‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 34 sur 42 · ÉMISSIONS SANGUINES · texte numérisé non relu

ÉMISSIONS SANGUINES

en libre communication avec le cœur, il est impossible de vicier localement les vaisseaux cong*estionnés, parce cjue de nouveau sang* arrive sans cesse pour remplacer le sang* enlevé, et cela d’autant plus sûrement et d’autant plus vite que l’inflammation est plus forte et la fièvre plus intense.^ Vider localement le système circulatoire est donc aussi impossible que de vider localement une rivière, et, prétendre y réussir, c’est nier la circulation ellemême.

Au surplus, les partisans des émissions sang*uines locales sont loin d’être d’accord sur leurs effets. Les uns pensent c|u’elles attirent le sang* dans les vaisseaux, bien loin de l’en retirer; aussi conseillent-ils d’applicjuer les sang*sues et les ventouses, non pas directement sur les vaisseaux enflammés, mais à côté. Les autres s’imag’inent le contraire; ils croient C[ue les émissions sangTiines locales diminuent l’affluence du sang* dans les capillaires c[u’elles intéressent^ et ils s’estiment heureux quand ils peuvent mettre leurs sang*sues et leurs ventouses directement sur les tissus malades, ce qui , par paren thèse, est rarement possible. En réalité, les émissions sang*uines locales n’aug*mentent ni ne diminuent localement l’afflux du sang*. Elles se bornent tout simplement à faire sortir des vaisseaux une certaine masse de sang*, qui est immédiatement remplacée par une niasse ég*ale de sang* venu du cœur. Les tissus se cong*estionnent, uni- (juement parce que leurs vaisseaux sont paralysés

T. MOlLliV.

et offrent au sang* un abord plus facile. Pour g'uérir cette cong-estion, il faut, non pas retirer du sang* qui serait immédiatement remplacé, mais g'uérir la paralysie des vaisseaux et supprimer ainsi la cause même qui produisait l’affluence du sang*.

^ Or, c’est là ce que les émissions sang*uines ne sauraient faire.

Tout cela, dira-t-on, peut être vrai pour la cong’estion, mais quand la circulation est ralentie localement, quand il y a eng'org'ement, les émissions sang'uines locales doivent être plus efficaces. D’abord, je ferai remarquer que les sang’sues et les ventouses sont rarement employées dans le traitement de l’eng'org'ement. Mais, quand elles le sont, leur effet est exactement le même que dans la cong’estion. Le sang* qu’elles enlèvent des vaisseaux eng’org'és est remplacé de même, au fur et à mesure de son écoulement, seulement avec plus de lenteur, à cause du ralentissement delà circulation.

Le vide momentané, produit dans les capillaires par l’hémorrhagde locale, se trouve comblé en deux secondes, au lieu de l’être en une seule. Mais, vat-on m’objecter, quand F eng'org'ement est arrivé au dernier deg’ré, quand le sang* stag’iie dans les vaisseaux et que la circulation est arrêtée localement, dans ce cas, le sang’ enlevé par les émissions sang’uines ne peut pas être remplacé par celui venu du cœur. Gela est très-vrai, mais alors il est inutile ' de pratiquer une émission sang’uine, car elle resterait sans effet, les sang-sues et les Ventouses ne

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