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COMPLICATIONS LOCALES

l’on voit alors survenir des abcès plus ou moins volumineux.

L’inflammation peut même s’étendre jusqu’aux os, et dans quelques cas Follin a constaté des oblitérations consécutives du canal médullaire.

Lorsque l’inflammation existe au niveau même de la surface ulcérée, la douleur est alors plus vive ; le liquide secrété est plus abondant; il contient tout naturellement une plus grande proportion de sang ; ce sang se décompose rapidement, devient fétide, de là l’odeur habituellement insupportable de ces ulcères. Les bords sont plus tuméfiés, le fond plus grisâtre, et vraiment en présence de ces caractères on a souvent beaucoup de peine à distinguer s’il n’y a pas complication de pourriture d’hôpital.

L’inflammation dans les ulcères dépend presque toujours de mauvais pansements, de marches forcées, d’écarts de régime.

7° L’inflammation peut s’accompagner de phénomènes gangréneux; tantôt des lambeaux mortifiés s’éliminent comme dans un cas de gangrène ordinaire, tantôt la surface de l’ulcère se recouvre de matière pulpeuse comme s’il s’agissait de pourriture d’hôpital.

8° On voit survenir dans quelques conditions des complications hémorragiques ; l’accident est assez rare sauf dans les cas d’ulcères simples variqueux.

9° Quelquefois les ulcères acquièrent à leur surface et au niveau des bords une dureté remarquable, ils sont alors compliqués de callosités. Ces callosités ne sont que le résultat de l’infiltration des diverses parties de l’ulcère par des produits fibrineux sécrétés en plus grande quantité.

Il est, du reste, difficile de bien s’expliquer la cause de cette complication. Boyer pensait qu’elle dépendait d’inflammations successives plus ou moins répétées au niveau des surfaces ulcérées, inflammations dont la résolution ne se serait jamais

opérée complètement. Nélaton a fait observer, au contraire, qu’il est rare de voir cette complication survenir après l’inflammation de l’ulcère. Pour lui, il existerait une prédisposition individuelle, prédisposition qu’il ne spécifie, du reste, nullement.

L’ulcère calleux est assez rare chez les jeunes sujets, vous le rencontrerez plus souvent chez les malades d’un certain âge. 11 se présente habituellement avec les symptômes suivants :

a) Il est de forme ovalaire.

b) Les bords sont durs, saillants plus ou moins arrondis. La perte de substance semble faite à l’emporte-pièce.

c) Le fond est lisse, d’un rouge sale, dépourvu de bourgeons charnus, quelquefois fendillé. Peu de pus, mais souvent de la sérosité plus ou moins infecte.

d) L’ulcère calleux est habituellement peu douloureux ; la température est rarement plus élevée que normalement.

e) C’est dans ce cas que l’on voit souvent le travail patholologique se continuer jusqu’à l’os. Celui-ci est gonflé, épaissi, induré (ostéo-périostite consécutive).

f) Nélaton a fait le premier la remarque que le système pileux et l’épiderme offraient souvent alors un développement considérable. L’on rencontre fréquemment dans ces condi tions, au voisinage [des parties ulcérées, des plaques épaisses, sous forme de croûtes jaunâtres ; on dirait du pus concret; ce ne sont que des squames épidermiques.

g) Au point de vue physiologique, notez les particularités suivantes : l’ulcère calleux offre une grande tendance à persister indéfiniment, la cicatrisation ne s’en opère jamais qu’avec une lenteur extrême.

Quelquefois, lorsque la guérison tend à avoir lieu, elle se fait avec une rapidité très grande; le travail de la cicatrisation est même si prompt que la cicatrice d’un jour à l’autre arrive à couvrir toute la surface ulcérée. La perte de substance n’a pas, dans ces conditions, le temps de se combler; aussi lorsque la

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