‹ Leçons de métaphysique, publiéesChapitre 19 sur 36 · XXXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PREFACE

A part les quelques lignes où Kant semble encore vouloir prouver l'existence de Dieu, en rapportant, suivant l'ancienne métaphysique, toutes les réalités à une seule qui serait Dieu , argument dont nous avons déjà parlé, et que Kant réduit lui-même à sa juste valeur; à part, disons-nous, ces quelques lignes , tout ce que dit ce professeur célèbre en matière de théologie rationnelle nous paraît en général plein de sagesse et de vérité. C'est surtout en ce point et en morale que nous l'admirons. Nous n'essaierons pas de faire ressortir tout ce qu'il y a de beau, de vrai, d'utile, etc., dans cette partie des ouvrages de notre philosophe; nous dépasserions trop les bornes d'une préface. Qu'il nous suffise de rappeler que Kant ' distingue profondément , et avec toute raison, ce qu'il appelle le symbolisme et le culte, de ce qu'il appelle l'élément intellectuel et l'élément moral de la religion. Il veut qu'on parte de la morale

< Dans celui de ses ouvrages théologîques qui a le caractère le plus pratique : la Religion âans les limites de la Raison, ouvrage de la plus haute valeur morale et religieuse, et qui n'a été inspiré, quoi qu'on en dise, ni par l'esprit philosophique du 18^ siècle, dont Kant ne se ressentait guère, ni par l'esprit protestant, dont il s'était passablement affranchi, mais par la réflexion la plus forte et la plus saine. Cet ouvrage a été traduit en entier par M. Trullard; l'abrégé en a été fort bien traduit d'abord par Uuldifjer, et augmenté d'éclaircissements et de considérations générales sur la philosophie critique. Une nouvelle traduction , précédée d'une préface de M. Bouillier vient d'en être faite par M. Lortet.

Dt TRADUCTEUR. \XXV

pour interpréter l'écriture, et qu'on ne voie dans cette dernière que ce qu'il a dû être dans l'intention de l'auteur des livres saints d'y faire entrer. Il pense qu'il y a de la superstition à prendre les phénomènes du monde physique pour des symboles.

Je ne puis terminer cette préface sans dire un mot de la forme de cette traduction. Elle est l'image fidèle de l'original '. Ceux qui ne peuvent souffrir qu'un traducteur emploie les mêmes termes techniques que l'auteur, qu'il conserve les mêmes tours et les mêmes contextures de phrases, autant du moins que le génie de la langue dans laquelle on traduit le permet; ceux qui veulent des abrégés ou des paraphrases à la place du texte, qui aiment à voir les auteurs mutilés ou défigurés sous prétexte de les éclaircir ou de les accommoder davantage, soit au goût, soit à la paresse de la plupart des lecteurs : ceux-là, dis-je, peuvent continuer à juger publiquement mes travaux comme ils l'ont fait jusqu'ici; je leur en donne bien volontairement une occasion nouvelle. Si je dois être disposé à suivre les conseils d'une critique éclairée et équitable, je ne me crois pas obligé de tenir compte de celle qui me semblerait encore fondée sur un faux principe littéraire, ne fût -elle pas inspirée par des sentiments d'hostilité que j'ai peine à comprendre.

< C'est par respect pour celle forme encore, que j'ai décliné dans ce volume des mots lalins qu'il aurait peul-èlre élé plus conforme au génie do noire langue de mettre au cas dircof.

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