FRISSON
dents, etc.; c’est un mouvement rhythmique trèsrapide qui se produit spontanément dans les muscles de la vie animale et est tout à fait indépendant de la volonté. Il a la même nature que les contractions rhytlmiiques du cœur et des muscles respirateurs ; comme ces contractions, il résulte d’actions réflexes qui se passent dans la moelle épinière ou dans le bulbe, et auxquelles le cerveau, siég-e de la volition , reste complètement étrangler. De meme que les battements du cœur et les mouvements respiratoires, le frisson est singailièrement favorisé par l’état anémique des muscles ; aussi l’observe-t-on toutes les fois que cette anémie existe, qu’elle soit produite par une excitation des artères, comme dans le frisson de la fièvre ou qu’elle provienne d’un manque réel de sang*, comme dans les frissons des hémorrhag’ies g’raves.
L’algddité est produite par des impressions sensitives qui se réflécbissent sur les artères de la peau, les font contracter et déterminent ainsi une anémie locale, apparente surtout à la face et aux extrémités. Par suite du ralentissement de leur circulation, ces parties se refroidissent et deviennent insensibles ; elles diminuent de volume, au point que les anneaux tombent des doig’ts; enfin, elles pâlissent ou meme se cyanosent quand il y a un arrêt complet du cours du sang*. Bref, on observe tous les phénomènes qu’on produit expérimentalement en g’alvanisant les nerfs animant les artères de la face.
T, MOILIN.
L’alg’idité s’accompag’iie d’un sentiment de froid très-intense; cependant, si on prend la température des malades sous Faisselle, on trouve que cette température est plus liante qu’à l’état normal de 1" à 2°, ce qui n’est pas étonnant, puisque les malades atteints de frisson ont la fièvre et possèdent par conséquent la chaleur fébrile. Mais si dans l’alg’idité les fébricitants ont réellement plus cbaud , pour(|Lioi se plaig-nent-ils du froid? La raison en est bien simple, c’est que, tout en ayant chaud à Faisselle où on prend leur température, ils ont réellement froid à la face et aux extrémités, où le sang* ne circule plus, ainsi qu’on ]ieut aisément s’en assurer par l’examen direct. Or, comme les nerfs sensibles de la fig’Lire, des pieds et des mains sont de beaucoup les plus nombreux et les plus importants, ils donnent la sensation d’un froid g’énéral intense. A l’état pbysiolog’ique , il suffit d’avoir froid aux pieds pour se sentir g’elé. Combien cette sensation doit-elle être plus marquée quand il s’y joint le froid des mains, du nez, des oreilles, etc. Dans Falg’idité de la fièvre, il n’v a donc aucune erreur des sens, aucune perversion de la sensibilité. Cela est si vrai que souvent les malades, en même temps qu’ils se plaig’iient du froid , accusent une chaleur intense dans l’intérieur du corps, notamment à la rate. Ceux qui se trompent, ce ne sont pas les malades, mais bien les médecins qui [)rennent la température de Faisselle, au lieu de mesurer celle de la face, des pieds et des mains.