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XV LEÇON

Morale Pratique. — Objet et plan de la morale pratique.

Objet de la morale pratique. — Caractère qu'elle doit avoir et pourquoi. — L'état de paix et Télat de guerre.

Tableau général des devoirs :

De conserraiion personnelle.

De dignité personnelle.

Devoirs individuels . { De perfectionnement personnel.

De respect pour Tordre naturel et de bonté envers les animaux.

Î De justice. (Respeet des personnes.) De charité. (Amour et rtcrifice.)

r Devoirs spécUnx. 1 Do«»««qM»- (Famille.) *^ \ Civiques (Patrie.)

3* Deroirs des nations entre elles : Droit des gens.

m. Devoin religieux et droiu eorreepondanU, — Remarque.

Enseignements généraux à tirer de la psychologie* : Vigilance individuelle; — Corruption ou amélioration collective. Conseil pratique de Franklin*. — L'examen de conscience.

ObJ«td« la morale pratiqae. — NouS avons dëtorminé

de notre mieux la nature de Tidéar moral; il s'agit de savoir maintenant ce qu'il exige de nous dans les différentes circonstances de la vie. Nous passons donc des principes à l'application. Nous savons ce qu'est le devoir en général, et quel langage il tient; voyons maintenant quels sont nos devoirs^ c'est-à-dire, comment les formules générales et abstraites de l'obligation morale s'appliquent aux circonstances principales dans lesquelles nous pouvons nous trouver placés. — Tel est l'objet de la morale pratique.

Caraetére qu'elle doit avoir. — Pourquoi. — Malgré son nom, cette partie de la morale doit conserver encore un caractère tout théorique. Il ne s'agit nullement, en effet, de descendre dans le détail infini des cas de conscience, ce qui serait inutile et impossible; nous éviterons même avec un soin tout particulier de nous égarer dans les subtilités de la casuistique*. Ce que nous avons à faire, c'est de fixer avec une précision crois* santé les principes de la conduite, en montrant comment les formules suprêmes précédemment établies suffisent à tous les cas particuliers et doivent régler tous nos actes. Il ne sera point nécessaire, pour cela, de pénétrer dans toutes les moindres circonstances de la vie, d'examiner par le menu tous les conflits possibles entre les différents devoirs. Il nous suffira de montrer par quelques exemples qu'il n'est pas de conflit sérieux et vraiment intéressant que les lumières de la théorie ne nous permettent de résoudre.

Il est d'ailleurs une autre raison pour laquelle on doit conserver un caractère théorique à la morale pratique. L'idéal* ne s'altère que trop en passant dans le domaine des faits ; que deviendrait-il, si nous étions tout d'abord préoccupés de le montrer en lutte avec les mille difficultés de la pratique? Nous risquerions fort de le perdre de vue. Partons donc du devoir pur^ posons d'abord les cas les plus généraux et les plus simples, appliquons-y rigoureusement les principes qui doivent régir les actes essentiels de la vie. Il sera temps de compter ensuite avec les difficultés : nous aurons d'ailleurs soin d'indiquer toujours les principales et de les discuter en passant dans la mesure du nécessaire.

li'état de paix et l'état de guerre. — Un moraliste

contemporain, M. Renouvier*, faità ce sujet une distinction excellente : cherchant à élucider les différents devoirs de la vie sociale, il considère à part ce qu'il appelle « Vétat de paix et Vétat de guerre. » Nous ferons comme lui. Nous nous demanderons avant tout, sur chaque point, ce que prescrirait le devoir pur, à. supposer que tout le monde l'observât, ce qu'exigerait de nous la justice dans une société où tout le monde serait juste : en d'autres termes, nous nous placerons d'abord dans Vétat de paiXy .c'est-à-dire dans l'hypothèse de l'honnêteté générale, pour considérer les relations idéales* entre les personnes. Nous indiquerons ensuite, très brièvement, les altérations que doivent nécessairement et que peuvent légitimement subir ces relations dans Vétat de guerre. L'idéal*, disons-nous, s'altère au contact des faits ; mais ne souffrons pas que tout d'abord les faits nous altèrent l'idéal. Les hommes en société n'étant pas tous également bons et justes, une honnêteté chevaleresque est presque impossible à exiger : elle ferait des hommes qui la pratiqueraient la dupe des autres, et la morale n'a rien à gagner à ce que les meilleurs d'entre nous soient dupes des mauvais ; mais, de peur de trop accorder à ces nécessités de la défense personnelle, posons d'abord avec un soin jaloux les règles de l'honnêteté parfaite.

Tableau des devoirs. — Quels sont les principaux devoirs que nous aurons à étudier? Avant de les exposer, il est bon d'en prendre une vue d'ensemble et d'en iaire la classification.

On peut les ranger comme il suit en une sorte de tableau synoptique^.

I. Devoirs individtieU.l Devoir de consenrttion personnelle. Ceux de rindividal Devoirs de dignité personnelle, considéré en lui-< — de perfectionnement personnel, même et isolément J — de respect envers Tordre universel et de par abstraction *. \ bonté envers les animaax.

(Respect de la personne ■ ae loui nomme en- < , hnmtine.

vers tout homme. / „ ^ ^ ^,A ^"°"''' ^r ,, -, . . . V B. De charité. { vouement

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