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Soi: car toote partie du corps occupe rintervalle entre deux limites de l'espace^ et par conséquent toujours un espace. Mais ce qui est divisible à l'infini^ est un quantum continuum: donc tout phénomène est un quantum continuum.
Des substances ne sont- elles cependant pas «impies? Assurément. Mais quand je vois des corps ^ je ne vois pas des substances , mais bien des phénomènes. Je ne puis absolument pas percevoir les substances. Dieu seul peut percevoir la substance d'une antre chose. Donc ce qui est dans l'espace et dans le temps est divisible à l'infini^ c'est-à-dire qu'il n'y a aucune partie dans l'espace et dans le temps qui soit la plus petite possible. La loi de la continuité repose donc sur la continuité de l'espace et du temps. Mais que l'espace et le temps soient des quantités continues^ c'est ce qui est prouvé par le fait que le point dans l'espace^ et le clin d'œil dans le temps ^ ne sont pas des parties de l'espace et du temps ^ mais bien leurs limites. Quoique toute expérience n'ait lieu que par les sens, nous pou-
g vous néanmoins en anticiper les phénomènes par l'entendement et apercevoir a priori les condi-
|| nons des objets.
LdL continuité des formes consisle en ce que, entre an concept in génère et specie^ l'espèce^ et entre une espèce et une autre^ se trouvent une infinité
d'espèces intermédiaires dont les différences sont de plus en plus petites. C'est ainsi ^ par exemple, qu'entre un savant et un homme d'un entendement sain il y ^ une infinité de degrés de savoir qui approchent toujours de plus] en plus du savoir qui caractérise le savant proprement dit C'est la continuité des espèces dans le sens logique. La continuité des formes dans le sens physique est très - différente de la continuité dans le sens logique. La première brille^ à la vérité^ d'un grand éclat dans la raison^ mais pas dans l'exécution. Je trouve bien un passage du^ règne minéral au règne végétal^ passage qui est déjà un commencement de vie. Je le trouve de même du règne végétal au règne animal dans les — êtres où l'on remarque différents petits degrés^ de la viej mais l'apogée de la vie est la liberté,—
que je trouve dans l'homme. Si je vais plus loin
encore , je me trouve parmi des êtres pensante dans le monde idéal. Or, il s'agit de savoir si c^ monde se détermine, ou si la série continue. SL l'on dit que Dieu termine la série, qu'il la clôt^ Foliaire répond, avec raison, que Dieu ne faitt pas partie de la série, mais qu'il l'a tient; qu'il est de sa nature complètement distinct de la série ' et que si la série pouvait être continuée à l'infini , on ne pourrait cependant pas arriver à des êtres qui seraient très rapprochés de Dieu, et de
seuX'Ci à Dieu lui-même. Foltaire. dit que les lommes peuvent facilement se représenter une telle sèrie^ par exemple celle qui s'étend du pape aiu capucin. Ce ne serait pas là un quantum con:' linmnnj mais un quantum discretumj dont les parties sont dèterminables dans Tespace. Si des créatures existent, il doit donc y avoir un intervalle entre une créature et une autre, dans lequel il n'y a pas de créatures intermédiaires à des degrés infinis. La loi physique de la continuité n'est donc que comparative*
De» Parties de l^Vnlvers.
n est très-bon de porter le dogmatique^à croire qu'il n'est pas certain de son fait Une certaine espèce de méthode sceptique «st donc nécessaire pour susqiter le doute, afin de mieux apercevoir et de mieux trouver la vérité. Quels sont maintenant ces doutes? La première chose qui est parfaitement certaine, c'est que j'existe : je me sens moi-même, je sais certainement que je suis 3 mais je ne sais pas avec une égale certitude que d'autres êtres existent hors de moi. J'aperçois bien, il est vrai, des phénomènes 3 mais je ne sais pas s'ils ont la même chose pour fondement (ni même s'ils en ont un): car dans les rêves j'ai aussi
des représentations et des phénomènes 3 et si les* rêves n'étaient que Tétat ordinaire, si l'on rêvait sans cesse y on pourrait toujours affirmer qu'on est dans un autre monde. Je ne puis donc pas. savoir ici quel est le fondement du phénomène. — Celui qui affirme qu'il n'existe aucun être que^ lui^ est un égoïste métaphysique : on ne peut réfuter par démonstration aucun égoïste de cette espèce y par la raison qu'il ne permet pas de con* dure des effets à la cause. Ces phénomènes peuvent même avoir pour fondement plusieurs autres causes qui produisent de semblables effets: la possibilité de deux causes du même effetest donc une raison qui empêche de prouver apo^ dictiquement aux égoïstes métaphysiques qu'il existe quelque autre chose qu'eux.
Il est certain qu'il y a des phénomènes; mais nous ne pouvons savoir ce qui leur sert de fondement^ par la raison que nos intuitions ne sont pas intellectuelles, mais sensibles. Nous ne savons rien des choses j si ce n*est seulement la manière dont nou^ en sommes affectés; mais nullement ce qui les constitue. — Celui qui croit que les corps n'ont aucune réalité^ qu'ils ne sont que des phénomènes^ qu'il n'y a aucun objet véritable des sens ^ ayant pour fondement une substance réelle^ qui par conséquent n'admet que des esprits et pas de substances corporelles : celui-là est un idédiste.
L'égoïsme et ridèalisme peuvent être admis en philosophie d'une double manière^ prohlémati'-
quement et dogmatiquement. Dans le premier sens^ ce n'est qu'une tentative sceptique pour apprécier la force de la certitude relativement à l'égoïftne touchant lexistence des autres êtres , et de lïdéalisme concernant l'existence des êtres corporels hors dé nous ^ c'est une recherche sceptique du témoignage de mes sens. Le témoignage du sens intime est certain : je suis ce que je sens et tel que je me perçois immédiatemept \ Cette proposition a donc une certitude expérimentale ou physique; mais les sens ne peuvent me donner quelque certitude que quelque chose soit en dehors de moi : car les phénomènes peuvent n'être qu'un jeu de mon imagination. — Les sens ne peuvent non plus me donner aucune assurance contre l'idéalisme : car les corps pourraient n'être que la manière dont nous sommes affectés par le phénomène. L'existence des corps n'est pas encore démontrée par le fait de la perception : car un pareil phénomène peut toujours avoir lieu indépendamment des choses. C'est ainsi ^ par exemple , que la couleur^ la chaleur^ l'arc-en-ciel^ne sont pas des propriétés des corps,
mais seulement la. manière dont nous sommes
^ ichbin, ia$ fukle ich ufihdiehaue mkh umnittelhar oi^.
affectés par les objets. Les sens ne prouvent que le mode d'a/fection par les phénomènes en moL L'ègoîsme et l'idéalisme sont donc une tentative sceptique dans laquelle on ne nie pas les choses j bien qu'on enlève aux sens leur certitude. De ce que les sens ne peuvent donner aucune preuve (ce qui est fort bon en philosophie), on part de là pour distinguer les différentes espèces de recherches. L'entendement peut ajouter quelque chose à la certitude des sens : car si des choses sont changées y il doit y avoir en elles une raison du changement. L'égoïsme et l'idéalisme restent donc des problèmes en philosophie.
Mais Végoisme dogmatique est un spinosisme caché : Spinosa dit qu'il n'y a qu'un seul ètre^ et ^ue tous les autres en sont des modifications. li'idéalisme dogmatique est mystique, et peut s'appeler idéalisme platonique : je me perçois moimême, mais je ne perçois les corps que comme ils m'affectent. Cette dernière manière de percevoir ne me fait pas connaître les propriétés des choses, par exemple comment la cire fond par Tactiondu feu, et comment au contraire l'argile se dessèche. Cette différence tient donc à la manière dont les corps sont affectés 3 mais les corps ne sont que de purs phénomènes qui doivent avoir quelque chose pour fondement Voilà jusqu'où Ton peut aller en philosophie sur cette voie ; si
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Ton prétend en connaître davantage^ on tombe alors dans ridèatisme mystique^ comme lorsqu'on affirme Veœistence d'êtres pensants dont on croit avoir une intuition intellectuelle. L'intuition n'est^ en effets que sensible^ empirique : car les sens seuls perçoivent; l'entendement ne perçoit pas^ il réfléchit L'égoïsme et l'idéalisme dogmatiques doivent être bannis de la philosophie^ parce qu'ils n'ont aucune utilité. Leibnitz tomba dans l'idéalisme platonique: il disait que le monde est un agrégat de monades ^ et que sa faculté essentielle est une vertu représentative (vis reprœsentativa). «Je ne puis^ disait-il^ me représenter aucune faculté dans les substances comme essentielle^ si ce n'est la faculté de penser : toutes les autres ne sont que d£S modifications 3 la représentation est donc la seule chose que je puisse reconnaître comme un accident absolu dalles substances. t> Puis il ajoutait : « En conséquence^ toutes les substances sont des parties simples ou monades qui sont douées de la vertu représe»
tative , et qui se manifestent dans tous les phénomènes. » Mais on a déjà dit que tout phénomène est continu^ et qu'aucune partie n'est simple : les corps ne se composent pas de parties simples ni de monades 3 mais les composés substantiels se forment de parties simples lorsqu'ils sont composés par l'entendement. Mais on
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ne peut ici décider si tous les composés substantiels ont une vertu représentative : le principe qui conduit à un monde mystique et inCeUigibk est donc en dehors de la philosophie.
Maintenantjsi nous venons aux concepts trans* cendentaux des corps , nous trouvons que ces concepts sont ceux de VimpénétrabUité et de IVtendue. L'impénétrabilité est la résistance de ce qui est étendu dans Tespace^ en tant qu'il est impossible d'occuper la place de l'objet autrement que par l'anéantissement de cet objet même. La présence de cet objet dans l'espace est donc incompatible avec l'occupation de ce même espace par un autre objet corporel.
Il a déjà été question précédemment du point mathématique. La matière résulte de parties simples^ et par conséquent n'est pas formée de poi^. Des points physiques sont une contradiction : ils ne peuvent signifier qu'un phénomène simple et immédiat Tous les points sont mathématiques : ils ne sont pas des parties^ mais des déterminations.
Le lieu de toute chose est un point Si je veux savoir le lieu d'une chose ^ par exemple de la lune ; je suis obligé de le chercher jusque dans un centre qui ne peut pas même être le lieu d'un grain de sable : car autrement on pourrait demander de quel côté du grain de sable est le lieu}
COSMOLOGIE. 17f
mais le lieu est un point Par conséquent^ Tespaoe ne se compose pas de points^ et la matière se compose moins encore de parties simples»
Be la CI«Béae de» Corpik
La liaison des- substances constitue Tèlèment essentiel du concept do mcmde. L'action mutuelle est la forme du monde. Tout est en réaetion dans le monde ^ et une substance y devient un agent : en sorte que dans chaque tout la réciprocité de Tactiou .est universelle. Une réac* tion n'est pas toujours une action contraire ou opposée : une action contraire est proprement
une résistance j mais toute réaction a'est pas
résistance. Quoique ce soit là une proposition physique vraie ^ et qu'il puisse être très-bon de se livrer à des considérations de cette nature j cependant elle n'appartient pas à la cosmologie transcendentale : les parties constitutives de l'univers^ comme parties premières absolues^ sont des parties simples ou des substances. — Nous pouvoés admettre des parties premières absolues ^ tant dans la matière que dans le monde matériel : un tout matériel n'a pas de parties constitutives absolument premières. Les parties premières simples s'appellent éléments y la na-
tare n'a donc pas d'éléments. Il est vrai cependant que nous appelons dans la matière quelque chose un élément 3 mais ce n'est que par rapport à la division ou comparativement.: car un élément n'est en lui-même encore qu'une matière réelle : seulement, cette matière réelle ne peut être ultérieurement étendue. Ce sont des éléments physiques qui forment la matière même, tandis que des éléments métaphysiques sont simples. La matière n'est possible que parce qu'elle remplit l'espace 3 toute partie delà matière doit donc remplir un espace^ parce que cette partie est entre deux limites. La matière ne résulte donc pas de parties simples 5 la matière n'est pas non plus une substance y mais seulement un phénomène de la substance. Nous appelons substance ce qu'il y a de permanent dans le phénomène ^ ce qui sert de fondement à la diversité dans un corps. Et parce que nous retrouvons dans les corps des substances que nous n'appelons de ce nom que par analogie^ nous ne pouvons conclure que la matière se compose de parties simples^ sous prétexte qu'elle n'est pas considérée comme substance^ mais seulement comme phénomène.: je ne reconnais d'autre substance que celle qui m'est fournie par l'intuition^ et je n'en ai d'autre concept par conséquent que cette intuition elle : même. Nous ne pouvons donc ad-
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mettre dans la matière des éléments métaphysiques^ mais seulement des éléments physiques, éléments qui ne sont tels alors que par analogie, ou pan^ qu'ils ne peuvent plus être divisés.
Les éléments physiques peuvent se distinguer en deux classes, suivant qu'ils sont éléments quant à l'espèce ou quant à l'unité. C'est ainsi qu'une certaine quantité de bière prise d'une plus grande quantité en est un élément quant à l'espèce^ mais l'eau ne peut pas se diviser en différentes matières d'espèces diverses*
L'opération qui consiste à distinguer des espèces entre elles s'appelle dioiiUm; tandis que lorsqu'on sépare les différentes parties d'une chose quant à la matière , l'opération s'appelle partager. Un atome est cette partie de la matière qui ne peut être partagée par aucune force de la nature. Nous avons admis beaucoup d'atomes semblables. De^tertes, parmi les modernes, a reconnu ces sortes d'atomes : il disait que si ces corps primitifs ou ces parties constitutives de chaque matière pouvaient totkjours être divisés ultérieurement, aucune espèce ne serait constante, et qu'alors de la cendre pourrait provenir de l'eau; mais, comme chaque espèce est formée de parties spéciales particulières, il doit y avoir certaines parties primitives. L'explication des ' corps tient aux propriétés du temps , de l'espace
et du mouvement Les propriétés générales des corps sont Timpénétrabilité^ la composition et la forme. Ces propriétés sont le principe de toate explication physique des corps : si c^|A explication a lieu en partant de ces propriétés générales^ elle est alors mécanique; si elle a lieu^ au contraire^ en partant des forces de la nature^ forces que nous n'apercevons pas^ mais que Texpérience nous enseigne^ elle est alors physique ou dynamique j comme ^ par exemple ^ lorsqu'on explique la dissolution de l'œil d'écrevisse par Tacide citrique. Si^au contraire^ nous expliquons le même phénomène par des atomes communiqués ) l'explication est alors mécanique. Newton fot le premier qui rejeta l'explication mécanique y et tenta celle par des forces physiques : il attribua à la matière une force d'attraction qui en fait le fondement essentiel et primitif^ mais qui ne dépend pas de.la forme d#la matière; mais le mode d'explication mécanique doit cependant toujours précéder :'on doit d'abord l'essayer^ et chercher à expliquer la communication du mouvement sans admettre aucune force.
Il ne faut admettre une force principe ou fondamentale qu'à la condition de ne pas pouvoir faire autrement : V admission des forces fondamentales particulières des phénomènes est un coup de disespoir en phUosophie» On affile qualité occulte
COSHOLOGUL ' *175
une force primitiTe admise sans qu'on s'en fasse une idèe^ par exemple Vhorror vacui des anciens. Yous attribuez donc à la matière un désir et une aversion. C'est ainsi que souvent la raison a joué avec un mot quand elle croyait adiaettre un principe. Il faut^ plutôt que de faire ainsi ^ expliquer les phénomènes mécaniquement Ceux qui expliquent jiAysigtiemenf^ admettent des forces fondamentales; ceux qui expMquent métaphysiquementy admettent un mouvement primitif et une force fondamentale de la matière première^ câùAïe le faisait Epicure : il se représentait ces atomes en mouvement^ atomes qui seraient tombés tous d'une chute étemelle si^ par suite d'un léger mouvement de déclinaison y ils n'ayaient pas fini par se rencontrer. Du reste ^ Epicure ne dit pas conmient il savait que la chose s'était passée ainsi C'est par suite de cette rencontre qu'il se formait^ suivant lui ^ des agrégats de formes différentes y des animaux , des hommes y etc. Ceux qui expliquaient le phénomène mécaniquement admettaient le mouvement ou les parties des corps comme principes. La meilleure explication de tous les] phénomènes des corps est Texplication physico-mécanique. A cette exf^ication est opposée la pneumatique j à laquelle on ne doit pas avoir recours sans nécessité dans le monde corporel.
ilÛ COSMOLOGIE.
De la Matare 4les Oorpa.
Le premies principe interne^ ce qui appartient k la réalité de la chose ^ est ce qu'on appelle sa nature j mais ce qui appartient à la possibilité et au concept de la chose en est l'essence. Un triangle n'a pas de nature : car il n'est pas une réalité^ mais seulement une forme 3 il n'y a donc aucune natA*erdans toute la géométrie. Ce par quoi Dieu se distingue de tout^ par exemple la nécessité de sa nature^ l'immuabilité, l'impassibilité, fait partie de son essence divine^ ou du concept que nous en avons. L'essence du corps est ce qui appartient à son concept } mais la nature du corps est ce par quoi tous les phénomènes peuvent être expliqués. Le général de la nature des corps , ce qui contient le principe de tous les phénomènes^ se réduit à un très-petit nombre d'attributs : c'est l'impénétrabilité^ la composition et la forme. La nature du corps né contient donc rien que ce qi|i peut être dérivé du concept même de corps.
C'est moins ici le lieu d'en traiter qu'en physique.
CeSMOLOGlB. 177
De la PoritetloB do Honde.
Il ne peut pas encore être ici question du meilleur des mondes possibles ^ par la raison |que nous n'avons encore aucun concept des fins : il -ne s'agit donc ici que de la perfection métaphysique ^ perfection qui consiste dans la réalité. Il j a réalité lorsqu'une chose est parfaite comme telle. Une chose réelle est quelque chose de positKf mais aussi avec des négations. La perfection métaphysique coBsiste donc dans le degré de la réalité. Le monde le plus parfait est donc, dans le -sens métaphysique^ celui qui a le plus haut degré de la réalité dont un monde soit susceptible , c est-à-dire le plus haut degré de réalité possible. Si donc nous concevons toutes les réalités qui peuvent compéter au monde y nous avons alors le monde le plus parfait ou le plus réel j mais le monde le plus parfait n'est pas encore l'être le plus réel (ens realUsimuni). Le monde est un tout formé de substances réciproquement ^nies et formant ainsi une unité, un tout 3 tout composé de substances contingentes , puisqu'elles se déterminent réciproquement, et que l'une limite l'autre. D'où il suit que le monde le plus parfait de tous n'est encore cependant qu'un tout de
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substances contingentes^ qu'un tout qui a plus de perfection que n'en peut avoir toute autre chose.
Da Cknniiierce des SalMtences (^vom Commercio
der Substaraen).
La substance primitive {Uruoesen) du monde est^ à la vérité^ en liaison avec les choses du monde ^ mais elle ne leur est point identique; c'est-à-dire qu'elle ne leur est point unie de manière à faire avec elles partie d'un tout : son rapport avec elles n'est que* celui de la dérivation» La substance (fFesen) du monde n'appartient donc pas au monde comme à un tout^ puisqu'il y a dans un tout une détermination réciproque entre les parties ^ et que la substance primitive est indéterminable. — Dans un tout quelconque il y a liaison et composition des parties. Les substances du monde sont donc dans un rapport poê- $if réciproque ^ c'est-à-dire dans un état de commerce tel que l'état de l'une dépend de l'état de l'autre^ tel que l'une détermine l'autre, et en est à son tour déterminée. Mais entre Dieu et le monde, un semblable commerce n'existe pas :
car Dieu ne reçoit rien du monde.
Mais comment un commerce est-il possible dans un tout en général ? Cette question est la
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même ^ en d'autres termes^ que la première : car un monde n'est pas seulement un agrégat de substances 3 le commerce seul des substances forme un monde. Mais la simple existence des substances ne constitue encore aucun commerce 3 il faut^ en outre^ un principe par lequel le commerce puisse exister. — Si donc toutes les substances existaient nécessairement^ elles ne seraient point en commerce entre elles : car chacune existerait en soi et pour elle-même^ comme si aucune antre n'existait 3 son existence serait absolument indépendante de celle des autres^ et par conséquent sans aucun commerce avec elles : donc des substances absolument nécessaires sont sans <;ommerce. A supposer qu'il y eût deift dieux qui eussent créé chacun un monde 9 le monde de l'un ne pourrait être en commerce avec le monde de l'autre 3 mais 'chacun d'eux devrait subsister pour lui-même. Aucun rapport entre eux ne serait possible 3 et c'est par cette raison aussi que deux dieux n'existent pas. Mais on pourrait dire que nous nous représentons toutes les choses datis l'espace^ et que , par le fait qu'elles sont dans un espace unique , elles doivent déjà être en commerce entre elles : car exister dans l'espace^ ce n'est pas simplement exister; exister ainsi signifie déjà être en commerce, puisque l'espace est un phénomène de la liaison universelle du
mondc^ liaison qui donne naissance à un véritable principe.
Le commerce peut être ou
1° Originaire j ou
2^ Dérivé.
Le commerce est originaire , s'il se fonde déjà sur l'existence des substances. Or^ on a déjà vu qu'aucun commerce ne peut résulter de la simple existence. Affirmer cet enchaînement des substances sans aucun principe^ mais simplement parce qu'elles existent^ c'est ce que la philosophie de Wolff appelait dans un sens grossier infliixum physicnmy qui mériterait plutôt l'épithètc de cœcum. — L'espace se moquerait de nous si flous l'interrogions sur ce point II nous répondrait sans doute : Les choses qui sont déjà de telle manière doivent déjà être ainsij mais il n'y a là aucune nécessité en soi. Il n'y a donc aucun commerce originaire.
Le commerce est dérivé si un troisième principe, outre l'existence des substances, est nécessaire. Un pareil commerce peut être de deux sortes: par influxumphysicumelpsiV infl. hyperphysictim. Mais nous devons distinguer ici V influx physique de Yinflux physique originaire dans un sens plus grossier. Ce dernier est Vinflux physique dérivé qui se rapporte aux lois de la nature , quel qu'en soit, du reste , le fondement. Mais Vinflux hyper^
phy9iqu€ a lieu suivant des lois qui sont posées par un autre être. On pourrait demander ici sous quelles conditions les substances influent originairement. Comme une influence originaire des substances a lieu sans l'entremise d'une troisième^ aucune substance ne peut influer originairement sur d'autres que sur celles dont elle-même est une cause : par exemple^ l'influence de Dieu sur le monde^ l'influence du Créateur sur la créature^ n'eflt (fcnc possible qu'originairement Mais l'influence des substances dont aucun autre être n'est la cause ^ ne peut avoir lieu entre elles originairement; donc des substances indépendantes les unes des autres n'exercent point entre elles une influence originelle, mais bien au moyen d'une troisième substance d'où elles procèdent toutes : car alors leurs principes se fondent tous sur un principe unique.
Partout donc où il existe un commerce^ là n'est pas seulement une influence ^ mais bien encore une influence réciproque: alors une substance ne peut pas influer sur l'autre originairement^ puisque l'une n'est pas réciproquement cause de l'autre^ ce qui serait absurde. En fait maintenant^ comme il y a un commerce dans chaque monde ^ ce commerce doit être dérivé.
Le cofcmerce des substances tient donc à ce qu'elles existent toutes par l'efficace d'une seule ;
de là Tunitè de la diversité des substances^ et le tout qu'elles forment ensemble.
Toutes les substances nécessaires sont isolées (ne sont pas dans le môme espace 3 chacune d elles occupe un espace différent : car l'espace unit déjà) : elles ont une existence indépendante^ ou qui ne relève que d'elles-mêmes. Le commerce n'est donc pas possible par l'espace , mais par la raison seule que toutes les substances sont l'effet d'une seule ^ et en dépendent ^c9t autrement^ celles qui dépendent d'une autre substance ne seraient pas en commerce entre elles. Tout monde suppose donc un être primitif : car il n'y a de commerce possible qu'à la condition que les substances qui le forment soient l'effet d'une seule. L'espace est^ comme phénomène^ le lien infini des substances entre elles. Nous n'apercevons par l'entendement que celui de leurs liens en vertu duquel elles sont toutes dans la Divinité. Telle est l'unique raison qui nous fait apercevoir par rcntendemcnt la liaison des substances^ en tant que nous percevons les substances comme ayant leur raison dernière et commune dans la Divinité. Si nous nous représentons cette liaison d'une manière sensible j nous ne pouvons le faire qu'au moyen de l'espace.
L'espace est donc la condition suprême de*Ia possibilité de la liaison. Si donc nous nous représen-
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tons sensiblement la liaison des substances^ liaison qui consiste en ce que Dieu est présent dans toutes les choses , nous pouTons dire alors que Veipace est le phénomène de la présence divineu — Maintenant^ pour mieux apercevoir les systèmes éC explication du commerce des choses j il faut remarquer que le commerce dérivé y qui repose sur un troisième ètre^ a lieu ou par influence physique, ou par influence hyperphysique. L'influx physique a lieu suivant des lois générales de la nature des choses. L'influx hyperphysique n'a pas^lieu suivant des lois générales^ mais bien suivant des déterminations générales de l'être para -cosmique. Si tous les membres du corps humain se meuvent suivant des lois générales à la suite de la volonté^ il y a influx physique; mais si un troisième être met le pied en mouvement par suite de la volonté que nous avons de le mouvoir^ alors l'influx est hyperphysique. Cet influx est de deux sortes : automatique ou occasionel. Il y a hamumie automatique ((^r alors il n'y a plus commerce^ mais harmonie)^ si la cause suprême a dû préordonner^ pour chaque cas particulier, un accord 5 cet accord ne reposerait par conséquent pas sur des lois générales^ mais sur une organisation originelle que Dieu aurait mise dans la machine du monde : par exemple^ si une machine qui jouerait de la flûte avait été
iSi COSMOLOGIE.
organisée de telle sorte qu'elle ne put accompagner que la partie que je joue; mais que si jejouais une nouvelle partie^ il lui fallût aussi une nouvelle prèordination.
Mais si je dis que la raison ou la cause n'a pas été prédéterminée dès le commencement de manière à ce que Dieu produise continuellement l'effet à chaque événement du monde, l'influx hyperphysique serait alors occasionel. Ces deux influx sont hyperphysiques. On appelle aussi l'harmonie automatique harmonie préétablie ^ et harmonie occasionelle. Leibnitz était pour le |}remier principe^ Descarfes pour le second. Les deux commerces; en tant qu'ils sont hyperphysiques^ ne donnent qu'un nexw idéal j et le commerce serait alors lui-même idéal. Mais le monde est un tout 3 le commerce doit donc être réel En consè* quencc; il ne peut y avoir d'autre système d'explication du commerce des substances, que celui par influence^ des substances ne pouvant être liées réellement (innexu reali) que par influence 3 et cette influence est physique j mais dérivée. Ce n'est là que la traduction de l'idée juste que les substances ; puisqu'elles émanent toutes d'un seul principe^ forment une unité de la substance et de la diversité du changement : c'est un rapport suivant des lois universelles nécessaires. Il y a donc deux choses à remarquer dans cet in-