FIBRINE DU SANG
ment dans le système sangaiin, et il est clair que sa librine est destinée à rcmplacei* celle (jiie le sang’ perd à chaque instant. S’il en était autrement, le sang’ recevant toujours de nouvelle fibrine et n’en perdant jamais, finirait par contenir des proportions énormes de cette substance, ce qui n’arrive pas.
Mais la fibrine de la lymphe, d’où lui vient-elle? Évidemment de nos tissus, car la lymphe est un produit de u’ésorption et emprunte à nos org-anes les principes qui la constituent. Mais pour que les tissus cèdent de la fihrine à la lymphe, il faut nécessairement ([u’ils en contiennen eux-mêmes. Or, parmi nos éléments histolog’iques , il en est un, le plus important et le plus répandu de tous, la libre musculaire, qui contient précisément une substance très-analog’ue à la tibrine et appelée syntoaine. Cette syntonine est fluide pendant la vie; mais elle se coag’ule spontanément après la mort, et c’est cette coag’ulation qui produit le phénomène de la rig’idi té cadavérique. On a meme avancé qu’on pouvait, à l’aide d’une forte pression, exprimer des muscles la syntonine encore liquide et non coag’Ulée. J’ai tenté cette expérience sans succès ; peutêtre aussi n’avais-je pas employé une pression assez énerg-ique. Quoi ({u’il en soit, toujours est-il que les fibres musculaires contiennent une matière liquide spontanément coag’ulable , matière qui, à l’aide de lég'ères modiücations, est destinée à devenir la fibrine du sang’.
T. MOILIfî.
Mais, dira-t-on, si les muscles eon tiennent réellement une sorte de librine, pourquoi ne se, coag’ulent-ils pas et ne deviennent-ils pas rig’ides sur le vivant coniine sur le cadavre? La réponse est aisée : la syntonine des muscles reste liquide pendant la vie, parce qu’elle est renouvelée comme celle du sang’ et qu’elle est remplacée à chaque instant par d’autre syntonine plus fraîchement fabriquée. Sur le vivant, la fibre musculaire crée de la syntonine, et, à peine créée, la cède aux lymphatiques. Avec la mort, cette création, cet échang’e, deviennent impossibles ; la syntonine contenue dans les muscles y reste et s’y coag’ule, et c’est là ce qui produit la rig’idité cadavérique.
La syntonine des muscles est bien de la fibrine ; cependant elle diffère de celle du sang* par un caractère important; sa coag’ulation est plus lente et exig’e plusieurs heures au lieu de quelques minutes. Quant à la fibrine de la lymphe, elle tient le milieu entre celle du sang’ et celle des muscles, et se coag’ule après la première et avant la seconde.
Il y a donc dans l’économie plusieurs variétés de fibrilles ; celle des muscles lentement coag’ulable ; celle des lymphatiques plus rapide à se solidilier, et enfin celle du sang’ plus prompte encore dans sa concrétion. Pour mieux dire, il n’y a (ju’une seule fibrine d’autant plus rapidement coagulable qu’elle est plus âg’ée et qu’elle a fait un plus long’ séjour dans le sein des vaisseaux lymphatiques et sang*uins. Bien plus il arrive assez souvent que le sang’