‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 23 sur 37 · C0SS0L061B · texte numérisé non relu

C0SS0L061B

!• A la matière on aux substances ;

3^ A \di forme ^ c'est- à- dire à la composition (nexM plurium).

La liaison peut être de deux sortes : unilatérale ou réciproque.

n y a union de la première espèce lorsqu'une c&ose dépend d'une autre^ sans que celle-ci dépende à son tour de celle-là. Il y a union de la seconde espèce lorsqu'une chose quelconque en détermine une autre et en est déterminée. Mais les substances ne constituent pas un tout par des liaisons unilatérales^ mais bien^ au contraire^ par des liaisons et des effets réciproques : alors seulement il y a commerce (^commercium). Un commerce est donc nécessaire dans un composé substantiel : il est par conséquent la base de la iorme de ce composé. — Dieu et le monde ne forment donc pas un tout^ parce qu'entre eux il n'y a aucun commerce^ aucune action réciproque^ mais seulement une action unilatérale. Au contraire^ les membres d'un état forment un tout^ parce qu'il y a entre eux une action réciproque 3 mais les citoyens ne forment pas un tout avec le souverain^ parce qu'ici l'action n'est qu'unilatérale. Toutes les substances sont donc en commerce dans le monde y et forment ainsi un tout. Un agrégat n'est pas encore un tout : car il n'y a là que pluralité de choses qui ne sont point en-

tre elles dans une liaison réciproque. La différence qu'il y a entre le inonde et tout autre composé^ c'est que le monde est un tout iubstanUd qui ne fait partie d'aucun autre. — La pluralité qui n'est subordonnée à adcune plus grande s'appelle totalité (omnitudo). Tout composé peut être considéré comme un tout^ par exemple une pomme. La terre est un tout^ mais en même temps aussi une partie d'un tout plus grand encore. Le monde est un tout absolu. Le tout cosmique est différent du tout des états : car tous les changements que présente le monde sont des états ^ mais le monde est un tout substan^ tiel. Nous ne pouvons pas même nous représen^ ter complètement la série des états ^ parce qu'ils reculent toujours y mais nous pouvons concevoir ensemble les substances , et c'est déjà alors un tout Un composé qui n'est pas lui-même partie d'un autre, est donc le monde. Les substances sont considérées comme faisant partie du monde^ en tant qu'elles sont entre elles en connexion réelle, et par conséquent en commerce. L'agrégation des substances dans lesquelles il n'y a aucun commerce y ne forme pas encore un monde.

La détermination réciproque^ la forme du monde comme composé^ reposent sur le commerce. Si donc nous concevons des substances sans con*^ nexion réelle^ sans commerce^ telles que chacune

GOSlieLOA». 147

^'elles serait indépendante de toutes les autres^ il y aurait là^ il est vrai^ multitade^ mais pas encore monde.

La connexion des substances est donc la condition essentielle du monde.

n se présente ici deux questions à distinguer : 1^ Un autre monde outre celui-ci est-il encore possible? 3^ Un autre monde que celui-ci esMl pos» sible? -^ La question : Si plusieurs mondes sont possibles en même temps ^ n'implique point coniradlction. On ne peut pas démontrer a priori par le concept de monde son unicité : car^ quoique nous disions que le monde est un composé substantiel dans lequel les substances sont en commerce^ il en résulte bien que le monde forme on tout qui ne fait pas partie d'un autre; mais il ne répugne pas qu'il y ait encore plusieurs autres touts dans lesquels se rencontre un semblable commerce. -^ L'unicité du monde ne résulte donc pas de son concept ; mais elle peut être établie par une autre raison. En effet, si toutes les choses existent en dehors d'une autre^ de telle sorte qu elles dépendent toutes d'une seule ^ il doit en résulter que toutes les substances existantes; hormis une seule ^ sont unies entre elles , et que toutes forment ensemble une unité, parce qu'elles dépendent d'une seule, -r Il ré$ulterail donc de la cause commune et fun0

cause suprême qu'U n'y a qu'un setd inonde, ce qui sera dèmontarè par la suite. Le concept du monde n'emporte donc pas l'unité du monde.

De 1« Pn^gresAlon et de te Begresslon

A innflnL

■ La progression est la continuation de la série en s'ëloignant du point de départ (termino a prù or%). La régression a lieu en remontant vers ce même point de départ des phénomènes. Plus j'avance dans la série des choses subordonnées^ plus je suis en progression; plus^ au contraire', je recule dans cette série ^ plus je suis en régression. — Notre raison ne peut se faire aucune représentation de la possibilité des choses^ à moins d'admettre une cause première qui ne soit V effet d'auctme autre. La cause doit être complète et déterminable. Mais si c'est une cause subalterne , elle n'est pas complète. Nous ne pouvons avoir aucune cause première et subalterne. — Sans cause première^ la série des causes subalte^ nés n'est pas suffisamment déterminée aux yeux de la raison pour qu'elle puisse en tirer l'effet. Cet effet n'est donc pas alors intelligible pour la raison /c'est-à-dire qu'elle ne peut complètement apercevoir comment l'esistence d*une chose est possible si elle n'a son fondement que dans des

COSMOLOGIl* 149

causes sobalternes.— Quoique nous ne puissions eomprendr&la régression à Tinfîni sans admettre une cause première^ nous ne pouvons cependant pas dire qu'elle soit apodictiquement impossible. Nous pouvons^ dire seulement qu'il nous est impossible de la comprendre sans admettre une cause première. En général ^ quand nous demandons si une régression à l'infini est possible^ n'est-ce pas comme si nous demandions si cette série n'a aucune cause première ? L'tn/(nî est un concept mathématique indiquant une multitude plus grande que tout nombre ^ multitude qu'il faudrait par conséquent remonter sans fin. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas de cause : cette série ne peut- elle pas toujours^ en effets dépendre d'une cause? Seulement^ comme la série dépasse tout nombre^ nous ne pouvons pas^ en la remontant, arriver jusqu'à la cause. La difQculté est donc dans la question même. On croit apercevoir la progression dans la série des effets 3 on se représente la possibilité de la progressian à V infini; mais cette possibilité a lieu aussi dans la régression : car une multitude qui est plus grande que tout nombre n'est pas impossible. — Mais une multitude infinie est impossible. On ne peut pas apercevoir Tinfinité par l'infinité dans la série des cawesj ni en conclure une cause première; mais on peut la percevoir par

150 COSMOlOGnE.

la eontingence : car le contingent a une caose qui doit être nécessaire et complète i- donc la se* rie des effets a pour raison une cause première. — Quand donc nous demandons si le monde existe de toute éternité j ce n'est pas la même question que lorsque nous demandons s'il n'a pas de cause, mais bien s'il ne dépend pas de toute éternité d'une cause. C'est donc comme si nous demandions si la régression du monde est infinie y de telle sorte que si nous la remontons ^ nous ne parvenions pas à la cause^ quoiqu'il existe une cause. — La régression à l'infini dans la série des causes sans la cause première^ et l'impossibilité de subordonner successivement dans cette série l'effet à la cause et d'atteindre de cette manière une fin , sont donc confondues.

On a souvent confondu la proposition : que nous ne pouvons parvenir à un terme dans la régression successive , avec cette autre : que la série n'a aucuije c&use^ deux choses pourtant fort différentes. — Nous ne pouvons pas parvenir à un lerme^ parce que la série est infinie; mais il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait pas de cause. L'homme ne peut pas apercevoir d'un seul coup la multitude la plus petite ^ pas même cinq traits : il est obligé^ pour y parvenir, de répéter certains actes ; il est obligé d'ajouter successivement une chose à une autre ; mais comme cette série est

GOdMOJUMUU 151

nfiaie ^ il n'airiyera jamais à la fin par voie d'addiUoiL Ilf^e Buit pas de là que cette série est possible en soi sans cause. Je puis apercevoir intellectuellement comment Dieu peut concevoir rétemité : car la cause suprême est la cause com* plète de la série j elle doit donc la connaître parfaitement. Mais je ne puis Tapercevoir sensiblement^ c'est-à-dire au moyen du temps : car on ne peut apercevoir ici complètement qu'au moyen des nombres j et le nombre n'a pas de fin.

-^Les événements ont donc une cause première : c'est ce que dit l'entendement. Le monde a donc une cause 3 mais cette cause ne fait pas partie de la série : elle ne fait donc pas non plus partie du monde. Ce monde peut maintenant être une série finie ou infinie y subordonnée à cette cause. Toujours est-il que les efiets qui la composent ont une cause première. Quand donc on demande si le monde a eu un commencement^ la question ne doit pas être conçue comme si Ton demandait si le monde a une cause : car il doit en avoir eu une en tous cas 3 mais il s'agit alors des limites du monde dans le temps (a parte ante). Mais nous ne pouvons pas déterminer les limites du monde, non pas parce que nous ne savons pas le faire ^ mais parce qu'elles sont indéterminables. Il est difficile de concevo^feomment un monde aurait pu être de toute éternité 3 il est im-

ISS ' COSMOLOGIB.

possible aussi de concevoir comment une série qui a eu un commencement peut être cependant infinie. Mais nous nous trouvons dans le même embarras lorsqu'on demande comment Dieu a pu commencer à agir.

De im VAtallfé» d« WLmmmwa.

n y a trois propositions à remarquer ici :

1^ Omnia pfuBnomena in wundo non exishmtper fatum;

2^ Non fiunt per oamrn;

3^ Non connectuntur per saltum.

Dans renchalnement des choses^ il y a deux parties qui sont contraires à la raison :

1® L'aveugle nécessité ;

2^ L'aveugle hasard.

Qn appelle aveugle ^.non*seulement ce qui ne peut pas voir, mais aussi ce qui peut empêcher de voir. L'aveugle nécessité est donc celle qui empêche notre entendement de rien voir. L'aveugle nécessité est fatalité; l'aveugle hasard est le sort, Véventualité fortuite j la pure contingence^ deux choses qui n'existent pas y parce qu'elles sont contraires à la raison. Les mots aveugle né' cessité signi^lpk donc que quelque chose ne se fonde ni sur l'essence de la chose ^ ni sur une

GOMOLOttUL 15S

mtra cause. L'aveiigle hasard est un Ayènement qai est fortait ^ et qai est même pure centingence à tous égards. Mais une chose peut être contingente sous un rapport et nécessaire sous un autre; il n'y a que ce qui est contingent à tom égards qui soit aveugle hasard. L'être primitif est opposé à l'aveugle nécessité 3 la cause à Var veugle hasard. Cette nécessité et ce hasard sont contraires à la raison^ parce qu'alors on conçoit des événements qui n'arrivent pas suivant des lois de l'entendement et de la raison. — Si j'admets un hasard aveugle ^ c'està-dire absolu et contingent à tous égards^ c^n est fait alors de toute loi et de tout principe. Si j'admets une nécessité aveugle sans nécessité primitive et déterminée par une cause ^ cette hypothèse contredit les lois de l'entendement et de la raison. Il n y a plus alors de jugement possible. La nécessité et le hasard ne sont donc pas un des principes d'explication des événements : ils ne 9ont que comme un mol oreiller de l'ignorance, et rendent imr possible tout usage de l'entendement Ils sont incompatibles avec la nature et la liberté ^ deux principes d'explication de l'entendement qui supposent essentiellement des lois, et par conséquent intelligence. La fatalité est une aveugle nécessité ; on la contredit en dérivant les événements de la liberté. Mais il est nécessaire que je

156 G0S1I0XX>GIK.

il doit parcourir tous les lieux intermédiaires qui sont sur la ligne de son passage entre Ton et l'autre de ces points. Si donc quelque chose pouvait passer d'un lieu dans un autre sans parcourir tous les lieux intermédiaires^ il y aurait alors muUUio loci per saltum. Mais rien ne passe d'un lieu dans un autre immédiatement : tout passage^ au contraire ; s'effectue à la condition de traverser les parties en nombre infini de l'espace qui séparent le point de départ du point d'arrivée. De plus^ rien ne passe d'un état à un autre immédiatement ou per saltum. Mais le passage d'un état à un autre n'a lieu qu'à la condition que les choses subissent tous les états intermédiaires. On peut donc dire en général que tout change* ment est continu. Tout état a deux termes : l'un qu'on appelle le terme a quo^ et l'autre le terme ad quenu Chacun de ces états a son instant particulier. Dans tout passage ^a chose qui passe est dans deux instants différents l'un de l'autre. L'instant dans lequel la chose est dans un état^ est distinct de l'instant dans lequel elle parvient à un autre état Mais entre deux instants il y a un temps ^ de même qu'entre deux points il y a un espace. Donc le passage s'effectue dans le temps : car dans les instants pendant lesquels il a lieu de A en B^ se trouve un temps dans lequel il n'est plus en A et pas encore en B : ce

008M0L0GII. 157

lemps est celai du changement^ dn passage* Ooe chose ne passe donc jamais immédiatement d'un état à un autre : ce n'est; au contraire ^ qu'en passaùt par tous les états intermédiaires que le changement d'état d'une chose est possible. Les différences des^ états ont toutes une quantité y et la continuité consiste dans cette quantité. La cause de la loi de la continuité est le temps. Cette loi de la continuité n'est pas une rêverie * métaphysique ; mais une loi qui s'étend à toute la nature. C'est ainsi^ par^xemple^ que l'esprit ne j)asse pas immédiatement des représentations ohscures aux représentations claires^ mais par toutes les représentations intermédiaires qui sont plus claires que les premières. Cette loi delà continuilé est une proposition que Leibnitz mit le pre« mier en avant ^ mais qui n'a été comprise jusqu'ici que d'un petit nombre. Pour la rendre plus hcile à saisir^ nous l'envisagerons sous un autre point de vue ^ et nous en ferons diverses applications! Tout phénomène est^ comme représentation dans l'esprit; soumis à la forme du sens interne, c'est-à-dire du temps. Toute représentation est telle ; que l'esprit la parcourt dans le temps ^ ce qui veut dire que l'esprit expose le phénomène : toute représentation est donc exponiblej par exemple ^ quand l'esprit a une représentation de la ligne ^ U en parcourt toutes

158 GOSHOLOGIB.

les parties^ exposant ainsi le phénomène. La re^ présentation d'un corps consiste aussi à parcou^ rir toutes les parties de ce corps : c'est encore là l'exposition du phénomène. Nous ne pouvons donc avoir la conscience de l'objet que par l'exposition de l'objet La cause en est que toutes nos représentations données ont lieu dans le temps. Tous les objets des sens sont exponibles dans notre faculté représentative^ c'est-à-dire que nous pouvons déterminer insensiblement notre esprit dans le temps. On dit aussi que Ton parcourt le phénomène lorsqu'on va successivement d'une partie à une autre. D'où il suit qu'il n'y a pas de phénomène ni de partie d'un phénomène donné qui ne puisse être divisé à l'infinL Il n'y a donc rien de simple dans le phénomène^ ni quant à sa succession, ni quant à sa diversité : car ce qui est présent ne peut être posé qu'au** tant que l'esprit le parcourt^ et , par le fait^ expose le phénomène.

n s'agit de faire voir maintenant que ^ d'après ce principe y Aucun phénomène ne se compose de parties absolument simples^ tout phénomène est comme une représentation dans le temps :

c'est en cela que consiste «son exposition. Une partie du phénomène total est exposée dans une partie du temps total. Toute partie du phénomène est donc dans une partie du temps. Mais aucune

fuiie du temps ne consiste dans un instant infiniment petit : une partie du temps est^ au contraire^ elle-même un temps ^ tandis qu'un instant infiniment petite un clin d'œil^ n'est que la limite du temps. Une partie du temps eompète donc à chaque partie de phénomène :

donc aucune partie du phénomène n'est en detiers du temps. Mais comme le temps est divisible à l'infini ^ il n'est non plus aucune partie du phénomène qui ne soit divisible elle - même à ['infini : car tonte partie du phénomène est entre leux limites du temps ^ qu'il unit en s'étendant le l'une à l'autre. Une partie du phénomène ne leut donc être parcourue en un instant indivisi- )le : car ce qui est compris entre deux limites a oi-même des parties^ puisque entre deux instants nfiniment petits il y a toujours un temps. Chaîne partie du phénomène peut donc à son tour itre exposée ; il n'y a donc aucun phénomène impie. S'il y en avait un^ il devrait être cepenlant une partie d'un tout 3 mais comme cette se* ie de phénomènes a un temps ^ une durée , chaîne partie du phénomène a aussi une partie du emps. Mais comme aucune partie du temps n'est impie , aucune partie du phénomène n'est sim- \le non plus» Le passage d'un lieu à un autre ^ l'un état à un autre^ n'étant cependant possible [u'à travers une infinité d'espaces et d'états in«

160 G08M0L0GIK.

termèdiaires qui sont tous plus petits que la différence du premier au dernier^ deux lieux ne sont pas immédiatement contigus^ mais sont séparés Tun de l'autre par une infinité d'espaces in* termèdiaires. Nul corps ne peut donc changer immédiatement: il doit^ au contraire^ parcourir tous les changements intermédiaires^ qui sont en nombre infini. Aucun état n'en suit immédiatement un autre : car si un corps passe d'un état à un autre y il faut qu'il y ait un instant dans lequel il sorte de l'état précédent^ et un instant dans lequel il entre dans l'état suivant Entre ces deux instants infiniment petits, se trouve un temps dans lequel il n'est ni dans l'un ni dans l'autre de ces états : il est donc alors dans un état intermédiaire^ qui est la raison pour laquelle il entre dans l'état suivant. Ce qu'on a dit des changements^ qu'ils sont continus, on peut le dire également de la vitesse : nul corps ne se meut immédiatement d'une vitesse uniforme; il doit, au contraire^ passer par une infinité de degrés de vitesse, qui sont toujours plus grands, et qui approchent toujours de plus en plus de la vitesse déterminée.

Telle est la première loi de la nature dont la nécessité peut être aperçue a priori. Cette loi est le fondement du principe suivant : Aucun corps ne peut passer immédiatement«du repos

COSVOLOGIC. 161

an mouvement; ni du mouvement au repos ^ «ans passer par les degrés infiniment petits du mouvement et du repos : de plus , nul corps ne change immédiatement sa direction sans un intervalle de repos. Un point ne change pas immédiatement sa direction sans un intervalle de repos. La présence dans un lieu pendant un temps est le repos. Si le mouvement est interrompu ^ le repos a lieu entre deux parties de ce mouvement : donc un corps ne peut changer im- . médiatement de direction sans qu'il y ait pour lui intervalle de repos. Mais si la direction doit être changée sans cette condition ^ sa direction doit changer continuellement ^ ainsi qu'il arrive dans la description d'une ligne courbe 3 mais pas lorsque le changement s'opère d'une manière angulaire. 11 passe continuellement par les degrès infiniment petits de déviation de la première direction à la suivante. — On observe de pluS; en physique, qu'aucun rayon lumineux ne cl^nge subitement sa direction (ce que Newton a prouvé) 3 mais que ce changement a lieu^ au contraire ^ d'une manière continue. Le rayon lumineux qui tombe sur une glace , se brise en faisant un gngle formé par deux droites 3 mais il reste quelque temps dans la glace^ et alors a lieu I ce qu'on a dit précédemment d'un corps qui se

: meut d'une manière angulaire. Il reste donc

163 COSHOLOGIK.

quelque temps en repos dans la glace; mais il j resterait toujours si une nouvelle force ne lui imprimait pas une nouvelle direction. — Tout phénomène a donc une quantité^ et n'est par conséquent rien de simple. Aucune partie du phénomène y soit interne soit externe y en série ou en agrégat , n'est simple. Tous les phénomènes sont donc exponibles dans le temps. A chaque partie du phénomène compète^ dans Texposi* tiou; une partie du temps ^ de même qu'une totalité de temps compète à tout le phénomène : ' car chaque partie du temps est elle-même un temps ; et chaque partie de l'espace un espace. Point de parties simples dans le temps et dans l'espace. Il y a bien^ à la vérité ^ quelque chose de simple, savoir^ le point dans l'espace^ et le clin d'œil ou le point dans le temps; mais ce ne sont pas des parties de l'espace et du temps: car^ autrement, on pourrait les concevoir avant l'espace et le temps. Mais je conçois maintenant le point dans le temps et le point dans l'espace : ce ne sont donc que des déterminations^ et pas des parties de l'espace et du temps. Comme rien de simple n'existe dans le temps , et qu'un temps convient à chaque phénomène , il n'p a rien de simple non plus dans le phénomène ^ comme il n'y a rien également de simple dans l'espace. Tout corps et foute matière est divisible à l'in-

Page 1