DU TRADUCTEUR. XXXIII
cette nécessité, puisque nous sommes des agents libres destinés à nous conduire par les lumières de la raison, « Or, dit Rant, on ne se conduit point par la raison en se laissant conduire sans examen et sans réflexion: en agissant de la sorte, on foule aux pieds la dignité de notre nature d'êtres raisonnables; on abdique la qualité d'être moral ; on oublie qu'on a une fin qu'il faut en définitive concevoir, vouloir et atteindre par soi-même. Qui donc peut vouloir pour nous, et peut vouloir sans penser, sans réfléchir? Qui est-ce qui nous a donné le droit de rejeter l'imputabilité de nos actions sur les conseillers de notre conscience? » En cherchant à expliquer dans un autre ouvrage les visions de Swedenborg, il dit très -bien que les éléments substantiels de !a matière n'occupent point d'espace: ce sont des atomes absolus. A cet égard, ils ressemblentau principe pensant. Mais cette hypothèse, et celle du commerce des esprits, pour lesquels les distances ne sont rien, et auxquels la nature matérielle est peut-être moins opposée qu'on ne pense, ne suffisent cependant pas pour rendre bien compréhensible ce qu'on appelle seconde vue chez certains Ecossais, ou le commerce soit apparent soit réel des vivants avec les morts, commerce auquel croyait Swedenborg. Néanmoins, l'explication des visions par le déplacement du focus imaginarius est peut-être ce qu'on a dit de plus ingénieux et de plus vraisemblable sur ce phénomène singulier. Cette idée mérite attention; du reste, elle ne sera probablement jamais rien de plus qu'une hypothèse.