ACCÉLÉRATION' LË LA RESPIRATION
Naturellement tous ces phénomènes cessent aussitôt que la lièvre diminue et que la respiration se ralentit. L’eau absorbée par l’estomac pénètre alors sans obstacle clans le sang’ artériel ; la sécheresse de la bouche disparaît, et la soif se dissipe tout d’un coup. La peau, tout à l’heure si sèche, devient le siég’C d’une transpiration abonclante. Toute l’eau que le fébricitant avait introduite dans son tube dig’estif avec l’espoir de calmer sa soif, toute cette eau qui auparavant s’éliminait par le poumon àmesure de son absorption, s’élimine maintenant par les sueurs. Le malade ne crée pas d’eau, et s’il transpire abondamment, c’est qu’il a bu sans retenue. Souvent aussi la sueur chang’e de réaction, et d’acide devient alcaline; cela provient de ce que l’eau sortie des vaisseaux tient en dissolu tion les carbonates alcalins du sang* qui corrig’ent l’acidité propre de la sueur.
L’urine éprouve des modifications semblables; elle devient plus aqueuse, plus claire, moins odorante; elle contient moins d’acide uricjue libre et plus d’urates alcalins, urates cjui se précipitent aisément par le refroidissement et produisent ainsi les urines dites jumenteuses. Quelc[uefois meme, chez les enfants surtout, l’iirine rendue est alcaline. Tous ces piiénomènes sont aisés à comprendre. L’eau qui passe du sang* dans les reins contient en dissolution des sels alcalins ; ces sels neutralisent l’acide urique libre qui est sécrété dans les cellules épithéliales des canalicules rénaux, et forment ainsi les urates qui se précipiteront par le refroidissement. Quand,
au contraire, le san^ artériel manquait d’eau, les sels alcalins éliminés par les reins étaient en petite quantité; ils ne pouvaient donc neutraliser tout l’acide urique libre des urines, qui présentaient alors une réaction bien plus acide qu’à l’état normal.
Le ralentissement de la respiration produit sur les sécrétions dig’estives un effet anal ogaie. Il les rétablit en leur rendant l’eau qui leur manquait pendant le fort de la fièvre ; sous son influence, la salive devient plus fluide, la bouche s’humecte, la lang*ue se déterg’e et l’appétit reparaît. Dans l’estomac, dans le duodénum, les sucs g’astrique et pancréatique rendus plus fluides recommencent à couler, et la digestion redevient possilile. En un mot, tous les accidents causés par la déshydratation du sang disparaissent avec cette déshydratation, et tout revient à l’état normal.
Frisson. — Les impressions sensitives, parties des tissus enflammés, ne se bornent pas à se réfléchir sur les nerfs artériels du cœur et des muscles respirateurs ; quand elles sont intenses ou qu’elles proviennent de eertains organes privilégiés, elles se réfléchissent ég’alement sur les nerfs artériels des muscles volontaires et sur ceux de la peau. Il en résulte le phénomène du frisson; celui-ci se eompose de deux symptômes distincts : le frisson proprement dit et Vedgidité.
Le frisson proprement dit est constitué par le tremblement des membres , le claquement des