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TRAITEMENT LOCAL

Traitement local. — L’ulcère simple nécessite, en outre, un traitement local. Ce traitement comporte, ce nous semble, les divisions suivantes :

11° Préceptes généraux;

2° Moyens locaux plus particulièrement appropriés au traitement des complications ;

3° Moyens locaux que nous passerons en revue sous le titre de médications spéciales.

1° Préceptes généraux. — Les précautions générales que l’on conseille pour le traitement local de l’ulcère peuvent se résumer dans les quelques préceptes suivants.

a) Placer le membre au niveau duquel l’ulcère existe dans une position convenable. On conseille souvent le repos au lit; d’une façon plus générale, il faut que la position favorise la circulation de retour. Pour se rendre compte de l’influence de la position, il suffit d’examiner comparativement une surface ulcérée, lorsque le malade garde le repos au lit et lorsqu’il est resté levé un certain temps. Dans le premier cas, l’on trouve les bourgeons rosés, rappelant un peu ceux d’une plaie en bonne voie de réparation. Au contraire, ils sont violacés, saignant au moindre contact pour peu que la station debout se soit prolongée. Gerdy est un des chirurgiens qui ont insisté le plus sur la nécessité et les avantages d’une position convenable.

Il faudra cependant ne rien exagérer. Il est évident, en effet, que le défaut d’exercice qu’entraîne forcément le repos au lit, ou même le repos, le membre inférieur étant horizontalement placé, peuvent nuire, à un moment donné, à la santé générale. Dans ces conditions si vous voyez ce résultat survenir, il vaudra mieux prolonger le traitement en permettant au malade de faire un peu d’exercice.

b) Les pansements devront être plutôt rares que fréquents. Dans un langage naïf et imagé, Ambroise Paré recommandait de ne pas déshabiller trop souvent l’ulcère.

cjNe pas chercher, au moment des pansements, à laver les

parties ulcérées avec trop de soin, trop de minutie. En agissant ainsi on enlève les matières plastiques qui pourront servir à la cicatrisation, on retarde d’autant la guérison.

d) Distinguer si l’ulcère présente les symptômes de ce que nous avons appelé la période inflammatoire ou, au contraire, ceux de la période atonique. Dans le premier cas, vous devrez employer quelques émollients, quelques cataplasmes, faire quelques applications d’eau froide; si l’ulcère présente, au contraire, les caractères de la période atonique, faites quelques pansements excitants : applications de compresses imbibées de vin aromatique.

e) Avoir toujours soin de bien protéger les bords de la surface ulcérée. C’est, en effet, au niveau des bords, que la cicatrisation commence à se faire, c’est là qu’existe la première semence épithéliale indispensable pour que la prolifération épidermique puisse se réaliser.

Lorsque les pansements seront enlevés, vous devrez prendre toujours les plus grandes précautions pour ne pas déchirer la pellicule cicatricielle qui commence à se former. Il sera convenable d’appliquer directement sur les bords de l’ulcère une petite bandelette de toile légèrement enduite de cérat. Le bord de l’ulcère est ainsi protégé, et quand le pansement est renouvelé la bandelette cératée peut facilement être enlevée sans que l’on risque de déchirer la cicatrice naissante.

Lorsque l’ulcère simple se présente dans des conditions ordinaires, il suffit le plus souvent de quelques semaines pour que ces précautions permettent la cicatrisation. Mais l’ulcère simple présente souvent des phénomènes de complications ; il faut alors combattre ceux-ci par une médication plus appropriée.

a) 2° Médication spéciale. — Si l’ulcère présente les caractères de ce que nous avons appelé l’ulcère cutané, ses bords amincis sont décollés, jugez rapidement si l’on peut espérer les ramener à un état de vitalité suffisante; sinon n'hésitez pas à les exciser.

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