GANGRÈNE A LA SUITE DE LA FIEVRE TYPHOÏDE
i La fièvre typhoïde;
ILes fièvres éruptives;
Quelques maladies aiguës, telles que la pneumonie, le rhumatisme;
L’état puerpéral.
Nous examinerons d’une façon spéciale la gangrène chez les diabétiques.
Quant aux gangrènes que l’on a signalées à la suite de l’albuminurie,
Ide la syphilis,
de la goutte,
de l’alcoolisme,
. . . ( cancer,
des cachexies ...
( phtisie,
ce sont là des cas de gangrène qui représentent complètement la gangrène spontanée, la gangrène dite sénile, que nous avons déjà étudiée; nous les signalerons seulement.
De la gangrène à la suite de la fièvre typhoïde. — L’histoire de la gangrène dans la fièvre typhoïde est de date récente ; même dans l’ouvrage de Louis il n’en est pas question.
C’estle docteur Bourgeois (d’Etampes), qui le premier en relata deux observations dans les Archives de Médecine du mois d’août 1857. Le sphacèle comprenait la totalité d’une jambe dans l’un de ces cas, et des deux dans le second. En 1847, cependant, un fait du docteur Léon Blondeau avait été publié dans la Clinique de Trousseau.
Béhier, dans un rapport sur les deux observations du docteur Bourgeois, refusa toute influence à la maladie typhique, et pour lui les seules gangrènes qui surviennent plus spécialement après la fièvre typhoïde étaient les gangrènes profondes que l’on voit se développer sur des parties au niveau desquelles des pressions plus ou moins fortes ont été exercées.
Depuis lors, en 1861, le docteur Gigon rapporta quatre observations de gangrène dans une épidémie d’Angoulème.
QUINZIÈME LEÇON
Enfin, en 1863, Patry a publié dans les Archives un travail important après lequel il est bien difficile de ne pas accepter la réalité de cette étiologie. Signalons, en dernier lieu, la thèse de Chauveau, en 1878 (Essai critique sur les gangi-ènes en masse dans la fièvre typhoïde). De l’ensemble de ces divers travaux, il est possible de formuler quelques observations générales sur les particularités que présente le processus gangréneux survenant après la fièvre typhoïde.
l°La fièvre typhoïde offre au plus haut degré réunies toutes les causes prédisposantes et occasionnelles delà gangrène.
2° Ces accidents surviennent habituellement dans les cas de fièvres typhoïdes graves, le plus souvent chez les sujets jeunes ou adultes, de quinze à quarante ans.
3° La gangrène des extrémités dans la fièvre typhoïde atteint surtout les membres inférieurs, parfois les deux simultanément. C’est, en général, pendant la convalescence, ou du moins au déclin de la maladie, que l’on voit se produire les accidents, dans le troisième septénaire, du treizième au vingtième jour.
4° Les diverses gangrènes que l’on voit se produire après la fièvre typhoïde peuvent se diviser en deux catégories : les unes surviennent à la suite de pressions plus ou moins prolongées au niveau de certaines régions; les autres, que Chauveau appelle gangrènes en masse, sont de cause vasculaire.
5° L’interprétation des causes immédiates est assez controversée.
I 1° Les uns ont pensé que l’artérile devait être considérée comme cause des accidents. Le professeur Potain a fourni, il y peu de temps, quelques observations démonstratives de cette opinion.
2° Pour Hayem, pour Benni, la tendance aux thromboses, augmentée par la faiblesse du cœur, est le fait initial que l’on rencontre le plus souvent.
3° Enfin l’embolie n’est pas non plus un fait rare.