aisément apprécier la nature, et qu’il serait également difficile de décrire.
Le ramollissement et rendurcissement partiels de la moelle su rencontrent assez souvent, c’est-à-dire qu’elle est très-diffiuente ou très-dure dans la moitié ou le tiers de sa longueur , tandis que le reste offre la consistance naturelle à cet organe,.
La substance médullaire présente quelquefois une coloration jaune chez les enfans ictériques , un aspect légèrement rosé dans le cas de congestion, et enfin une blancheur remarquable chez les enfans exsangues et
chlorotiques. M. Lobstein a trouvé cette coloration jaune de la moelle chez des embryons ; il a cru devoir lui donner un nom particulier ( kirronose). ( Répertoire d’anatomie. )
é)u cerveau. Le cerveau du nouveau-né ne ressemble que par la forme générale au cerveau des adultes ; il en diffère totalement par sa consistance et par son aspect ; la consistance est absolument celle de la colle; il se laisse couper par tranches assez nettes, mais il ne larde pas à se ramollir au contact de l’air. Sa couleur est blanchâtre; il n’existe point encore de ligne de démarcation bien tranchée entre la substance corticale et la substance blanche , de sorte qu’on ne trouve pas en coupant horizontalement les deux hémisphères par leur moitié, le centre ovale de Vieussens, comme chez les adultes. Cependant on reconnaît aisément le siège qu’occupera la partie corticale à la présence d’une ligne rnoins colorée que la substance centrale, et qui serpente à la superficie du cerveau le long des circonvolutions cérébrales. La substance blanche est ordinairement très - injectée, ou parcourue par un grand nombre de vaisseaux , ce qui lui donne habituelleraent une couleur plus foncée que la partie lapins superficielle de la masse cérébrale, disposition tout- à- fait inverse de ce qu’on remarque chez les adultes.
Le cervelet n’offre pas non plus entre ses deux substances des différences d’aspect aussi tranchées que dans un âge plus avancé, mais elles sont cependant plus faciles à distinguer que dans le cerveau.
La moelle allongée est plus avancée dans son organi-
sation, on y distingue aisément et la direction des fibres médullaires et les différences d’aspect de chacune dés substances qui entrent dans sa composition, et il est à remarquer que les parties de la masse cérébrale qui sont les plus voisines de la moelle allongée, sont aussi plus avancées dans leur organisation que les régions qui s’en éloignent davantage : c’est une conséquence nécessaire du mode d’organisation de l’appareil cérébrospinal dont le développement marché progressivement de la moelle épinière vers l’encéphale proprement dit.
Plusieurs causes peuvent imprimer au cerveau des nouveau-nés des modifications d’aspect qu’il est important de connaître.
La rougeur pointillée ou sablée est très-commune surtout au centre et en dehors des corps striés ; si la congestion sanguine est considérable , la substance cérébrale prend une teinte violacée qui s’étend quelquefois uniformément, et qui, d’autres fois, ramjîp par traînées ou par vergetures d’un point de l’hémisphère à l’autre. Les vaisseaux du cerveau sont, dans certains cas, si bien injectés. qu’on peut les suivre et qu’on les voit s’épanouir des corps striés à la circonférence des hémisphères.
- ^ J’ai souvent trouvé la substance cérébrale très-jaune chez des enfans ictériques.
Le cerveau , comme la moelle épinière , peut être remarquable par la dureté de sa substance ou par son extrême ramollissement. Ce que j’ai dit relativement à ces deux sortes d’altérations pour la moelle épinière peut s’appliquer au cerveau. La consistance très- ferme de cet organe s’observe assez ordinairement après unesé-
rie de symptômes propres à faire présumer qu’elle est le résultat d’une inflammation.
Quant au ramollissement , il coexiste presque tou^ jours avec un épanchement ou même une hémorrhagie cérébrale , et ici, comme pour la moelle, il est fort difficile de décider si l’hémorrhagie a précédé le ramollissement , ou si elle y a été consécutive.
Quoi qu’il en soit, voici dans quel état on trouve alors la pulpe cérébrale , à l’ouverture du crâne et des méninges. La substance cérébrale , réduite en bouillie floconneuse et considérablement mélangée de caillots de sang , s’échappe de tous côtés en répandant une forte odeur d’hydrogène sulfuré; ce ramollissement est plus ou moins étendu, plus ou moins avancé ; un seul point d’un lobe ou un seul lobe peuvent être ramollis, comme aussi il est possible que les deux le soient à la fois : le ramollissement existe quelquefois sans épanchement sanguin, ce qui me porterait à croire que l’hémorrhagie est ordinairement consécutive au ramollissement.
L’injection , la congestion et l’inflammation des méninges offrent les mêmes caractères anatomiques que chez l’adulte , et ne méritent pas par conséquent ici une description particulière.
L’hydrocéphale aiguë ou chronique , avec ou sans altération profonde de la substance du cerveau, l’hyr droraehis etle spinabifida sont des affections trop connues pour que je doive m’arrêter à les décrire.
Les vices de conformation du cerveau ne sont pas toujours accompagnés d’un vice de conformation du crâne. J’ai trouvé un cas d’anencéphalie très-prononcée sans qu’il emtat à l’extérieur du crâne la moindre ap-
parence de ce vice de conformation ; l’enfant vécut trois jours ; il respirait assez librement , ses riiouve^ mens étaient faibles , son cri peu soutenu , sa tempéra^ture basse. On trouva à l’autopsie cadavérique la cavité crânienne parfaitement bien conformée ; mais au lieu d’hémisphères cérébraux , il n’existait que deux saillies irrégulières formées par les couches optiques , et une partie des corps striés; il n’y avait pas de voûte à trois piliers , de septum médian , de ventricules latéraux , ni de lobes cérébraux à proprement dire. Les méninges, parfaitement intactes, se trouvaient remplies d’un fluide jaune et transparent qui les tenait distendues , et à travers lequel on apercevait les rudimens du cerveau , tels que je viens de les décrire.
Çe cas me paraît intéressant sous le rapport de la médecine légale ; en effet, si le crâne de cet enfant n’avait pas été ouvert , on n’eût pas constaté l’anencéphalie , et par conséquent il eût été possible d’affirmer que l’enfant était viable , et qu’il avait succombé à une inflammation intestinale; carié gros intestin était le siège d’une phlegmasie très - intense. H ne faut donc jamais négliger l’examen du crâne des nOuveau-nés , surtout lorsqu’on est requis par les magistrats pour faire l’èxamen de leurs cadavres. Ce précepte est d’autant plus important que l’appareil cérébro-spinal peut être le siège, comme on vient de le voir , d’un grand nombre de maladies qui pourraient échapper à un examen incomplet, et que l’on pourrait signaler comme causes de mort dans certaines circonstances particulières, où il est intéressant de constater avec exactitude le genre de mort auquel un enfant a succombé.
L’examen des nerfs, des ganglions , et des plexus nerveux, n’offre rien chez les nouveau-nés qui mérite ici quelques détails , surtout sous le point de vue médicolégal.
Organes de la locomotion. Les organes de la locomotion nous fourniront peu de remarques importantes. J’examinerai l’appareil musculaire , l’appareil ligamenteux et le système osseux.
Système musculaire. Dans l’état sain les muscles ont une couleur rosée , ils sont bien moins rouges que les muscles de l’adulte ; leur consistance est assez ferme ; la direction de leurs fibres est analogue à la forme générale et à la fonction particulière du muscle. Leurs expansions aponévrotiques sont moins denses et d’une couleur moins éclatante que chez l'adulte; elles sera pprochen t davantage de la texture celluleuse.
Les variétés d’aspect qu’offrent les muscles du nouveau-né sont :
1° La pâleur extrême ou la décoloration, è® la congestion sanguine ; j’ai trouvé plusieurs fois des ecchymoses dans l’épaisseur des muscles, et il n’est pas rare d’y rencontrer un grand nombre de petites tachés pétéchiales dont la forme et le nombre varient considérablement; 3° la coloration jaune; je l’ai vue une fois chez un enfant ictérique.
Système osseux. Le système osseux fournirait plus de remarques intéressantes à faire, car les divers degrés de son ossification peuvent jusqu’à un certain point indiquer l'âge du sujet ; mais ce point d’anatomie se trouve traité savamment et avec une grande exactitude dans le
mémoire de Béclard sur l’ostéose; je me bornerai donc à dire quelques mots sur ce sujet.
Chez l’enfant naissant les os , dépourvus de parties molles, ont un aspect rosé provenant de la quantité de sang qui les imbibe; leurs extrémités articulaires sant presque Joutes cartilagineuses , leurs épiphyses se détachent avec la plus grande facilité, et ils se fracturent d’autant plus aisément que leur ossification est plus avancée.
Il ne faut pas confondre les fractures des os avec une scission ou une interruption de continuité , provenant d’un arrêt de développement. J’ai recueilli «pe observation intéressante à ce sujet, dont voici le résumé.
Observation. Un enfant de deux mois meurt à l’hospice de Enfans-Trouvés le 4 juin 1826 , d’iine pneumonie aiguë. A l’examen du cadavre je m’aperçois que l’humérus est mobile à sa partie moyenne où il existe une espèee de fausse articulation : l’observation attentive de cette partie permet de voir qu’il y a une solution de continuité delà substance osseuseà lapartieinoyenne de l’humérus , et dans une étendue de quatre lignes ; cet espace est rempli par une substance cartilagineuse assez épaisse, dont les extrémités sont en contact avec les extrémités chagrinées de l’os, comme le sont les épiphyses avec les os auxquels elles appartiennent. Cet humérus n’était pas plus long que celui du côté opposé; l’espace dont je parle n’était donc pas formé par une substance déposée entre les deux fragmens de l’os , mais bien par un rudiment de l’état cartilagineux de l’os, que P ar une singulière anomalie , l’ossification n’avait pas envahi.
En supposant donc que les parens de cet enfant eussent été soupçonnés de mauvais traitemens à son égard, cette disposition aurait pu être prise pour une fracture, et considérée comme le résultat de ces violences ; or, cette conclusion n’eût été rien moins que cer^ taine. Il est fort possible que les enfans venus au monde avec lin si grand nombre de fractures, et dont M. Ghaussier a cité un exenlple remarquable, se soient trouvés dans le cas du sujet de cette observation. Je ne connais que la gravure que ce médecin a donnée du fait curieux dont il -a enrichi les annales de l’anatoniie pathologique , et je puis affirmer que l’examen de cette gravure n’a fait que confirmer dans mon esprit l’opinion que j’émets ici.
Les os du' crâne présentent assez souvent ces anomalies d’ossification. J’en ai recueilli trois exemples dans une année ; lés fibres osseuses , au lieu de se rendre du centre à la circonférence de l’os , sont disposées par îles entre lesquelles se trouve placée une substance oartilaginiforme : lorsqu’on touche ces os à travers les tégumens , on les dirait fracturés.
^ Cependant il n’est pas impossible que les os de l’enfant naissant soient fracturés par des causes extérieures, telles que les manœuvres de l’accouchement ou des efforts maladroits qu’on aurait faits pour nettoyer ou vêtir l’enfant. Cet accident même est assez commun. Sur 5,3g2 enfans entrés, dans l’année 1826, à l’hospice des Enfans-Trouvés de Paris, il y a eu 6 fractures sur des nouveau-nés, 2 delà clavicule i du fémur, 2 de l’humérus et I du pariétal gauche (fracture en étoile avec épanchement dans le crâne). Outre les fractures récem-
ment faites J les nouveau-nés apportent encore en naissant des traces de violences ou de compressions^ exté-, rieuressur quelque point du système osseux et surtout sur les os du crâne ; ainsi, j’ai trouvé sur la région pariétale gauche d’un enfant naissant une cicatrice fermée, mais vermeille au cuir chevelu, une dépression très-sensihle du crâné dans cet endroit, une ouverture oblohgue au pariétal dans la partie correspondante, et enfin une hernie du cerveau dans la région temporale à travers une ouverture résultant de Tabsence presque complète de la portion écailleuse du rocher : cette ouverture du pariétal avait un pouce de long et trois à quatre lignes de large, sa circonférence était irrégulièrement arrondie, son bord était comme usé en biseau vers la face interne. Tout porte à croire que la tête de l’enfant avait éprouvé dans l’utérus une compression qui avait déterminé la cicatrice du cuir chevelu, la solution de continuité du pariétal et la hernie du cerveau. Je n’ai pu malheureusement avoir de renseignemens sur la mère de cet enfant.
J’ai trouvé une autre fois chez un nouveau-né un enfoncement assez considérable à la partie antérieure et inférieure du pariétal droit , au dessus de la bosse pariétale : cet enfoncement ri’ était pas récent, il paraissait avoir été produit par une cause quelconque pendant les progrès de l’ossification.
Enfin le système osseux peut offrir dès les premiers jours de la viè des courbures rachitiques, et présenter les résultats d’un arrêt de développement dans une ou plusieurs des pièces d’un os, mais ces altérations de forme et de texture sont trop connues
pour qu’on évite de les rapporter à leur véritable cause.
Appareil ligamenteux. L’appareil ligamenteux ou articulaire n’offre que très-peu d’anomalies chez l’enfant naissant; ses maladies sont rares à cette époque, ses variétés d’aspect peu importantes à signaler sous le rapport médico-légal , et l’histoire de son développement qui seule pourrait offrir de l’intérêt , ne doit pas trouver ici sa place.
Organes génitaux. J’examinerai les organes génitaux, 1° chez le petit garçon; 2° chez la petite fille.
Les testicules se trouvent au niveau de l’anneau inguinal, où même l’ont en partie franchi à l’époque de la naissance; ils ne sont pas par conséquent entièrement enveloppés de la tunique vaginale qu’ils repoussent au devant deux; Ils sont d’un rose très-pâle, leur consistance est assez ferme, on distingue aisément leur texture filamenteuse: je les ai trouvés plusieurs fois jaunes chez des sujets ictériques. Les vésicules séminales encore petites et remplies d’un fluide séreux peu abondant n’offrent rien de remarquable. Les corps caverneux sont peu gorgés de sang. Le prépuce est toujours plus long que le gland qu’il enveloppe en entier.
Lesvices de conformation des testicules et de la verge sont trop connus pour que je m’arrête à les énumérer.
La matrice est très-peu volumineuse chez la petite fille, sa cavité centrale est peu spacieuse; cependant ses parois ne sont pas tout-à-fait contiguës: elles sont ordinairement humectées par un fluide muqueux blanchâtre.
lie vagin est au contraire excessivement développé,
( 3ai )
il présente Une large cavité allongée et tapissée par une membrane muqueuse dont la sécrétion est très- abondante,* car on trouve toujours dans ce conduit une grande quantité de mucosités très-blanches, très-adhérentes qui s’agglomèrent par pelotons: cette sécrétion que lion pourrait regarder . comme le résultat d’un état pathologique du vagin, dont la couleur, est d’un rose tendre, existe chez presque toutes les petites filles, et semblerait être- pour elles -une voie de sécrétion nécessaire, tant est grande l’abondance de ces mucosités. Les ovaires et les trompes ne présentent rien de bien remarquable. .
Le clitoris est , comme on lé sait, très-*déveîoppé chez les petites filles, il l’est même quelquefois à un tel point que l’on a pu le prendre pour un pénis,, et confondre les sexes à l’époque de la naissance.
Les grandes lèvres sont fort saillantes, elles s’infiltrent et se tuméfient avec la plus grande facilité.
Du tissu cellulaire et adipeux. Le tissu'celjulaire des nouveau-nés offre sa texture celluleuse très-développée, il jouit d’une grande élasticité et le produit de sa sécré- • tion est fort abondant : aussi est-il extrêmement com- mtin de le rencontrer distendu par une assez grande quantité de sérosité. Lorsque l’accumulation de cette sérosité,devient considérable, il en résulte que ce tissu , est dur au tou cher 5 mais Cette dureté n’existe pas réellement dans le tissu cellulaire qui a conservé sa cellulosité, sa souplesse, et dont les fibres n’ont subi aucune modification organique; elles ont, éprouvé seulement une distension mécanique,- d’où il suit que l’expression Ôl endurcissement du tissu -cellulaire qsX ex- I. 21
( Saa )
trêmement, vicieuse ainsi nous ne devons voir dans cette affection qu’un œdème fort analogue à, l’œdème de» adultes, pouvant être accompagné d’affections particulières du eteur et des poumons dont il n’est pas le.résultat nécessaire. ( V pour plus de détails sur cette affection les ouvrages de pathologie, et surtout celui du docteur Denis. )
. La sérosité'contenue dâns les mailles du tissu cellulaire des ictériques, étant ordinairement jaune, ce tissu est le siège assez fréquent de cette coloration que l’on voit apparaître. comme par bandes colorées, dans certaines parties où régnent des couches celluleuses. C’est encore dans ce* tissù que se répand le sang des ecchymoses; aussi le trouve t-on très-souvent teint en rouge plus ou moins foncé.
Le tissu, adipeux, h’est pas très-développé chez l’enfant naissant ; les vésicules adipeuses se voient souvent Comme autant- de granulations agglomérées à la surface ou dans les interstices des organes. Après la naissance il ne tarde pas à devenir le siège d’une nutrition trèsactive, ses couchés s’épaississent et s’étendent prodigieusement, et c’est même à ce développement rapide* que d’enfant doit les- formes arrondies que ses membres prennent après la naissance.. Le tissu adipeux des nouveau-nés, peu animé encore par l’influence nerveuse ou par l’activité de la circulation , se fige ét s’endurcit lorsque la mort approche ou lorsque les progrès d’une grave maladie réduisent l’enfant dans un état de faiblesse et d’innervation profonde ; aussi réncontre-t-on fréquemment des cadavres d’enfans dont le tronc et es membres sont le siège d’un véritable endurcisse-
ment , dénomination aussi exactement applicable dans ce cas qu’elle convient peu dans l’infiltration séreuse du tissu cellulaire. Les médecins devront donc ne jamais perdre de vue ces deux états du tissu cellulaire etr du tissu adipeux.
Le tissu adipeux est souvént jaune dans l’iclère. Il arrive même qu’on ne trouve que sur lui seul cette coloration tandis que toutes les autrés parties du corps n’y participent pas. >
Je termine ici la revue générale que je m’étais proposé de faire des caractères anatomiques que présentent les organes du nouveau-né dans l’état sain , dans l’état anormal et dans l’étal pathologique.