FIBRINE DU SANG
OU la sérosité des épanchements contiennent simultanément CCS différentes fibrines inég'alernent coag'iilables. Ce sang% cette sérosité privés de leur fibrine par un premier battag-e, se recoag’ulent bientôt au bout de quelques heures. Si alors on enlève la nouvelle fibrine solidifiée, ils se recoag’ulent encore une seconde et même une troisième fois. Ce fait s’explique avec la plus g’rande facilité, si l’on admet que les liquides en question renferpient plusieurs fibrines distinctes exig’eant chacune un temps différent pour se coag’uler.
A l’état physiologique , le sang’ contient environ 3 millièmes de fibrine constamment renouvelée , ce qui, par parenthèse, rapproche la fibrine des autres éléments du sang’, les g’iobules sang*uins, l’albumine, l’eau, les sels, qui, eux aussi, sont renouvelés plus ou moins vite. Dans la fièvre , la quantité de fibrine contenue dans le sang* se trouve accrue et atteint 4, 5, 6 millièmes et même davantag’e. Ce fait était facile à prévoir; il est dû à l’accélération de la circulation et de la respiration qui accompag’iient la fièvre. En effet, en privant le sang* de son eau et en supprimant les dig’estions , la fièvre diminue la masse du sang*; elle fait un appel à la lymphe dont la circulation s’active et dont les produits viennent combler le vide des vaisseaux. La lymphe, à son tour, étant oblig*ée de se former rapidement, résorbe les humeurs interstitielles des tissus, et notamment enlève aux fibres
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musculaires louLe la fibrine qu’elles coiiLiennenL. Cette lymphe, riche eu fibrine, se jette dans le sang*, et (î’est ainsi que celui-ci se trouve contenir des matériaux fibrineux en plus g*rande quantité que de coutume.
Notons ici que la fièvre, non-seulement aug*mente la proportion normale de la fibrine, mais quelle altère encore ce principe, qu’elle le rend moins rapidement coag’ulable et favorise ainsi trèsmanifestement la formation de la couenne. C’est là un fait connu de tous, et l’expliquer est facile. Dans la fièvre, l’accélératioiï cle la circulation lymphatique empêche l’élaboration convenable de la fibrine. Celle-ci, à peine sortie de la fibre contractile, est introduite dans le sang*, où elle arrive avec le caractère propre à la fibrine musculaire, c’est-à-dire une plus g’rande lenteur à se coag*uler. L’élévation de la chaleur fébrile (|ui accélère la eoag*ulation de la fibrine, corrig’e bien un peu cette lenteur, mais ne suffit pas pour la faire disparaître. C’est pour cette raison que le sang* de la fièvre est habituellement recouvert d’une couenne.
Phlegmasies et pyrexies. — Pour que la fièvre accroisse la fibrine du sang*, il faut une condition indispensable; il faut que les fibres musculaires jouissent d’une santé parfaite et qu’elles produisent de la fibrinecommeà l’état normal. Si en eflét le tissu des muscles est malade, s’il a cessé de fabi*iquer de la fibrine, il est clair qu’il ne pourra pas céder à la
PLEG-MASIES ET PYREXIES.
lymphe el au sang* un principe qu’il n’a pas luimeme. Il y aura donc deux espèces de fièvres : les unes dans lesquelles les fibres contractiles sont saines et fournissent au sang’ un excès de fibrine; les autres, où les fibres musculaires sont plus ou moins altérées et cèdent au sang’ de la fibrine en quantité ordinaire seulement, ou même en quantité moindre qu’à l’état normal.
Les premières fièvres sont celles qui accompag-nent les phlegmasies , telles que la pneumonie, la bronchite, l’amyg’dalitê.,. l’érysipèle, la pleurésie, le rhumatisme articulaire aig’u , la péritonite , etc. Toutes ces maladies phleg’masiques ont pour caractère essentiel d’être locales. La cause morbide s’est bornée à ag'ir sur l’org-ane malade, à en paralyser les vaisseaux, et elle a respecté parfaitement les autres tissus, notamment les fibres musculaires, qui continuent à se nourrir comme à l’état de santé, et qui produisent de la fibrine en abondance.
Les fièvres où il n’y a pas accroissement de la fibrine ont reçu le nom de pyrexies; ce sont les fièvres intermittentes, les fièvres éruptives, la roug^eole, la scarlatine, la A^ariole, le typhus, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune, l’infection purulente, la fièvre puerpérale , le purpura , la peste , la morve, etc. Ce sont toujours des maladies g’énérales; elles sont produites par des ag’ents morbides qui non-seulement ont déterminé la lésion locale, cause delà fièvre, mais qui, déplus, ont ag’i sur
le tissu musculaire, lui ont enlevé une partie de son activité et l’empêclient ainsi de sécréter de la fibrine en excès. Souvent même, lorsque les pyrexies sont g*raves, les fibres musculaires sont profondément atteintes et sécrètent de la fibrine en quantité moindre qu'à l’état normal. Dans ce cas, le sang’ ne possède plus que 1 ou 2 millièmes de fibrine et présente, quand il est coag’ulé, l’aspect diffluent de la g’elée de g*roseille.
Cette distinction des maladies fébriles en phleg*masies et en pyrexies est capitale et a une g’rande portée clinique. A ég*alité de lésion, les pyrexies sont toujours beaucoup plus gTaves que les phleg*masies. Elles s’accompagment plus aisément d’adynamie, ont des convalescences plus pénibles et se terminent plus fréquemment par la mort. Est-ce a non-aug’mentation de la fibrine du sang’ dans les pyrexies qui produit cette différence? Evidemment non. Par lui-même, ce phénomène n’a aucune importance; mais il est le sig*ne d’une lésion g’rave du tissu musculaire. Or, ce tissu musculaire est ce qui nous fait vivre ; c’est lui qui entretient la circulation et la respiration et, lorsqu’il est atteint, on peut dire avec les aneiens que les forces vitales sont atteintes.
La fièvre n’est pas la seule cause qui accroisse la proportion de la fibrine dans le sang’. Cette lésion s’observe ég'alement dans des états parfaitement apyrétiques, dans l’anémie, la chlorose, les
PHLEGMASIES ET PYREXIES.
hémoprhag’ies, la dyspepsie, etc. Mais elle est alors produite encore par le même mécanisme que dans la fièvre. En effet, toutes ces maladies diminuent la masse du sang’, soit directement, soit en supprimant les dig'estions. Elles accélèrent donc la circulation lymphatique et déterminent une résorption plus abondante de la fibrine contenue dans les fibres musculaires, mais à une condition cependant, c’est que ces fibres soient bien saines et qu’elles puissent sécréter l’excès de fibrine qu’on leur demande.
On a dit que l’accroissement de fibrine dans l’anémie était relatif; qu’il tenait non à une aug’mentation réelle de la fibrine du sang*, mais à une diminution de ses gdobules. Dans les phleganasies, au contraire, dit-on, l’accroissement de la fibrine est absolu. Je n’admets nullement cette distinction, qui repose sur un dosag’e vicieux du sang’, dosage consistant à comparer les éléments de ce liquide entre eux, au lieu de les comparer au sang’ luimême. Dans l’anémie, assure-t-on, la fibrine n’a pas varié, mais ce sont les globules sang’uins qui ont diminué. On pourrait dire avec tout autant de raison que les g’iobules n’ont pas changé, mais que c’est l’eau et la fibrine qui èe sont accrues. Pour être conforme à la vérité, il faut se borner à dire : le sang contient tant pour 100 de fibrine, tant pour 100 d’eau, tant pour 100 de g’iobules. Or, en procédant ainsi, on trouve dans l’anémie un véritable accroissement de la fibrine du sang’.
16 décembre 1864.
liymplie plastique. — K^xsudats Gbriueux.
niplitliérite. — Tliromboscs et embolies.
Messieurs,
A l’état physiolog-ique , la fibrine enlevée des vaisseaux sert à former les cellules des diverses sécrétions. Elle a encore un autre usagée; c’est elle qui, dans les plaies, constitue la partie utile de la lymphe plastique ; c’est elle qui s’org’anise en vaisseaux, en cellules conjonctives, et qui fournit ainsi les matériaux des nouveaux tissus. Il est inutile d’ajouter que dans ce cas la fibrine joue le rôle d’un simple aliment, et que les véritables org’anes lormateurs des nouvelles cellules sont les éléments histolog'iques des lèvres de la plaie. Trouvant à leur disposition de la fibrine en plus gmande abondance, ces éléments en profitent; ils se nourrissent avec excès ; ils deviennent le siég’e d’une vég’étation luxuriante, et c’est pour cela qu’ils se multiplient et lorment de nouveaux tissus. La preuve qu’il en est ainsi, c’est que toute formation nouvelle cesse