TRAITEMENT GÉNÉRAL
lutter contre une certaine tendance rhumatismale ou goutteuse, tantôt combattre un état pléthorique bien accusé; tantôt, au contraire, vous devrez chercher à relever les forces d’un malade profondément affaibli. Dans quelques cas, il sera bonde chercher à dominer cet état nerveux qui prédisposerait, d’après quelques auteurs, à l’expression de ces phénomènes d’innervation qu’ils considèrent comme cause première de l’ulcération.
Ces divers moyens constituent le traitement général rationnel de l’ulcère simple; quelques auteurs ont préconisé parfois l’emploi de quelques moyens médicamenteux sans que l’indication en soit bien légitimée. Ainsi Fayrer a conseillé l’opium à l’intérieur pour guérir l’ulcère simple, tout en ne négligeant pas le traitement local. ( Medical Times and Gaz., 1867.)
Des préparations de térébenthine ont été aussi souvent conseillées en Angleterre.
En 1860 (Gaz. Mêd.), Trastour,appès avoir employé l’iodure de potassium pour les ulcérations syphilitiques, le donna pour tout les ulcères indistinctement. Sous l’influence, dit-il, de l’iodure de potassium administré à la dose de 2 à 6 grammes, la suppuration ulcéreuse change rapidement de nature, perd son odeur fétide, l’état de la solution de continuité se modifie, l’engorgement disparaît, la douleur cesse, la guérison enfin est bientôt complète. Pour lui, l’iodure de potassium mis pour ainsi dire en contact avec l’ulcère, du dedans au dehors, le modifie molécule à molécule et favorise en même temps la résolution des engorgements voisins. La guérison par cette méthode semblerait plus facile, plus prompte à obtenir, si l’on s’aide d’un peu de compression, mais sans imposer un repos prolongé aux malades. Les observationsdanscesens ne sont pas malheureusement assez nombreuses pour que l’on puisse encore apprécier complètement ce traitement. Nous avons cru devoir vous l’indiquer cependant d’une manière spéciale. Dans la thèse de Picard de 1873 (Élude clinique de V ulcère variqueux), vous trouverez une observation où ce moyen a été mis en usage, mais sans succès.
Dans la plupart des auteurs, vous trouverez, au début de la question du traitement, la discussion de cette proposition : doiton guérir un ulcère? Le plus grand nombre des auteurs classiques Boyer, Nélaton, Follin, résolvent la question par l’affirmative, conseillant toujours de tenter la guérison, affirmant que la réalisation de cette guérison ne peut jamais avoir d’inconvénients sérieux. D’autres auteurs, surtout les anciens, ont formulé une opinion diamétralement opposée, faisant ressortir que l’ulcère était comme une soupape de sûreté, un émonctoire permettant à des productions plastiques ou humorales de s’éliminer. Si cette élimination n’avait pas lieu, le sang devait en être altéré, et des accidents graves pouvaient résulter alors de la guérison.
Il y a entre ces deux jugements une opinion pour ainsi dire mixte et qui nous semble indiquer d’une manière convenable le vrai parti à prendre.
Nul doute que, dans quelques circonstances, la suppression d’un ulcère puisse avoir des inconvénients, si le traitement ne comporte pas quelques précautions spéciales ; mais en sachant / modifier sérieusement le régime du malade,
' administrer quelques purgatifs,
( appliquer au besoin un révulsif sous forme de cautère, la guérison peut être obtenue sans dangers.
Cette opinion mixte est celle à laquelle se rattachent les auteurs du Compendium ; c’est aussi celle que nous adoptons complètement.
En résumé,
Traitement général spécial pour les ulcères diathésiques;
1° Chercher à bien se rendre compte du caractère de l’état morbide spécial qui a précédé l’ulcère.
2° Chercher à contrebalancer les inconvénients qui pourraient résulter de la suppression de l’ulcère.