‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 39 sur 42 · PURGATIFS · texte numérisé non relu

PURGATIFS

stances irritantes, dont l’ing’estion produit une inflammation plus ou moins vive de la' muqueuse intestinale. Cette cong’estion de l’intestin a deux effets : d’un côté, elle détermine une sécrétion plus abondante des humeurs intestinales, de la bile, du suc pancréatique, du suc intestinal, du mucus et des g’az de l’intestin. En second lieu, elle provoque, par action réflexe, les contractions péristaltiques de la tunique musculaire du tube dig’estif. De ces deux effets combinés résulte la diarrhée^ c’est-àdire une évacuation plus fréquente de matières stercorales plus liquides que de coutume. Le plus souvent eette diarrhée est douloureuse et s’accompag’iie de coliques plus ou moins vives, résultant de l’inflammation du tube dig'estif et des contractions énergiques dont il est le siég’e.

Suivant la rapidité de leur action, les purg’atifs intéressent des sections différentes du tube dig’estif. Ceux dont l’aetion est la plus rapide irritent l’estomac et le duodénum, et produisent une diarrhée bilieuse, compliquée d’un embarras g'as trique; tels sont les huiles de croton, de ricin et le calomel.

Les purg*atifs dont l’action est un peu moins rapide, les sels neutres, par exemple, traversent l’estomac et l’intestin sans les enflammer, et se bornent à irriter l’intestin g’rêle. Ils donnent lieu à des selles séreuses abondantes, qu’accompagment des coliques siég’eant autour de l’ombilic. Enfin, les pnrg’atifs à action pins lente, l’aloès, le jalap, le

séné, la niag'nésie, etc., traversent tout l’intestin g'rele sans l’irriter et n’agâssent que sur le gros intestin. Il produisent ainsi des selles muqueuses, qu accompag’iient des coliques très-vives siég*eant sur le trajet du gros intestin, c’est-à-dire sur le pourtour de l’abdomen et non au milieu. Cette localisation des purg*atifs est du reste indépendante de l’intensité de la purg’ation, car, on l’a déjà dit, elle tient uniquement à la rapidité de l’irritation produite, et non à l’énerg’ie même de cette irritation .

L’action thérapeutique attribuée aux purg’atifs est multiple, et il convient ici^ par une sévère analyse, d’en apprécier la valeur.

Action évacuante. — C’est la plus simple et la plus évidente. Quand il y a constipation, l’administration d’un purg*atif fait aller à la selle et débarrasse l’intestin. Au premier abord, ce résultat paraît très-heureux^ cependant, en y reg’ardant de plus près, on trouve que les purg’atifs ag*issent dans la constipation d’une manière toute palliative et qu’ils ne la g’uérissent en aucune façon. Loin de là, ils Fag’g’ravent ; ils aug'inqntent la paresse de l’intestin, et l’on est oblig’é, pour obtenir de nouvelles selles, d’employer des purg'atifs plus énergiques et plus fréquents. Pour g’uérir la constipation, il faudrait rendre à la tunique musculaire du g’ros intestin sa contractilité primitive, or les purg’atifs diminuent eette contractilité bien loin de l’accroître.

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