‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 23 sur 42 · SUPPURATION · texte numérisé non relu

SUPPURATION

live, etc. Toutes résultent d’une prolifération de cellules préexistantes qu’on trouve déjà chez l’embryon bien avant que ces gdandes aient commencé de sécréter.

Dans la suppuration rien de semblable. Les tissus, avant qu’ils fussent enflammés, ne contenaient pas de leucocytes. Ceux-ci ne sont pas une prolifération sur place, mais ils proviennent du sang-; ils sont une exsudation. Sans doute, comme tous les org’anismes vivants, ils dérivent d’une autre cellule semblable à eux-mêmes, c’est-à-dire de leucocytes; mais ces leucocytes sont situés dans le système lymphatique et non dans les tissus , siég-e de l’inflammation .

M. Virchow a émis une autre hypothèse sur la suppuration. Il prétend que les leucocytes ne sont point une exsudation, mais qu’ils sont le produit d’une irritation locale des éléments histologdques , et il les fait naître indifféremment, soit du tissu conjonctif, soit des cellules épithéliales vibratiles ou cylindriques, soit enfin des cellules épidermiques. A mon avis, cette opinion n’est pas acceptable. Il est impossible d’admettre qu’un élément bistolog'ique nettement défini, comme le leucocyte, puisse provenir de cellules n’ayant absolument aucun rapport avec lui. C’est contraire à tout ce qu’on sait de la

g'enèse des êtres vivants. Il est de toute évidence que les leucocytes du pus proviennent des leucocytes existant normalement dans le sang* et la lymphe. La ressemblance de ces deux sortes d’éléments histo-

13fi: DOUZIÈME LE('ON.

log’iijiies est parfaile, eL f[Liand on a trouve une origine aussi naturelle flu pus, il est inutile d’en chercher une autre.

Mais, dira-t-on , ce ipii prouve que le pus ne provient pas du sang’, mais des tissus, c’est que ceuxci s’usent à la long’ue et finissent par se détruire lorsqu’ils ont suppuré trop long*temps. Cet arg^ument n’est que spécieux : ce qui use et ulcère les tissus enflammés, ce n’est pas le pus, c’est l’inflammation. La preuve c’est que cette atrophie et cette ulcération s’observent dans beaucoup d’inflammations qui n’ont jamais suppuré, notamment dans les eczémas chroniques.

Lorsque le pus auganente sans cesse de volume, il comprime, il désorg’anise les tissus qui le circonscrivent et finit par se faire jour au dehors. Mais, lorsque le pus cesse de se développer, il peut rester enfermé un certain temps dans les tissus, où il subit une des transformations suivantes :

Tantôt il s’épaissit, il cède sa partie la plus liquide, non-seulement son sérum, mais l’eau des leucocytes eux-memes, et se trouve ainsi réduit à un dépôt peu considérable de matières solides d’aspect plus ou moins crétacé. Cette dessiccation du pus peut avoir lieu dans tous les tissus, mais c’est incontestablement dans les poumons qu’elle s’observe le plus fréquemment : on le comprend aisément, les poumons étant toujours en contact avec l’air extérieur et partant se desséchant avec plus de facilité que tout autre org’ane.

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