TRAITEMENT DE L’EMBOLIE
saccadés pour désobstruer des parties où des embolus seraient arrêtés. Ainsi dans des cas d’accidents de dyspnée très intenses et très graves, on imprimerait des secousses violentes à tout le corps, comme pour atteindre par contre-coup la barrière fibrineuse; on fait des pressions rapides sur le thorax, on sollicite par des applications froides sur la région précordiale quelques contractions musculaires favorables à la marche du caillot.
Duval a rapporté un exemple de guérison par l’électrisation localisée, dans un cas de gangrène spontanée des doigts attribuée à la présence d’embolies.
Ces divers conseils n’ont pas encore pour eux la consécration d’observations nombreuses ; mais il est évident qu’en face d’une lésion qui laisse si peu de chance de conserver la vie, • ils devraient être employés; il faut quelquefois si peu de chose pour changer l’asphyxie mortelle en une dyspnée qui vous permet encore l’espoir de la vie.
4° Vous soutiendrez les mouvements de réaction si la nature lutte; ainsi vous aurez souvent à combattre les diverses complications qui peuvent survenir :
Pneumonie,
Pleurésie,
Altérations du sang,
Encéphalite,
Inflammation d’autres viscères.
Enfin, comme opinion exceptionnelle, notons que William (de Swansea) a cru devoir conseiller chez un malade l’opération suivante :
Dans un cas d’embolie de la fémorale {Lancet, juill.,1862), le chirurgien anglais proposa l’ouverture de la veine, l’extraction du caillot, le rétablissement du conduit veineux et de la circulation dans des conditions normales en opérant de suite le rapprochement des lèvres de la plaie et en le maintenant par une suture bien complète. Ajoutons que le malade eut la bonne idée de guérir sans avoir eu recours à l’habileté de l’ opérateur.
Berne. — Palk. chir.
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DIX-HUITIÈME LEÇON
Étude des thromboses: définition, étiologie. — Causes susceptibles de déterminer la coagulation du sang: 1° Causes susceptibles de suspendre ou de ralentir la circulation.—2° Causes modifiant l’intégrité de la membrane vasculaire. — Lésions traumatiques des artères, des veines. — Lésions traumatiques dans les tissus. — Lésions inflammatoires des artères, des veines, du cœur. — Corps étrangers dans les vaisseaux. — '3° Causes modifiant la composition du sang: causes physiques, chimiques, vitales. Pour quelques auteurs, thromboses spontanées ou marastiques et thromboses mécaniques. — • Anatomie pathologique des thromboses. — Thromboses du cœur. — Symptomatologie. — Thromboses artérielles. — Caillots actifs. — Caillots passifs. — Symptomatologie. — Thromboses veineuses. — Anatomie pathologique et symptomatologie. — Symptômes spéciaux des thromboses de la veine porte et des thromboses des sinus de la dure-mère. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.
Messieurs,
Nous venons cle nous occuper des infarctus et des embolies en vous citant bien souvent le mot de thrombose; il nous reste à vous entretenir maintenant de ce phénomène, phénomène si intimement lié aux symptômes que nous venons d’analyser.
Définition. — On donne le nom de thrombose à l’obturation réalisée sur place dans un point quelconque du système circulatoire par une concrétion sanguine. Le coagulum est appelé thrombus. Dans l’embolie, l’oblitération vasculaire était, au contraire, le fait d’une concrétion sanguine qui avait émigré d’un point quelconque du système circulatoire en venant se fixer dans le point obstrué.
Le mot de thrombose vient de Opi(j.coGiq, conversion en grumeaux; c’est Virchow qui s’en est servi le premier pour désigner le processus que nous allons étudier.
DIX-HUITIÈME LEÇON
La thrombose peut se réaliser clans tous les points du système circulatoir : cœur, artères, veines, capillaires. Examinons tout d’abord les diverses causes susceptibles d’amener ce
résultat.
Etiologie de la thrombose. — Lorsque l’on cherche à se rendre compte des causes de la coagulation du sang, soit quand ce liquide est retiré des vaisseaux, soit quand il circule encore dans le système vasculaire, on constate bien vite que le mécanisme de ce phénomène, ses conditions physiques ou chimiques sont loin d’être connus encore parfaitement. Aussi les théories qui tendent à l’expliquer sont-elles des plus nombreuses.
Pendant la vie, lorsque le liquide sanguin circule dans les vaisseaux, voici ce que l’on peut dire de plus général au sujet de sa coagulation.
Pour que le sang puisse maintenir sa fluidité, il faut que le mouvement d’impulsion soit conservé, que les parois vasculaires soient intactes et que la composition du sang soit normale.
En d’autres termes, les causes qui amèneront la coagulation du sang peuvent se diviser en trois catégories :
A. Causes susceptibles de suspendre ou de ralentir le courant sanguin.
1 B. Causes modifiant l’intégrité anatomique de la membrane vasculaire.