‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 128 sur 252 · PRONOSTIC DE L’EMBOLIE · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DE L’EMBOLIE

tantôt l’autre prédominant, et l’on comprend alors ce syndrome complexe, l’infection purulente, la résorption purulente de quelques auteurs, syndrome pour lequel Virchow a proposé la dénomination de pyo-septicohémie voulant indiquer par là l’adultération du sang, soit par les particules emboliques, soit par les substances putrides liquides ou gazeuses.

Le processus embolique permet encore, comme nous l’avons déjà dit, de comprendre la genèse des abcès métastatiques; seulement, dans ce cas, il est une observation importante que vous devez retenir : dans la métastase, il y a certainement autre chose que le fait embolique. L’embolie est de sa nature un phénomène aveugle et passif ; l’embolus est comme un corps qui flotte à la dérive et qui échoue là où le courant le porte. Dans la métastase, il y a toujours, au contraire, des localisations spéciales, constantes, se faisant toujours dans le même sens.

On a voulu aussi regarder comme un fait embolique les dépôts d’acide urique et de phosphates qui s’opèrent dans la goutte ; les dépôts de sels d’argent et de sels de plomb, lorsque des particules de ces substances ont pénétré dans le sang. C’est une erreur. Ces substances diverses se trouvent, non pas comme des corps solides suspendus dans le sang, mais en dissolution, et c’est après leur exosmose capillaire qu’elles se solidifient. Il n’y a là, en réalité, aucun phénomène qui ressemble à l’embolie.

Nous avons à peu près rempli le cadre que nous avions tracé; il nous reste à apprécier en peu de mots le pronostic de l’embolie et son traitement.

Pronostic. — Le pronostic du processus embolique est toujours ; sérieux l’ensemble des symptômes quenous avons passés en revue, soit pour les embolies pulmonaires, soit pour les embolies artérielles, le démontre assez complètement. Il nous paraît inutile d’y insister de nouveau. Vous n’oublierez, du reste, jamais la possibilité de la guérison soit par suite de l’enkystement de l’embolus, comme l’ont démontré les observations de

DIX-SEPTIÈME LEÇON

Collin et de Verneuil, soit par suite de la désagrégation et de la fluidification du caillot embolique.

Traitement. — Pour le traitement, il semble, au premier abord, que les notions assez exactes que l’on possède sur les troubles anatomiques et physiologiques de cet accident doivent conduire à une thérapeutique bien rationnelle et d’une efficacité sérieuse. Il n’en est rien, et, du reste, quand on y réfléchit, on voit bien vite qu’il est impossible qu’il en soit autrement. En effet, l’indication importante serait de lever l’obstacle qui siège dans le calibre d’une artère et de le faire aussi rapidement que possible, puisque bien souvent les accidents évoluent avec une rapidité effrayante; mais le plus souvent cette indication causale est malheureusement impossible à réaliser.

L’indication mordide qui consisterait aussi à rétablir ultérieurement la perméabilité du vaisseau échappe de même complètement à la thérapeutique. Il ne reste donc, en définitive, que l’indication symptomatique qui vous permettra seulement d’être utile au malade en combattant le mieux possible les accidents consécutifs. Formulons cependant quelques conseils thérapeutiques.

1° Lutter contre l’inopexie. Les acalins, dans une certaine mesure, ont été préconisés dans ce but . Legroux, Bail, Jacquemin, Schutzenberger attachent une certaine importance à l’emploi du bicarbonate de soude.

2° Si un caillot veineux existe, prendre toujours les précautions les plus grandes pour que ce caillot ne puisse pas être mis en mouvement. Pendant les suites de couches surtout, si une malade présente tant soit peu des symptômes d’une thrombose localisée, un peu d’œdème, par exemple, au niveau d’un membre, un peu de douleur, recommander avec une persistance excessive, vingt -cinq, trente, trente- cinq jours du repos le plus complet.

3° On a conseillé quelquefois des mouvements brusques et

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