CONDITIONS DE LA FIEVRE
moins très-favoralile au développement de la fièvre, c’est que les impressions sensitives proviennent de .i certains org’anes et arrivent à la moelle le long* de ■ certains nerfs.
Tous les nerfs sensitifs de l’économie ne communiquent pas avec les nerfs artériels d’une manière ég*alement facile. Pour les uns, cette communication ' est larg*e, aisée et toute directe; pour les autres, elle est au contraire pénible, lointaine, et sujette à interruption. Or l’expérience apprend que les dij verses inflammations, alors meme qu’elles sont ; ég’ales, sont loin d’allumer une fièvre ég*alement intense.
Tous les org*anes appartenant à la vie vég*étative, I le cœur, le poumon, le tube dig*estif, les g*landes, ne peuvent pas être enflammés, meme lég*èrement,
! sans provoquer une forte réaction fébrile.
Les org*anes de la vie de relation, les os, les I muscles, les articulations, les nerfs, la peau, les I org*anes des sens, l’encéphale, nous présentent,
I au contraire, des inflammations peu ou point I fébriles. Leurs lésions ont un autre caractère,
• elles sont douloureuses. Les impressions sensitives I auxquelles elles donnent naissance ne se réflécbis- I sent pas dans la moelle, mais elles pénètrent jus- I que dans le cerveau qu’elles émeuvent pénible- I. ment. Les inflammations des viscères de la vie ) org*anique sont au contraire peu ou pas doulou- I reuses, à tel point que le malade ig*nore souvent I leur existence.
SEPTIlhlE I-ECON.
C’est donc eonirncltpe une erreur grave que de confondre les impressions sensitives eng*endrant la fièvre avec les sensations douloureuses. Loin d’être identiques, ces deux sortes d’impressions seraient plutôt en antag'onisme. La fièvre la plus intense, celle de la pneumonie, ne s’accompag*ne souvent d’aucune douleur, tandis que les douleurs les plus violentes, celles des névralgies, sont pour ainsi dire exemptes de fièvre. Sans doute, une fièvre intense peut exister avec des douleurs très-aigriës. Mais c’est là une simple coïncidence, et la douleur alors n’est point la cause de la fièvre, elle se borne à la compliquer. La douleur est un mouvement réflexe, qui pénètre dans le cerveau, d’où elle se réflécliit sur les nerfs moteurs des muscles volontaires. La fièvre est un mouvement réflexe ([ui reste limité à la moelle et qui se réfléchit sur les nerfs artériels des org’anes. Ces deux mouvements réflexes pein-ent coexister, ils coexistent meme très-souvent, mais sans jamais se confondre.
Une troisième condition indispensable à la production de la fièvre, c’est que le système nerveux ait conservé une certaine excitabilité et puisse transmettre à leur destination les impressions sensitives qu’il a reçues. Si les nerfs sensitifs ne conduisent pas bien les impressions, si la moelle épinière a perdu son pouvoir réflexe, si enfin les nerfs artériels refusent d’exciter les artères , la fièvre manquera ou sera peu développée, alors même que