XXVIII PRÉFACE
point de vue purement logique avait déjà été pris dans le gens ontologique par Aristote lui- même , car la privation faisait pour lui partie de l'être.
Hàtons-nous bien vite, non-seulement de disculper Kant d'une erreur aussi grave , mais encore de lui rendre le témoignage d'en avoir le premier découvert Porigine dans sa Critique de la Raison^ et par conséquent d'avoir dissipé l'illusion, pour tous ceux au moins qui adopteraient sa manière de voir en métaphysique.
Si Kant, dans ses Leçons, semble encore parfois se traîner sur les traces de l'ancienne métaphysique, c'est par un reste de vieille habitude scholastique.
n faut avouer en effet qu'il avait partagé un instant cette erreur; c'est ce qui résulte clairement d'un morceau publié par lui, et intitulé: De la seule preuve possible de V existence de Dieu ; mais cet essai est de 1765. Il ne peut donc pas être regardé comme le dernier mot de son auteur sur ce sujet.
Nous ne pousserons pas plus loin cette critique; et, quoiqu'elle soit un peu longue , l'éloge le serait bjen davantage si nous entreprenions de faire ressortir tout ce qu'il y a de vrai et d'intéressant dans les Leçoms de Métaphysique. Fussent-elles un peu arriérées, si on les compare à la philosophie critique, il n'en serait pa^ moins vrai qu'elles sont encore pour le plus grand nombre de ceux qui cultivent la philosophie en France, un véritable progrès, et qu'elles se recommandent à plus d'un titre à leur attention.
L'introduction de l'éditeur, que nous avions déjà
DU TEABVCTEU1I. XXIX
donnée dans un autre ouvrage, à une époque où nous n'étions pas sûr de pouvoir publier un jour les Leçons de Kant, mais que nous reproduisons aujourd'hui parce qu'elle est ici à sa véritable place, et que c'était pour nous une occasion d'en améliorer la traduction' cette introduction , disons-nous , est un fort bon résumé des progrés de la métaphysique en Allemagne depuis Kant jusqu'en 1821.
Les Prolégomènes de l'auteur présentent une division naturelle et vraie de la philosophie.
VOrUohgie est remarquable par la justesse de la plupart des définitions, par la critique de celles qui étaient alors plus usitées, par les aperçus pleins d'une juste finesse dont elle abonde. Le principe que Toute opposition exige une idée supérieure où elle se résolve, est comme le germe du système de l'identité de Schelling , ou de l'idée absolue de Hegel.
Entre une multitude de distinctions trés-beureuses, il y en a une qui nous semble du plus haut intérêt à cause de ses conséquences : c'est celle où Kant fait ressortir la difiTérence essentielle qui existe entre la possibilité logique et la possibilité réelle.
On désirerait quelquefois plus de développements, d'autres fois moins de répétitions.
L'ontologie est donc de temps à autre ou trop concise ou trop prolixe. La trop grande concision de certaines parties pourrait bien être la faute de ceux qui ont recueilli les notes , et les répétitions inutiles celle du professeur. On est très-porté à se répéter dans une leçon, soit parce qu'on se méfie de la mémoire ou de