‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 9 sur 42 · ACCÉLÉRATION DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

ACCÉLÉRATION DE LA RESPIRATION

versant les poumons , elle est enlevée tout entière par la perspiration pulmonaire, et il n’en pénètre pas une seule g'outte clans le sang’ artériel. Rien donc d’étonnant si la soif reste inexting-uible , et si le malade boit en vain sans pouvoir se désaltérer. Pour cj[ue la soif soit inexting’uible , cjue faut-il en effet? Il suffit cjiie la perspiration pulmonaire soit plus rapide cj[ue l’absorption du tube dig’estif; il suffit c|Lie le poumon enlève , dans un temps donné, plus d’eau au sang* c|ue l’estomac n’en peut absorliej’. Dans ce cas, le malade aura beau se g’org-er de licjLiide, il aura toujours soif. C’est précisément ce f[ui a lieu dans la fièvre.

La déshydratation du sang*, dans la fièvre , a d’autres consécjuences encore. Ce c|u’elle a fait pour la salive et le mucus pbaryng-ien , elle le fait pour les autres sécrétions. Elle les prive d’eau; elle les rend moins acjLieuses , plus concentrées ou même les supprime complètement.

Ainsi, dans la fièvre , la peau est non-seulement bridante, elle est nèche ^ ce c|ui tient évidemment à ce c|Lie la sueur et la transpiration cutanées sont supprimées, par suite du mancpe d’eau libre dans le sang’ artériel se rendant à la peau.

Dans la fièvre, les urines sont plus rares, plus denses, plus colorées, plus odorantes, plus acides, ce fjui vient évidemment de ce c[u’elles sont plus concentrées et contiennent moins d’eau c]ue de coutume, tout en possédant autant de sels, d’acide urique et de matières colorantes ou odorantes.

C'2 SIXIÈME LEÇONS

Les sccréLions du tube dig’esüf éprouvent une altération analog’ue. La salive est épaisse et visrpieuse ; elle ne désag’rég’e plus et n’enlùve plus comme de coutume les cellules épithéliales de la muqueuse ling’uale; ces cellules n’étant pas enlevées et continuant à se produire, s’accumulent sur la lang*ue meme, où elles forment une couche épaisse, blanche et pâteuse : l’enduit saburral. A l’état physiologâquc, cet enduit n’existe jamais, parce que l’épilliélium de la languie est constamment détaché par la salive ou les aliments, puis avalé, laissant ainsi la languie parfaitement nette.

Les sucs g’astrique et pancréatique subissent dans la fièvre une modification analog*ue; ils deviennent plus visqueux ou même cessent complètement de couler. Il en résulte une suppression des digestions, car il est absolument impossible de digérer sans suc g'astrique pour dissoudre la viande, sans suc pancréatique pour saccarifîer les féculents et saponifier les g’raisses. Déjà la suppression de la salive, la sécheresse, l’état pâteux de la bouche, avaient enlevé l’appétit. L’altération ou la suppression des sucs g'astrique et pancréatique font plus, elles enlèvent la faculté même de digérer et condamnent fatalement à Findig’estion le fébricitant qui méconnaît les avertissements de la nature et qui continue à manger, alors qu’il n’a plus d’appétit.

Tels sont les phénomènes produits par l’accélération de la respiration et la déshydratation du sang.

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