‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 157 sur 252 · MÉDICATION SPÉCIALE — COMPRESSION PAR LES BANDELETTES · texte numérisé non relu

MÉDICATION SPÉCIALE — COMPRESSION PAR LES BANDELETTES

étaient moindres, la partie détergée, les bourgeons charnus d’un meilleur aspect.

Velpeau avait conseillé l’application directe sur l’ulcère d’une plaque de plomb. Quelquefois on a proposé la modification suivante: plonger les bandelettes dans de l’eau phéniquée chaude; bien laver l’ulcère au moyen d’un bain phéniqué et appliquer ensuite les bandelettes sans trop serrer. On change l’appareil tout les huit jours. (Black, Q. on the treatment of ulcers of the lecj; 1873, Britisli Med. Jour.)

En 1877, Becker a proposé le traitement par les bandelette delà manière suivante ( Die Behandlung ) : le malade reste tout d’abord vingt-quatre heures au lit, pour faire disparaître l’oedème; pendant ce temps, on maintient surl’ulcère des compresses imbibées d’une solution phéniquée forte. On place les bandelettes et par-dessus on applique un bandage roulé. On chauffe ensuite de la matière emplastique que l’on étend sur une compresse de toile et que l’on maintient sur le bandage roulé ; les tours de cette bande roulée adhèrent ainsi fortement au bandage. Lorsque les sécrétions sont abondantes, on place, entre les bandelettes emplastiques et la bande de toile, une bande de gaze phéniquée. On peut arroser alors cet appareil tous les deux ou trois jours avec une solution alcoolique d’acide phéniqué. Le bandage complet s’enlève toutes les quatre semaines, le soir. Pendant la nuit, des compresses pbéniquées sont maintenues sur l’ulcère, et le bandage est refait le matin. Après la guérison, si l’ulcère offrait une solution de continuité considérable, on ferait porter au malade une bande de tissu élastique.

B. Pansement à la ouate. — Depuis l’application, pour les diverses plaies, du pansement au coton du docteur Guérin, on a cherché à mettre en usage le même mode de traitement pour les ulcères. Le docteur Picard (loc. cil.) a fourni quelques observations sur l’emploi de ce moyen.

Le pansement avec le coton et l’immobilisation pendant un

certain temps a certainement l’avantage de diminuer la douleur et la suppuration, défavoriser le développement des bourgeons charnus que l’on retrouve toujours nombreux et vermeils, au niveau de la surface ulcérée ; mais la cicatrice, avec ce traitement, ne s’achève pas, ou du moins elle ne se forme qu’avec une extrême lenteur. Pour activer la rapidité de la cicatrisation, le docteur Picard a proposé d’enlever le bandage tous les huit ou dix jours, de faire quelques greffes épidermiques et d’appliquer ensuite un nouveau pansement à la ouate. Les quelques observations qu’il a publiées sont peu favorables à cette manière de faire.

G. Pansement à Veau. — Les pansements à l’eau, que nous avons appliqués comme pansements spéciaux, ont tenu une grande place, surtout dans la chirurgie anglaise. La méthode consiste à appliquer sur la surface de l’ulcère de simples compresses trempées dans de l’eau froide. Quelquefois on ajoute au traitement l’emploi de bains prolongés. Marjolin conseillait souvent l’emploi de cette méthode, il en avait retiré, disait-il,

de très bons effets.

D. Electricité. — L’emploi de l’électricité, dans le traitement des ulcères, mérite de vous être signalé ; vous trouverez des renseignements complets sur ce sujet dans la thèse d’Arnold (Paris, n° 74; Contribution à V étude du traitement des ulcères par V électricité , 1877.) La première publication faite sur le traitement des ulcères par l’électricité est due à Crusset. {N eue medic. chir. Zeitung , 1847, p. 235.) En 1848, Spencer Wells, médecin de la marine anglaise, publia dans le London medical Gazette , p. 296, trente observations d’ulcères traités par l’électricité dans le service du docteur Cogevina, à l’hôpital de Gorfou. En 1853, un nouvel article de lui, dans le Medical Times and Gazette , compléta le travail précédent. Depuis lors, des leçons d’Onimus sur l’emploi médical de l’électricité (1873) et quelques travaux du docteur Beard ( Journal of Physiol. mcd.; octobre, 1872) permettent d’indiquer les conclusions suivantes :

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