VOMITIFS
plus irritable que de coutume, afin que les impressions sensitives, cause première du vomissement, aient leur plein effet et provoquent la nausée. Get état particulier du système nerveux est ce qui produit le mal de cœur et l’envie de vomir. Il est très-différent de la nausée; il la prépare et la favorise, mais il ne la constitue pas. La nausée est une impression sensitive qui part du pharynx ou de l’estomac, et va solliciter la contraction du diaphrag'me et des muscles abdominaux. Le mal de cœur est une débilitation du système nerveux produite par des moyens variés. Tantôt il est provoqué par l’absorption des substances émétiques. C’est , par exemple, ce qui a lieu quand le tartre stibié et l’ipéca sont donnés en lavag’e. D’autres fois, il est causé parles hémorrliag'ies abondantes qui, comme on le sait, facilitent les actions réflexes et prédisposent aux convulsions. D’autres fois, enfin, il est amené par le roulis des v^aisseaux, par les oscillations des balançoires et autres mouvements semblables qui troublent sing’ulièrement l’innervation et favorisent les défaillances et les nausées.
Enfin, une dernière condition du vomissement, c’est que l’estomac soit plein et son orifice cardiaque relâché et larg’ement ouvert. Lorsqu’il en est autrement, l’estomac a beau être comprimé entre les muscles abdominaux elle diaphragane, il ne laisse sortir rien, et le patient s’exténue en nausées qui lui brisent la poitrine, sans amener aucune évacuation.
T. MOILI.N’,
Kn résumé, le vomissemenl complet résulte du concours de trois éléments morbides ; 4° la nausée, qui détermine les contractions réflexes du diaphrag'me et des muscles abdominaux; 2° le mal de cœur, qui favorise ces mouvements réflexes et assure Faccomplissement de la nausée; 3° le relâchement du cardia, qui permet l’évacuation des matières contenues dans l’estomac. Ces trois éléments du vomissement peuvent se produire séparément, et c’est ce qui a lieu encore assez fréquemment. Mais les vomitifs ont le privilég*e de les produire tous trois avec facilité. Ils amènent le mal de cœur en étant absorbés ; ils provoquent la nausée en irritant la muqueuse g’astrique; enfin ils distendent l’estomac et relâchent le cardia, g*râce à la quantité de liquides avec lesquels on les administre. C’est par suite de ce concours de circonstances que les substances dites vomitives produisent le vomissement, pour ainsi dire à coup sûr, tandis que les autres irritants, alors même qu’ils intéressent l’estomac, sont beaucoup moins certains dans leur effet.
Les vomitifs ag*issent de deux manières dans les inflammations, comme sklaüfs et comme évacuants. La sédation des phénomènes inflammatoires provoquée par le vomissement est très-réelle. Elle est due à la fatigme, à l’anéantissement que causent les efforts de vomissement et au ralentissement de la circulation qui en est la conséquence. Sous cette influence, le sang- arrive dans les vaisseaux para-