‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 156 sur 252 · MÉDICATION SPÉCIALE — COMPRESSION PAR LES BANDELETTES · texte numérisé non relu

MÉDICATION SPÉCIALE — COMPRESSION PAR LES BANDELETTES

des compresses pliées en double et assujetties par un bandage roulé. Le pansement est laissé en place sept à huit jours.

Baynton, après l’application de son pansement conseillait le repos, mais tolérait la marche; Boyer alla plus loin : non seulement il défendit le repos, mais ordonna l’exercice. Aucun régime médicamenteux, hygiénique ou alimentaire n’est à suivre, écrivait-il dans son rapport de 1840, aucun repos n’est nécessaire, la marche même est utile, et elle devient facile chez ceux qui ne pouvaient marcher qu’avec peine, parce que, dès que le pansement est fait, toute douleur cesse dans le membre.

Il est facile de se rendre compte de l’action de ce moyen thérapeutique. On a supposé que ce mode de pansement pouvait avoir une action médicamenteuse et une action mécanique. En fait, la première action doit être regardée comme à peu près nulle et la compression seule doit être regardée comme efficace ; elle détermine les résultats suivants :

1° L’emploi de ce mo a empêche tout d’abord le développement de l’œdème; or, edème, avons-nous dit, peut être considéré comme une des causes principales qui entretiennent l’ulcère.

2° Gomme les bandelettes sont laissées en place longtemps,

! comme l’on prend des précautions très grandes au moment où elles sont enlevées, que l’on a soin, par exemple, de soulever les bandelettes également, sans opérer de traction ayant pour effet de porter en dehors les bords cicatrisés, on respecte ainsi : complètement les parties cicatrisées.

3° La compression favorise la production cicatricielle : lorsque les bourgeons charnus ont comblé la perte de substance, ils s’affaissent sous l’influence du pansement ; il s’opère alors i une sorte de nivellement. Or, plus ce nivellement est parfait, plus les bourgeons constituent une couche lisse et unie, et plus aussi la cicatrisation est rapide. La raison de ce fait est facile a saisir: lorsque les bourgeons charnus sont bien séparés les uns des autres* on a sur la surface ulcérée un grand nombre

de petits mamelons, une série de saillies et de dépressions que l’épithèlium devra recouvrir successivement. Or, on le comprend facilement, ces saillies et ces dépressions augmentent notablement la surface à recouvrir, cette surface ainsi augmentée mettra un temps plus long à se recouvrir d’une couche épithéliale qui devra être ainsi plus considérable. Lorsque la compression a égalisé, au contraire, les sommets desbourgeons charnus, l’épiderme n’est plus alors obligé d’escalader chacun des petits monticules, et la cicatrisation se fait d’autant plus rapidement.

La méthode de la compression devra habituellement être laissée de côté :

a) Si l’ulcère est très douloureux ;

b) Si la peau est très susceptible* en effet, l’application du diachylum est toujours plus ou moins irritante;

c) Si l’ulcère est enflammé; il faut, dans ces cas, attendre, avant d’employer la méthode, que l’inflammation ait été combattue et dominée.

La méthode de Baynton peut être réalisée quelquefois d’une manière un peu différente. Ainsi, en Angleterre, Chapman conseillait de recouvrir la surface ulcérée de simples bandelettes de toile après avoir mis tout d’abord une compresse imbibée d’eau froide. On place les bandelettes comme des bandelettes de diachylum bien transversalement à la direction du membre, de façon qu’elles se recouvrent les unes les autres du tiers ou de la moitié de leur largeur. L’action compressive est alors à peu près la même et l’on évite au moins l’action irritante de l’emplâtre de diachylum sur la peau.

Quelques chirurgiens substituent quelquefois à ce diachylum des bandelettes différentes, des bandelettes d’emplâtre de Nuremberg, par exemple. Quelquefois on a employé des bandelettes simplement recouvertes d’ictyocolle. En 1843, le docteur Comte essaya la compression avec une simple bande de caoutchouc. Le pansement devait rester deux ou trois jours en place; le plus souvent, quand on l’enlevait, les callosités

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