‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 115 sur 252 · GANGRÈNE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

GANGRÈNE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS - TRAITEMENT

se renouvellent, les réactions sont plus incomplètes et la gangrène survient enfin . Le spasme vasculaire, tel est donc l’élément important de la gangrène symétrique. Or, les expériences physiologiques, celles de Brown-Sequard et de Schifif ayant prouvé que la moelle possède un certain nombre de véritables centres vasomoteurs échelonnés de bas en haut, Raynaud a pensé que la cause de l’asphyxie locale et de la gangrène consécutive réside, èn dernière analyse, dans une lésion d’une do ces parties de la moelle.

, Cette lésion est -elle un état phlegmasique ?

— — — une sclérose interstitielle?

Y a-t-il action réflexe perçue par ce point de la moelle et réfléchie sur les extrémités ?

L’effet dépend-il de l’action d’un poison qui, à un moment donné, peut irriter cette région médullaire?

Il est certainement difficile de seprononcer ; mais, en tous cas, en acceptant cette étiologie d’origirle nerveuse, on comprend mieux que la maladie se rencontre chez la femme névropathique. En d’autres termes, la gangrène symétrique des extrémités a son point de départ initial dans une perturbation d’une des parties de la moelle, cette perturbation pouvant dépendre dans bien des cas de la perception par une partie de la moelle de quelque incitation réflexe venue de l’utérus, par exemple. Nous aurions certainement moins insisté sur. la succession de ces phénomènes morbides, si l’on n’avait pas déduit de ces idées quelques indications thérapeutiques.

Traitement. — - Comme traitement de la gangrène symétrique, Maurice Raynaud a cru devoir proposer l’emploi des courants continus pour modifier l’action de la moelle. De plus, comme cette perturbation médullaire peut elle-même dépendre d’un état utérin, il sera nécessaire de diriger toute son attention dans ce sens. Ces deux indications constituent le traitement que l’on peut appeler le traitement rationnel de la gangrène symétrique.

QUINZIÈME LEÇON

En outre, il est évident que l’on devra employer les diversmoyens que nous avons indiqués déjà pour le traitement de la gangrène spontanée, moyens médicaux et moyens chirurgicaux. Nous n’avons pas à revenir sur cette question.

E. Des gangrènes dans les diverses maladies. — Il nous reste, en dernier lieu, à vous présenter quelques considérations sur les gangrènes survenant dans les diverses maladies. Nous vous exposerons cette question plus rapidement. Ce sujet se rapporte, en effet, un peu plus spécialement à la médecine, et, du reste, la plupart de ces divers cas de gangrène pourraient être très bien, au point de vue de leur cause intime, considérés comme des cas de gangrène spontanée d’origine vasculaire.

Quoique les auteurs anciens aient donné déjà la relation de certains faits de gangrènes survenant dans les fièvres malignes (Morgagni, Delamotte, Fabrice de Hilden), ce n’est toutefois que de nos jours que l’on a cherché à pénétrer d’une façon plus exacte le mécanisme de ces phénomènes pathologiques.

Il n’est guère de maladies qui ne puissent s’accompagner de gangrène; mais leur siège, leur fréquence varient un peu pour chacune d’entre elles. Le processus gangréneux se modifie souvent suivant l’état pathologique à la suite duquel la mortification survient. Il est tout naturel, par conséquent, d’établir d’avance quelques catégories. D’une façon générale, l’accident gangréneux survient à la suite de toutes les pyrexies, de toutes les maladies quand elles ont amené promptement un état adynamique grave, lorsque l’altération primitive ou secondaire du sang a déterminé ce que l’on a appelé l’inopexie, c’est-à-dire la tendance marquée à la coagulation de la fibrine, à la formation de thromboses que Virchow a cru devoir appeler marasmatiques.

Nous passerons plus particulièrement en revue les gangrènes que l’on voit survenir dans les états aigus suivants :

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