COMPLICATIONS LOCALES - ULCERES VARIQUEUX
guérison est achevée, on constate au niveau de l’ulcère une dépression profonde. On dirait volontiers qu’un coup de hache à été donné sur les parties malades.
10° En dernier lieu, l’ulcère peut être compliqué de varices. Tantôt les varices sont primitives, tantôt elles sont consécutives. Quand elles sont primitives, Boyer prétendait qu’elles agissaient surtout pour déterminer l’ulcère par suite de l’œdème qui en était toujours le résultat.
Pour beaucoup d’auteurs, les ulcères simples des membres inférieurs sont presque toujours des ulcères variqueux. Les recherches de Verneuil et Ledentu autorisent à admettre cette opinion. Souvent, en effet, alors même qu’il n’existe pas de varices superficielles, les veines profondes présentent de la phlébectasie. Néanmoins pour que l’ulcère soit dit positivement variqueux, il faut que des veines superficielles apparentes présentent cette complication d’une manière bien complète. Dans ces conditions :
a) L’ulcère présente un aspect violacé ; des veines variqueuses rampent sur les parties latérales.
b) Les sécrétions de l’ulcère deviennent le plus souvent d’une fétidité excessive, ce dont il est facile de se rendre compte ; cela dépend, comme dans les cas d’ulcères hémorragiques, du sang qui s’épanche facilement à la surface et qui se décompose .
c) L’ulcère siège habituellement à la malléole interne.
d) D’après quelques auteurs, on doit craindre, dans ces conditions, des hémorragies souvent très abondantes. Ce symptôme semble tout naturel, puisque les veines variqueuses sont plus susceptibles de se rupturer. Cependant, même quand une veine variqueuse vient à se rompre, l’hémorragie n’est pas habituellement très grave. Les veines variqueuses sont, en effet, souvent enflammées, des caillots intra-vasculaires se forment, souvent un peu de phlébite adhésivese réalise, et, dans ces conditions, l’écoulement sanguin est toujours limité.
Comment la présence des varices agit-elle pour déterminer
la formation de l’ulcère ? On peut, croyons-nous, donner de ce fait les explications suivantes :
1° Les varices occasionnent souvent de l’œdème, œdème qui ramollit les tissus : que la moindre inflammation survienne et l’ulcération se réalise alors.
2° Les veines variqueuses, en se dilatant outre mesure, com priment les tissus voisins ; ces tissus comprimés reçoivent nécessairement des éléments nutritifs en moins grande quantité ; ils s’amincissent ; la peau, en particulier, devient moins épaisse; sa coloration violacée indique que la circulation se fait dans de mauvaises conditions, et elle se déchire alors comme une étoffe qui aurait subi une détérioration sérieuse.
3° La solution de continuité peut commencer quelquefois par la veine. Tantôt la veine variqueuse distendue s’amincit et se déchire, tantôt elle s’enflamme ; l’inflammation conduit à la production d’un abcès qui s’ouvre à l’extérieur: de là une première solution de continuité qui ne tarde pas à s’agrandir.
4° Dans sa thèse de 1877, que nous avons eu déjà l’occasion de citer, le docteur Séjournet explique les phénomènes de la manière suivante :
Au voisinage des varices, les nerfs présentent presque toujours un névrilème épaissi, induré. Dans les ulcères variqueux, on a signalé une hypertrophie considérable des papilles du derme; la compression des veines variqueuses sur les nerfs modifie sérieusement leur état anatomique. Cette altération des nerfs détermine des troubles nutritifs qui deviennent euxmêmes une cause de l’ulcération. En d’autre termes, l’ulcère variqueux, comme l’ulcération spéciale que nous aurons à décrire plus tard sous le nom de mal perforant, serait sous la dépendance de troubles trophiques déterminés par la compression des rameaux nerveux, compression occasionnée elle-même par la dilatation veineuse. L’anesthésie, l’hyperesthésie, les troubles de la thermo-sensibilité, que nous avons signalés en nous occupant des symptômes de l’ulcère, existent toujours