I ACCELERATION DE LA RESPIRATION
il assez lentement et peu proronclémcnt pour débar-
•; rasser le sang’ de son acide carbonique et le saturer
f| d’oxyg’ène. Ce résultat une fois obtenu , tout l’air
n: respiré en surplus est inutile et sort de la poitrine
fl comme il y est entré, sans avoir rien perdu de son
i oxyg’ène ni s’être enrichi en acide carbonique. Gela
i est si vrai que , dans certains cas , l’exhalation
) d’acide carbonique est normale ou même diminuée,
' . • • • r bien que la respiration soit très-accélérée.
L’accélération de la respiration a , dans la fièvre ,
V un usag’e autre que d’altérer la composition chi-
i| inique du sang*; elle modifie la température de ce
liquide, elle le refroidit. Cela est évident. L’air sort
[I plus chaud de la poitrinq qu’il n’y est entré, et cptte
» chaleur qu’il emporte , il n’a pu la prendre qu’au
: sang*. D’un autre côté, l’expérience directe montre
que le sang* se rafraîchit en traversant les poumons,
et qu’il est plus froid dans le cœur g*auche que dans
le droit. Naturellement ce refroidissement du sang*
par la respiration est d’autant plus prononcé que la respiration est plus accélérée, et il atteint son maximum dans la fièvre où il est très-utile. Il tempère I la chaleur fébrile, et comme habituellement la res- ' piration est d’autant plus accélérée que la fièvre est i plus forte, il en résulte que le corps se refroidit plus I facilement à mesure qu’il s’échauffe davantag’e.
C’est pour cette raison que la température de la I fièvre atteint rarement son maximum, 4L , et
I qu’elle est comprise le plus souvent entre 38 et
I 40 deg*rés.
L’accélération delà respiration amène encore un autre résultat. Elle dépouille le sang* de son eau; elle le déshydrate. Cet accroissement de la perspiration pulmonaire a pour première conséquence de refroidir le sang*. Tout le monde sait en effet que l’évaporation de l’eau est une cause très-énerg’ique de refroidissement. Mais la déshydratation du sang* produit encore plusieurs phénomènes caractéristiques du mouvement fébrile.
D’abord c’est la soif. Le sang* artériel se trouvant dépouillé de son eau, n’immecte plus les extrémités nerveuses des nerfs buccaux et pbaryng*iens , et ne fournit plus l’eau nécessaire à la sécrétion de la salive et du mucus. 11 en résulte une sensation de sécheresse dans la bouche et d’ardeurs dans la g*org*e qui est la soif. Cette soif ressemble exactement à celle provoquée par la privation de boisson, et est en définitive produite par la même cause, le manque d’eau dans le sang* artériel. Mais la soif fébrile a de plus un caractère particulier; elle est inexting*uible. Tandis que la soif ordinaire se dissipe aussitôt qu’on a bu, celle de la fièvre est incurable, et l’on voit les fébricitants boire des masses d’eau considérables sans pouvoir réussir à se désaltérer.
La raison de cette différence est bien simple. Dans la soif ordinaire, l’eau absorbée par l’estomac arrive sans obstacle dans le sang* artériel et dans les parois de la g*org*e, dont elle dissipe l’aridité. Dans la fièvre il n’en est plus de meme. Toute l’eau absorbée par l’estomac est arretée au passag*e. En tra-