ÉLÉMENTS HISTOLOGIQUES
r Tissu conjonctif. — Il esl formé par des cellules fusiformes ou étoilées, munies de prolong’ements très-minces et très-allong’és. Lorsque ces prolong’ements se rencontrent , ils se soudent et s’anastomosent, formant ainsi de long’s filaments creux, à l’aide desquels les cellules communiquent ensemble.
Le tissu conjonctif présente deux variétés : \élastique et \ osseux. Le tissu élastique ressemble au conjonctif, sauf que les parois des cellules sont plus épaisses et formées d’une matière élastique.
Le tissu osseux diffère notablement du tissu conjonctif. Ses cellules, plus volumineuses et multipolaires, sont pourvues de huit à dix prolong’ements très-g-rêles, anastomosés avec les cellules voisines.
2“ Tissu nerveux. — Les tubes nerveux sont formés par la soudure d’un gTand nombre de cellules. Cette soudure diffère de celle des cellules conjonctives. Celles-ci étant éloig’iiées les unes des autres, ne peuvent s’anastomoser qu’en s’envoyant de fins prolong’ements. Au contraire, les cellules des tubes nerveux, pressées les unes contre les au tres, s’abouchent immédiatement et larg’ement. Elles prennent ainsi la forme de petits cylindres, placés sur une même lig’ne et se touchant par leurs bases. Bientôt ces bases des cellules, n’étant plus en contact avec le plasma nourricier, sont résorbées, et le tube nerveux se trouve constitué.
L’intérieur du tube nerveux est rempli par deux
loO QUATORZIÈME LEÇON.
sortes de substances. Au centre, se trouve une matière albuminoïtie et ))rol)ablenient liquide à l’état frais; c’est le cylinder axis. Tout autour fie ce cylindre est disposée une substance g’rasse, ricbe en phosphore : la moelle du tube nerveux. Cette moelle isole le cylinder axis et s’oppose à la déperdition de l’électricité qui circule dans les nerfs.
Outre les tubes dont je viens de parler, le système nerveux, contient encore des cellules, qui ressemblent assez aux cellules du tissu conjonctif. Elles sont bipolaires ou étoilées, et, par leurs prolong’ements, elles s’anastomosent avec les cellules voisines ou avec les tubes nerveux.
3° Fibres musculaires. — Elles sont formées par des tubes exactement semblables aux tubes nerveux, mais différemment remplis. Ils contiennent aussi deux sortes de matières, de la syntonine et de la dextrine ; mais ces substances, aulieu de suivre l’axe du tube, sont disposées transversalement. Elles forment des rondelles très-minces, superposées comme des pièces de monnaie et disposées alternativement : une rondelle de syntonine et une de dextrine.
Vues de profil, ces rondelles donnent l’apparence de stries, dont les unes sont claires et dévient la lumière polarisée , ce sont celles formées de dextrine, tandis que tes autres, obscures et constituées par de la syntonine, n’exercent aucune action sur la lumière polarisée.
ÉLÉMEiSTS HISTOLOGIQUES.
Les ülires muscuJaires appartenant à la vie org-anicpie ne sont pas tonnées par la soudure de plusieurs cellules, mais bien par une cellule unif[ue, allong’ée en fuseau. Les matières fibrineuses {'( dextrinées qu’elles contiennent y sont disposées sans régularité et présentent tout au plus un aspect vag'uement strié.
Enfin les fibres musculaires peuvent s’anastomoser entre elles, en s’abouchant latéralement les unes flans les autres. C’est ce qui a lieu, notamment au cœur, où ces sortes d’anastomoses sont trèsfréquentes.
4° Capillaires. — Les capillaires sont des tubes semblables à ceux des nerfs et des muscles, seulement le contenu de ces tubes n’est pas fixe; il est au contraire très-mobile, il circule, et est constitué .par les gdobules et le plasma fin sang* et de la lymphe. Les capillaires ne sont jamais isolés, mais ils s’anastomosent continuellement entre eux, de manière à former des réseaux plus ou moins serrés.
5" Canalicules sécréteurs des ipandes. — Ces canalicules ressemblent aux capillaires si ce n’est que leur forme est plus variée. Souvent ils sont tubu leux; mais, souvent aussi, ils forment des utricules et des ampoules. Ils contiennent dans leur cavité des cellules de sécrétion destinées à être éliminées.
Les cinq tissus qii’on vient d’émiinérei* diffèrenl sans doute par leur forme extérieure; mais c’est surtout par leur contenu qu’ils se distiny*uent les uns des autres.
Les cellules conjonctives sont, pour ainsi dire, vides et réduites à une membrane et à un novau.
Les tubes nerveux ont un contenu immobile, c|ui transmet du fluide électrique.
La fibre contractile a un contenu un peu mobile, qui cbang*e de forme, se raccourcit et s’élar^'it au moment de la contraction.
Le contenu des capillaires est plus mobile encore, puisqu’il est animé par le mouvement perpétuel de la circulation.
Enfin les canalicules des glandes ont cela de particulier, que leur contenu est éliminé et ne revient jamais au lieu de sa production.
Comme on l’a vu précédemment, cbacun des cinq tissus fondamentaux de l’org*anisme s’anastomose avec lui-même, mais, de plus, tous s’unissent les uns avec les autres, de manière à former un seul tout, qui est le solide vivant.
En effet le tissu conjonctif se continue au niveau des tendons avec la fibre contractile des muscles. Les tubes nerveux moteurs se terminent dans les fibres musculaires auxquelles ils se distribuent. Les capillaires sont soudés avec le tissu conjonctif des artérioles et des veinules. Enfin les canalicules sécréteurs s’anastomosent avec le tissu conjonctif des canaux excréteurs. Le tissu conjonctif est donc.