‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 153 sur 252 · TRAITEMENT SPÉCIAL DE L’ULCERE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT SPÉCIAL DE L’ULCERE

b) Si l’ulcère est douloureux, outre le repos que vous imposerez plus sévèrement, conseillez des pansements avec des substances opiacées, avec l’iodoforme. En 1868, dans la Gazette des hôpitaux , Besnier et Ferréol ont fourni dans ce sens quelques observations qui méritent d’être prises en considération.

c) Dans le cas de complication inflammatoire, faites, au niveau

des parties ulcérées, quelques applications émollientes; employez quelques cataplasmes d’amidon. D’autres fois, des lotions froides, des douches froides à jet modéré suffiront pour lutter avec succès contre ces phénomènes. Quelques chirurgiens ont conseillé parfois l’emploi de la glace. Du reste, comme le plus souvent cette complication est le résultat de la fatigue, de la malpropreté, du frottement des vêtements, des pansements mal faits, des excès alcooliques, les premiers soins généraux dont nous avons parlé aideront tout naturellement à ramener l’ulcère à un état plus normal. ^

d) Si l’ulcère est atonique, exciter sérieusement la vitalité des tissus.

j Pansements à l’alcool camphré;

— au baume du commandeur ;

— à l’essence de térébenthine ;

Emploi de pommades excitantes;

Cautérisation légère au nitrate d’argent;

Cautérisation superficielle et rapide avec le fer rouge.

Les applications d’acide carbonique, préconisées par Demarquay, déterminent souvent une cicatrisation d’une rapidité étonnante. Il est, à ce sujet, une observation que vous devez connaître : dans ces conditions, la production du tissu cicatriciel se fait si rapidement que la surface ulcérée en est parfois complètement recouverte avant que la réparation des tissus sousjacents soit complète. On a alors, au-dessus delà surface malade, une pellicule cicatricielle qui n’adhère que par quelques points seulement aux tissus sous-jacents, et si l’on n’a pas soin de l’enlever là où elle n’est point fixée, on voit se former de petits

abcès entre la cicatrice et la plaie. La guérison définitive en est d’autant retardée.

Faure, dans les Mémoires de V ancienne Académie de chirurgie, conseillait quelquefois ce qu’il appelait l’exercice du charbon. La méthode consistait à approcher et à éloigner alternativement de la surface ulcérée un charbon ardent ou un fer rougi au feu, de manière seulement à faire supporter aux parties la chaleur la plus forte qu’elles pouvaient endurer sans déterminer de brûlure. Faure avait fait, à ce sujet, quelques expériencesassez intéressantes. Il avait remarqué qu’entre 40° et 50° l’ulcère rendait beaucoup de liquide, et qu’à partir decemoment, la cicatrisation marchait beaucoup plus rapidement . La sécheresse de l’ulcère avait paru autrefois à Hippocrate d’un bon pronostic : « Ulcus siccumproprius est sano, humidum non sano. »

Vous lirez dans le Traité de Pathologie chirurgicale de Terrier que pour quelques auteurs, pour le docteur Auzilhon, par exemple, l’état atonique serait une période naturelle de l’évolution des ulcères, une période indiquant, au contraire, une prochaine guérison. Il y a là, croyons-nous, une fausse interprétation de la pensée de l’auteur. L’ulcère offre bien dans son évolution une première période inflammatoire et une période suivante qui est plus atonique; mais cette phase, moins inflammatoire seulement que la période de début, ne constitue pas la complication atonique proprement dite.

e) Si l’ulcère est compliqué d’accidents gangréneux, employez surtout les antiseptiques, les désinfectants. Souvenez- vous des indications que nous vous avons données à propos du processus gangréneux.

f) Lorsque l’ulcération se complique d’état œdémateux, il sera convenable de faire quelques mouchetures avec la pointe d’une lancette, ou mieux de simples piqûres avec une aiguille très fine.

g) Dans les cas d’ulcères calleux, la médication à mettre en usage est plus spéciale* Les auteurs qui ont émis l’opinion que

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