DE L’ULCÉRATION — DÉFINITION
3° À la suite de ces premiers troubles de circulation, on voit bientôt quelques caillots se former dans les vaisseaux ; il en arrive ainsi dans toute partie enflammée. La circulation est alors plus ou moins gênée : la nutrition des tissus tend dès lors à s’altérer, les éléments comprimés recevant moins de sang pour les nourrir.
Souvent un peu de pus apparaît : or, du pus, c’est déjà le passage à l’état de globules purulents, soit des éléments du tissu cellulaire (théorie de Virchow), soit des éléments mêmes du sang (théories nouvelles). En tout cas, ce phénomène indique toujours une détérioration plus ou moins prononcée dans la nutrition des tissus.
- 4° La nutrition pervertie conduit bientôt à l’élimination des particules élémentaires ; en d’autres termes, à la mortification, à la gangrène moléculaire.
La solution de continuité est alors réalisée, l’ulcération est produite. Quelquefois la gangrène, au lieu d’être simplement moléculaire, se rapproche de la gangrène ordinaire que nous avons décrite; on voit alors de larges lambeaux gangrenés s’éliminer et l’ulcération marcher avec beaucoup plus de rapidité, par zones concentriques ou par couches successives. On dit alors volontiers que l’ulcération est gangréneuse.
En résumé, le processus ulcératif comporte :
Une première période | congestive,
( inflammatoire;
Une deuxième période
| d’altération nutritive,
\ de mortification, de gangrène élémentaire,
( quelquefois de gangrène ordinaire.
Pour compléter la description des phénomènes que comporte l’ulcération, notez les observations suivantes:
1° L’ulcération peut être primitive ou consécutive ; primitive, c’est- a- dire que la solution de continuité ulcéreuse survient dans
un endroit où aucune lésion n’existait antérieurement ; consécutive, l’ulcération survient, au contraire, au niveau d’une plaie ou de toute autre solution de continuité par vulnération .
2° Bien qu’à la rigueur l’ulcération puisse se manifester dans l’épaisseur comme à la surface des organes, cependant cette forme spéciale de solution de continuité doit être regardée comme appartenant plus particulièrement aux surfaces tégumentaires, peau, muqueuses et tissu cellulaire ; mais elle peut survenir aussi au niveau de tous les tissus, au niveau des tissusdurs comme au niveau des tissus plus mous.
La véritable ulcération osseuse, la gangrène moléculaire osseuse, c’est la carie.
L’ulcération osseuse à processus gangréneux ordinaire, c’est la nécrose.
3° Il est permis de conserver quelques doutes sur l’ulcération primitive
; des veines,
} des nerfs,
) des tissus fibreux,
( des muscles.
L’ulcération qui se fait toujours difficilement au niveau du tissu fibreux explique l’ouverture toujours tardive des abcès sous -aponévrotiques et les trajets sinueux qu’ils décrivent avant d’arriver au dessous des téguments.
4° L’ulcération existe parfaitement au niveau des tissus néoplasiques ; nous aurons à nous en occuper à propos de l’évolution des tumeurs.
5° Le processus ulcératif peut se réaliser d’une façon aiguë ou d’une façon chronique. Lorsque l’ulcération se fait rapidement, à la peau, par exemple, lorsqu’un abcès vient à s’ouvrir à l’extérieur, la solution de continuité qui s’est opérée persiste peu longtemps. La réparation, la cicatrisation s’effectuent le plus souvent rapidement; il n’y a pas, à vrai dire, dans ces