VOMITIFS
lysés en quantité moindre, et il en résulte une amélioration passag’ère produite par le mécanisme de la délitescence. Mais ce n’est pas là une véritable g-uérison ; la paralysie des vaisseaux n’est nullement g-uérie par l’administration des vomitifs; loin de là, elle est souvent accrue par suite de l’absorption des substances émétiques. Du reste, la sédation ainsi obtenue est toujours passag’ère, puisqu’elle disparaît aussitôt que la fatig’ue du vomissement est réparée, et que la circulation a repris son énerg*ie primitive.
Mais c’est surtout comme évacuants que les vomitifs sont employés. Il arrive souvent, dans les maladies, que l’estomac contient de la bile, des mucosités, des aliments non dig'érés. Ces substances, par leur séjour prolongée, irritent la muqueuse g’astrique et deviennent la cause d’accidents divers, tels que les nausées, les douleurs épig’astriques, l’anorexie, etc. Les vomitifs ont pour effet de faire évacuer ces matières, et ils produisent, de fait, un certain soulag’ement. Mais l’évaeuation ainsi obtenue n’est réalisée qu’au prix d’efforts douloureux etd’une g*rande fatig’ue. La véritable indication serait de rendre aux matières contenues dans l’estomac leur cours naturel et de les faire descendre par l’intestin. Employé dans ces circonstances, le vomitif n’est donc qu’un pis aller et atteste l’impuissance du médecin qui ne peut pas vicier l’estomac par un autre moyen .
Mais, dira-t-on, lorsqu’il y a déjà des nausées et
VINÜTIÈME LEÇON .
du mal de cœur, les vomitifs ne sont-ils pas nettement indiqués, puisqu’ils ne font alors que hâter un vomissement déjà imminent, et pour ainsi dire inévitable? Je ne le pense pas, et, au lieu de hâter et de favoriser l’accomplissement du mal, il vaudrait beaucoup mieux le prévenir et le g’uérir en instituant une médication qui dissipât le mal de cœur, arrêtât les nausées, et agdt précisément en sens inverse des vomitifs.
Je ne parlerai pas ici du prétendu effet révulsif des vomissements. Il est clair que cet effet n’est pas plus réel que celui exercé par les rubéfiants et les vésicatoires, et qu’il n’a aucune portée thérapeutique.
Ün a prétendu encore que les vomitifs favorisaient l’expectoration dans le croup et les bronchites capillaires. Mais c’est là une opinion erronée, qui tient à ce qu’on a confondu les efforts du vomissement avec ceux de l’expectoration et de la toux. Or, ce sont là deux actes patholog’iques tout à fait distincts. Dans le vomissement, la contraction du diaphragmie s’oppose de la manière la plus absolue à tout phénomène d’expiration. Bien loin de favoriser l’expulsion des crachats et des fausses membranes, le vomissement y nuit, la prostration g’énérale qu’il laisse après lui affaiblissant les muscles expirateurs et diminuant d’autant la via-ueur de la toux.
PUKUATIFS.
Les purg’atifs sont toutes les sub