‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 154 sur 252 · TRAITEMENT SPÉCIAL DES COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT SPÉCIAL DES COMPLICATIONS

l’inflammation longtemps répétée devait être considérée comme la cause de cette complication ont conseillé l’emploi longtemps continué des émollients, les scarifications des bords de l’ulcère; tout cela produit habituellement peu de résultats. Boyer formulait un traitement dans ce sens.

Nélaton conseille simplement le pansement avec l’eau chlorurée plus ou moins étendue d’eau, et une compression sérieuse et méthodique.

Suivant Billroth, la meilleure manière d’entretenir une congestion durable au niveau de l’ulcère calleux, pour favoriser consécutivement la formation d’un très grand nombre de cellules et de vaisseaux, consisterait surtout dans l’emploi de la chaleur humide sous forme de cataplasmes longtemps continués, alternés avec des bains d’eau chaude. On obtiendrait tout d’abord, par l’emploi de ce dernier moyen, un ramollissement artificiel du pourtour induré de 1’, ulcère et la cicatrisation se réaliserait ensuite d’une façon plus rapide et plus régulière. Zeïn a mis en usage ces moyens, et, d’après lui, cette médication devrait être regardée comme la véritable médication spécifique de l’ulcère calleux. „

Quelquefois il importe beaucoup de détruire entièrement les bords calleux de l’ulcère, soit par l’application du fer rouge, soit par l’emploi d’une pommade stibiée. Après avoir déterminé cette inflammation, on administre des bains locaux longtemps prolongés et l’on obtient ainsi de notables et assez rapides améliorations.

h) Lorsque l’ulcère est fongueux, il faut chercher à réprimer les bourgeons charnus : les cautérisations légères au nitrate d’argent, une compression méthodique suffisent souvent pour obtenir un bon résultat.

Dans un traité sur les ulcères (Pathology and treatment of chronic indolent ulcers), Clery recommande par-dessus tout l’emploi du sulfate de cuivre et de l’acide chromique. Lorsque les granulations sont arrivées au niveau de la peau* il reeom-

mande ensuite l’usage du permanganate de potasse. On fait tremper des bourdonnets de coton dans une solution de 2 à 4 grammes de permanganate de potasse pour 30 grammes d’eau; on les maintient ensuite appliqués sur la surface ulcérée en les recouvrant d’un pansement simple qu’on laisse en place quatre à cinq jours.

Chez des individus très affaiblis, l’auteur a vu une solution semblable de tartrate ferrico-potassique donner de très bons et d’assez prompts résultats.

Lorsque les ulcères sécrètent une sanie abondante et fétide, il est tout naturel d’insister sur l’emploi des désinfectants : l’acide pliénique, les solutions de perchlorure de fer sont, dans ces conditions, souvent employés. Les chlorures en solution sont peut-être les moyens qui donnent les succès les plus satisfaisants, l’eau chlorurée en particulier, que Nélaton conseillait déjà, avons-nous dit, surtout dans les cas d’ulcères calleux. Lorsque l’on emploie une solution modérément concentrée, les bourgeons charnus, flasques, volumineux, livides, prennent de la tonicité en devenant plus petits et plus consistants. La sanie diminue et devient moins fétide. La suppuration s’épaissit tout d’abord et ensuite disparaît.

Pour expliquer ces résultats que Lisfranc avait déjà signalés, on a dit que l’eau chlorurée, outre ses propriétés excitantes, avait en même temps une action chimique sur les bourgeons charnus. En effet, les hypochlorites alcalins (chlorure de chaux, de soude), au contact de l’acide carbonique contenu dans l’air, se décomposent et fournissent de l’oxygène. L’action de ce gaz sur les bourgeons charnus expliquerait alors, d’après quelques auteurs, les effets avantageux que l’on obtient. Quand on essaie l’action directe de l’oxygène, cette action est trop énergique. Avec l’eau chlorurée, le dégagement de l’oxygène se fait lentement et l’excitation se maintient dans de justes limites. Cette hypothèse indiquée dans la thèse de Picard (1873) nous semble devoir être prise en considération. En tout cas, les succès que

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