‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 139 sur 252 · THÉORIES DE L’ULCÉRATION — THÉORIE ANCIENNE · texte numérisé non relu

THÉORIES DE L’ULCÉRATION — THÉORIE ANCIENNE

conditions, d’ulcère de produit ; il n’y a qu’un fait passager d’ulcération qui se répare facilement.

6° Le processus ulcératif chronique dure habituellement tout le temps que la cause interne persiste.

7° Le travail ulcératif, une fois commencé, progresse habituellement pendant un certain temps, ou du moins reste stationnaire. Cependant, à un moment donné, la cicatrisation s’opère grâce à une inflammation nouvelle ; le processus inflammatoire se rencontre donc au début et à la fin de l’ulcération. Au début, l’inflammation favorise la solution de continuité des tissus, elle entrave la circulation, elle détermine l’œdème, elle devient, en un mot, la cause des troubles nutritifs qui aboutissent à la mortification moléculaire. Au moment où l’ulcération s’arrête, l’inflammation, en suscitant des sécrétions plus plastiques, met, au contraire, un terme au travail pathologique et favorise la réparation de la solution de continuité.

Nous venons de définir l’ulcération, de décrire^ les phénomènes qu’elle comporte, examinons actuellement les diverses théories qui ont été proposées pour expliquer ce fait pathologique.

Théories de V ulcération. — Les théories qui ont été proposées pour se rendre compte de l’ulcération, peuvent se diviser en trois groupes :

l°La théorie ancienne ;

2° La théorie de Hunter, ou théorie de l’absorption ulcérative ;

3° La théorie actuelle ou théorie de la gangrène moléculaire, théorie de l’élimination.

1° Théorie ancienne. — La théorie ancienne est facile à exposer et facile â comprendre. Les anciens auteurs avaient émis l’opinion que, dans les cas d’ulcération, les tissus vivants s’éliminaient par suite de l’action corrosive qu’exerçait sur eux un liquide nuisible développé au niveau même de la partie qui s’ulcérait.

Lephénomène était pour eux semblable, par exemple, à celui que l’on observe lorsqu’une certaine quantité d’acide sulfurique ou d’acide nitrique vient à corroder plus ou moins fortement les parties vivantes.

Cette théorie qui, au premier abord, semble par trop simple, n’est cependant pas aussi éloignée qu’on pourrait le croire des idées actuelles. Au lieu des mots : liquide acre, liquide corrodant les tissus, mettez seulement les expressions d’éléments morbides déterminant l’irritation des parties, entravant le travail nutritif, et vous aurez, comme nous le verrons dans un instant, deux théories bien près d’être semblables.

Cette théorie ancienne prise à la lettre ne peut, du reste, s’appuyer sur aucune preuve bien directe. Dans les cas cependant d’accumulation d’acide urique dans l’économie, la présence de cet acide est souvent une cause d’irritation locale pour les parties au niveau desquelles l’élimination s’est opérée. Il y a bien là réellement un effet directement nuisible de cet agent sur les tissus.

2° Théorie de Hanter. — • Pour Huuter, les faits devaient être interprétés de la manière suivante.

Le physiologiste anglais établissait un certain rapprochement entre la nutrition et l’ ulcération; voici comment : Le phénomène si compliqué de la nutrition peut, en définitive, se résumer en deux mouvements organiques :

( l’un de composition, deformation, d 'assimilation;

| l’autre de décomposition, de déformation, de désassiv milation.

Le premier mouvement, d’assimilation, s’opère par l’intermédiaire des artères qui conduisent les éléments nutritifs à toutes les parties du corps.

Le second mouvement, de décomposition, se réalise, au contraire, par l’action des vaisseaux absorbants, des vaisseaux lymphatiques qui sont chargés de transporter les matériaux d’élimination. Habituellement ces deux mouvements se compensent

Page 1