MÉDICATIONS SPÉCIALES
l’on obtient clans ces conditions ont été constatés par beaucoup d’observateurs.
10° Si l’ulcère est variqueux, il faudra songer évidemment à obtenir la guérison des varices ; ce conseil, à vrai dire, estplus facile à indiquer qu’à réaliser. Les varices superficielles qui apparaissent au niveau de l’ulcération s’accompagnent presque toujours de varices plus profondément situées ; or, en diminuant les premières par l’application de moyens spéciaux qui, du reste, ne laissent pas d’entraîner souvent certains dangers, vous favorisez le développement des veines variqueuses profondes.
Cherchez du moins à diminuer le plus possible les inconvénients qui résultent de la phlébectasie veineuse et de la gêne de la circulation : conseillez dans ce but l’application d’une chaussette, d’un bas lacé. L’ulcère variqueux est, plus souvent qu’un autre, enflammé; la sanie mélangée au sang devient facilement fétide; employez alors les lotions désinfectantes que nous venons de passer en revue. Plus que dans toute autre circonstance, recommandez le repos et le repos horizontal.
Pour le traitement des complications de l’ulcère, il est une observation générale que vous devrez avoir présente à l’esprit
ILes complications de l’ulcère varient souvent; il faudra savoir, par conséquent, varier aussi les méthodes de traitement ; même pour la guérison de l’ulcère simple, c’est une précaution qu’il faut prendre. Une surface ulcérée s’habitue, en effet, bien vite au contact de tel ou tel modificateur. Pour soutenir le travail de réparation, il sera parfois nécessaire de changer, de modifier les divers traitements, tout en cherchant toujours à réaliser les mêmes indications. La liste déjà longue des différents moyens que nous avons passés en revue vous rendra bien facile l’application de ce conseil.
3° Indications spéciales. — Nous étudierons maintenant ce que l’on peut appeler les médications spéciales de l’ulcère. Nous en indiquerons cinq principales :
Ber*e. — Path. chir.
A. La méthode de la compression par les bandelettes;
B. Les pansements à la ouate;
G. Les pansement à l’eau;
D. Le traitement par les courants électriques;
E. La cicatrisation sous-crustacée.
A. Méthode de la compression. — L’emploi delà compression constitue une méthode de traitement qui compte encore aujourd’hui de nombreux partisans. Préconisée déjà par Ambroise Paré, par Theden, par Desault, la compression devint d’abord classique en Angleterre, à une époque où Underwood et Baynton publièrent leurs travaux sur ce sujet. Le mémoire de Underwood date de 1787. L’auteur vante l’emploi des bandes roulées autour de la partie malade.
Quelques années plus tard, Baynton préconise l’emploi des bandelettes de diachylum. Roux essaya tout d’abord de vulgariser ce procédé en France, mais ce fut Ph. Boyer surtout qui eut le mérite de l’introduire dans la pratique journalière.
Ph. Boyer fît pendant longtemps l’expérience de son traitement au Bureau central et présenta, en 1840, à l’Institut un mémoire dans lequel il indiqua d’une manière complète son mode de pansement et les résultats auxquels il était arrivé. C’est le pansement généralement employé encore maintenant.
1° On entoure la partie malade de bandelettes larges de 1 à 2 centimètres; ces bandelettes doivent être assez longues pour faire une fois et demie ou deux fois le tour du membre.
2° La première bandelette est appliquée à la partie inférieure de l’ulcère, sur la partie du membre opposée à la maladie ; les deux extrémités sont ramenées sur l’ulcère lui-même et à ce niveau elles s’entre-croisent ; les deux bouts sont laissés sur les parties latérales. La seconde bandelette est mise de la même manière et r ecouvre légèrement la bandelette inférieure et de même pour les autres.
3° Le pansement se termine en appliquant sur les bandelettes