ANATOMIE PATHOLOGIQUE — PRONOSTIC
d’une façon beaucoup plus prononcée au niveau de l’ulcère variqueux.
Vous trouverez dans quelques auteurs la mention de l’ulcère vermineux. Des vers peuvent, en effet, se rencontrer à la surface de l’ulcère ; cette particularité ne mérite pas une distinction spéciale. On peut constater la présence de vers dans tous les ulcères ; il suffit pour cela que les soins de propreté aient été négligés.
Après avoir passé en revue les symptômes locaux de l’ulcère et ses complications, il semblerait naturel d’examiner les symptômes généraux. Mais ces symptômes généraux sont à peu près nuis, et à moins que des complications gangréneuses ne surviennent, ou peut dire que l’ulcère le plus souvent ne détermine pas de troubles généraux sérieux.
Après les détails dans lesquels nous avons cru devoir entrer, soit à propos de la symptomatologie de l’ulcère, soit à propos des complications, il nous semble inutile d’analyser d’une manière bien complète l’anatomie pathologique de l’ulcère. Cette étude a été assez négligée jusqu’à ce jour. Vous trouverez cependant dans l’ouvrage de Billroth quelques indications que nous nous empressons de vous signaler. Elles démontrent ce que nous avons dit antérieurement, qu’il y a dans l’ulcère des symptômes dus à un processus inflammatoire chronique.
1° La peau dans les parties voisines de l’ulcère est parcourue par des vaisseaux dilatés ; elle est tuméfiée par une infiltration en partie séreuse et en partie plastique.
2° Les papilles du derme sont manifestement hypertrophiées.
3° L’épiderme qui entoure l’ulcère, est épaissi, hypertrophié.
4° Au niveau même de l’ulcère, on note une fonte purulente avec désagrégation moléculaire du tissu enflammé 'et dénudé.
Pronostic. — Pour le pronostic de l’ulcère, gardez le souvenir des propositions suivantes :
1° La lésion n’est pas habituellement très grave, et certainement l’ulcère entraîne rarement une terminaison fatale.
2° Néanmoins, comme l’ulcère ne guérit pas habituellement d’une manière spontanée; comme la guérison quand, elle a lieu, n’est habituellement que temporaire; comme les complications peuvent être quelquefois plus sérieuses, le pronostic doit cependant être considéré comme d’une gravité relative; ainsi dans la Lancet de 1875, vous trouverez l’observation d’une gangrène des deux jambes à la suite d’une thrombose qui avait pour origine un ulcère de la jambe droite. (Ilulk Chronic ulcers of both legs dry gangrené of both legs. Graduai in right. Subders in left.)
Observation semblable en 1876: Le même auteur a vu, au niveau de deux ulcères anciens siégeant aux deux jambes, une thrombose des artères tibiales droites se prolongeant jusque dans l’aorte. Le danger, la gravité seront, du reste, toujours subordonnés à l’âge avancé, à la faiblesse générale du malade, à l’étendue, à l’ancienneté, aux complications de la maladie.
3° Il est un fait que nous devons vous signaler. Il y a quelques années, une Société s’est constituée en Angleterre pour faire des observations sérieuses à propos du cancer. Il résulterait des travaux d’enquête entrepris par cette Société que jamais on n’aurait constaté de cancer sur un sujet atteint d’ulcère simple aux membres inférieurs. Cette circonstance serait de nature à modifier dans un sens bien favorable le pronostic de l’ulcère.
Il nous reste, en dernier lieu, à vous entretenir du traitement de l’ulcère.
Traitement . — Le traitement de l’ulcère comporte, d’une part, un traitement général ; d’une autre part, un traitement local. Le traitement général s’adresse à l’état diathésique, lorsque l’on a à soigner un ulcère spécifique. Nous n’avons pas à examiner cette question. Néanmoins, mêmepour l’ulcère simple, il y a un traitement général à instituer. Ce traitement est destiné à combattre cet état spécial que nous avons signalé comme devant rendre compte de la localisation ulcéreuse ; seulement cet état, avons-nous dit, est difficile à bien analyser. Tantôt vous devrez