FIBRINE UU SANG
niveau de la sejiLièine verLèliee cervicale. Le sang* tiré de ces aniiiiaiix refroidis et mainteim Ini-iuéiiie à une température basse, ne se coag'ule plus, ou du moins se coagaile bien plus lentement.
Dans le sang’ ordinaire, la fibrine , en se coag-ulant , emprisonne les gdobules , et forme avec eux lin magana solide , le caillot. La rapidité de cette coagailation est variable, mais elle peut etre mesurée approximativement à l’aide de la couenne. La couenne est une couche de fibrine pure et exempte de g'iobules sangaiins qui se forme à la surfaee du caillot; elle est due à la plus g-rande densité des gdobules sangaiins : ceux-ci , étant plus lourds que le sérum, se précipitent vers le fond du vase avant que la fibrine soit prise , et laissent cette dernière former à la surface du liquide une couche parfaitement pure. Naturellement , plus la fibrine sera lente à se coag’uler, plus les g’iobules auront le temps de descendre et plus la couenne aura d’épaisseur.
Une fois tiré de la veine, le sang* se coag’ule constamment au bout de quelques minutes, et cela malg-ré toutes les précautions possibles; cependant ce meme sang*, tant qu’il est contenu dans les vaisseaux, y demeure parfaitement liquide et ne s’y coag’ule jamais. On a conclu de ce fait que les parois des vaisseaux exerçaient sur la fibrine une action particulière, inconnue, et l’empcchaient de se coag’ule!’. D’autres ont vu dans la coag’ulation du sang’ une véritable mort , et , disent-ils, si ce li-
quicle reste fluide clans les vaisseaux, c’est iinifjuenient parce c[u’il est imprég’né p 'da vie et cpi’il se trouve soustrait à l’empire des ois pliysi(|ues et eliiinirpies.
Toutes ces opinions sont erronées ; le sang* n’est pas plus vivant dans les vaisseaux qu’à Textérieur, safil)rine se eoag’ule dans l’intérieur du corps tout aussi vite et tout aussi fatalement que dans la palette du médecin. Cette coag*ulation n’est point un pliénomène de mort; loin de là, elle est un acte essentiellement physiolog*i(pie et tout à fait indispensable à l’accomplissement des pliéiiomènes vitaux; c’est ce que démontrent clairement les considérations suivantes.
La fibrine (pii est contenue dans le sang* n’est pas toujours la même , mais elle est constamment renouvelée. A chacpie instant, alors qii’elle est encore licpiide , mais c[u’elle va se coag’uler, elle traverse les parois des capillaires, elle transsude dans les tissus, et elle est remplacée dans le sang* par de la fibrine nouvelle encore éloig*née du moment où elle se coag*ulera. On comprend maintenant pourquoi la fibrine du sang* est toujours liquide, c’est qu’elle n’est jamais la même; au contraire, une fois dans la palette, la fibrine n’est plus renouvelée, elle reste toujours la même, et finit nécessairement par se solidifier. On peut comparer la coag'ulation spontanée de la fibrine à la solidification spontanée du plâtre qu’on vient de g'âclier. En poursuivant cette comparaison , nos vaisseaux, toujours remplis d’un
FIBRLNE 1)U SANG.
sang’ fluide, ressemblent au g’âcheur qui a toujours entre ses mains du plâtre liquide dont il se débarrasse en faveur du maeon bien avant le moment de la solidification.
J’ai dit tout â l’iieure que la fibrine du sang* transsudait dans les tissus avant d’être eoag’ulée; mais, une fois dans la trame des org’anes, elle se solidifie, comme elle l’eût fait partout ailleurs ; seulement cette solidification n’est pas amorphe ou vag’uement fibrillaire comme dans le caillot, elle est plastique. Sous l’influenee des tissus vivants, la fibrine se solidifie en s’org’anisant ; elle sert à la formation de nouvelles cellules , et eette solidification spontanée de la fibrine , bien loin d’être un phénomène antivital , est au contraire une condition favorable à la g*enèse des éléments bistolog’i([ues.
J’ai comparé tout à l’heure la fibrine liquide à du plâtre frais g’âché. En poursuivant cette comparaison, la fibrine coag'ulée au sein des tissus vivants et org*anisée en cellules, c’est le plâtre du mouleur qui est solidifié avec art, et devient des ornements, des statues, etc. La fibrine coag’ulée spontanément ou par le battag’e, c’est le plâtre qu’on abandonne â lui-même et qui forme des masses concrètes sans beauté et sans harmonie.
Tout ce que je viens de dire sur la fdDrine , sur sa sortie des vaisseaux , sur son org-anisation en cellules, toutes ces théoi-ies sont prouvées par l’expérience. Si par exemple on analyse comparative-
^"EUVIÈME LEÇON.
ment le sang* qui entre dans un organe et celui qui en sort, on trouve que ce dei'nier est notablement plus pauvre en fibrine. Or, si la fibrine du sang a disparu en passant des artères dans les veines, c’est qu’apparemment elle a transsudé à travers les parois des capillaires. D’un autre côté, en expérimentant sur les dh^ers organes , on trouve que c’est dans les glandes, le foie, les reins, etc., que cette disparition de la fibrine est le plus prononcée, tandis qu’elle est beaucoup plus faible dans d’autres tissus, dans les muscles par exemple. Que devient celte fibrine absorbée par les gdandes ? La réponse est aisée : elle sert à former les cellules, constamment éliminées par les dh^erses sécrétions, les cellules de l’épiderme et des épithéliums, celles qu’on rencontre en abondance dans la bile, l’urine, la salive, etc. Il faut que le sang fournisse incessamment des matériaux à toutes ces sécrétions, et c’est pour cela qu’il se débarrasse constamment de son excès de fibrine et qu’il reste toujours liquide dans les vaisseaux.
Si le sang’ perd sans cesse sa fibrine, et que cependant il en renferme toujours la même proportion, il faut, de toute nécessité, qu’il reçoive à chaque instant autant de fibrine qu’il en a perdu. Cette fibrine du sang’, d’où lui vient-elle? A cet égard, aucun doute n’est possible; elle provient de la lymphe. En effet, la lymphe renferme de la fibrine, elle est spontanément coag’ulable comme le sang, enfin elle se déverse continuelle-