‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 22 sur 42 · SUPPURATION · texte numérisé non relu

SUPPURATION

siippuraLion. G'esLlà une erreur profonde. Le pus est une exsudation qui pro\dent du sangq non des tissus. Si cette exsudation purulente apparaît toujours dans les points irrités, c’est uniquement parce que cette irritation paralyse localement les vaisseaux, accroît l’activité de la circulation capillaire et partant produit une exsudation abondante de principes leucocyg’éniques. L’irritation localise la suppuration, mais elle ne la crée pas. La preuve, c’est que, chez les sujets bien portants et peu excitables, les plaies g*uérissent par première intention et sans suppurer, bien que cependant l’irritation des tissus n’ait pas fait défaut. Sans doute , quand les plaies sont très- vastes, dans les g-randes amputations, les brûlures étendues, la suppuration ne manque jamais, mais c’est uniquement parce que la g*ravitéde l’inflammation allume la fièvre et accélère la circulation lymphatique, et nullement à cause de l’irritation considérée en elle-même.

Lorsque le pus est exsudé dans la trame des tissus, il ne s’y infiltre pas, comme pourrait le faire la sérosité; mais il se collectionne et se creuse dans l’intérieur inême des org-anes des cavités souvent considérables. La simple exsudation du pus est incapable d’expliquer ce pliénomène, et il faut ici l’intervention d’une nouvelle force. Cette force, c’est le développement des leucocytes. Ceux-ci, au moment où ils se forment dans les tissus, n’ont pas tout d’abord leurs dimensions définitives, mais ils sontextrêrnement petits et constituent de véritables

granulaLions moléculaires. En se développant, ces granulations aug'menlent considérablement de volume, et c’est leur expansion qui écarte violemment les éléments des tissus et y creuse les cavités des abcès. Quand la croissance des leucocytes est trèsrapide, les tissus, violemment comprimés, se mortifient et s’ulcèrent. C’est par ce mécanisme que certains abcès s’ouvrent spontanément. Mais, quand la production du pus est plus lente, les tissus sont simplement refoulés sans être détruits; ils se tassent, ils se condensent autour du pus et forment une espèce de membrane dite jnjogéiiicjue.

On a attribué un grand rôle à cette membrane pyog’énicfue. On a dit qu’elle sécrétait le pus comme la mamelle sécrète le lait. C’est là une opinion erronée. Et d’abord il faut observer que la membrane pyog*énique est loin d’être constante ; souvent, surtout dans les abcès aigris, il est impossible d’en découvrir aucune traee. En second lieu , il n’existe aucune analog’ie entre la sécrétion et la suppuration.

La sécrétion est une prolifération de cellules spéciales qui préexistent dans l’intérieur des g’iandes bien avant que la sécrétion se produise. Ainsi la mamelle contient des cellules à lait longtemps aA^ant la lactation, puisque ces cellules existent déjà chez le noiweau-né et même chez l’embryon. Seulement, à la fin de la g’rossesse, elles présentent une multiplication extraordinaire, et c’est ce qui produit la sécrétion du lait. Il en est de même des autres sécrétions, celles du sperme, des ovules, de la sa-

Page 1