‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 166 sur 252 · HISTORIQUE DU PHLEGMON DIFFUS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DU PHLEGMON DIFFUS

russe Pirogoff a décrit sous le nom à' œdème purulent aigu. Billroth a ajouté cependant très intelligemment que ces inflammations sont provoquées habituellement par une infection locale septique, qu’elles s’accompagnent de suppuration étendue, de mortification des tissus, de décomposition des produits inflammatoires et d’une diffusion aussi rapide que si les symptômes étaient provoqués par l’action d’un ferment nuisible.

Ces quelques mots sur le phlegmon diffus nous semblent d’une importance capitale. Les recherches modernes, en effet, permettront peut-être bientôt de rattacher les symptômes de cette maladie à la présence d’un microbe spécial. Quoi qu’il en soit, retenez dès maintenant que la véritable définition du phlegmon doit comprendre :

I L’idée d’une cause infectieuse;

L’idée d’inflammations suppuratives diffuses ;

L'idée de décomposition rapide des produits inflammatoires;

L’idée de mortification des tissus.

Historique. — Sans vouloir décrire d’une manière complète l’histoire du phlegmon diffus, il est quelques points que nous tenons néanmoins à signaler à votre attention.

L’histoire scientifique du phlegmon diffus date seulement du commencement de notre siècle. En 1814, parut, en effet, à Londres, dans les Transactions médico-chirurgicales , un mémoire d’Hutchinson sur ce sujet. Un peu plus tard, les recherches de Colles et de Lawrence préparèrent le travail important de Duncan jeune; ce dernier est de 1824.

En France, c i sont les leçons de Dupuytren et de Béclard qui ont commencé à vulgariser la connaissance de cette lésion, et ce fut Béclard qui donna à la maladie le nom de phlegmon diffus.

En 1827, le docteur Fournier exposa les idées des deux chirurgiens français dans une thèse importante.

En 1856, Chassaignac fit paraître dans la Gazette médicale

de Paris un mémoire qui est resté ce que nous avons encore de plus important au point de vue de l’anatomie pathologique et du traitement du phlegmon diffus.

Depuis lors, plusieurs thèses, plusieurs mémoires ont été publiés. Vous en trouverez l’indication soit dans le traité de Follin, soit dans celui de Terrier, soit dans l’article de Ledentu, du dictionnaire de Jaccoud. Nous ne voulons pas analyser ici d’une manière complète ces divers travaux. Il est cependant une observation générale sur laquelle nous appelons votre attention. Bien des auteurs qui ont écrit sur le phlegmon diffus ont groupé sous ce nom des cas de phlébite , cYcmgio leucite, d’ empoisonnement septique suraigu, d’érysipèle œdémateux, de phlegmon par diffusion.

Il s’est produit pour cette affection ce qui a eu lieu pour les tumeurs blanches. La plupart des pathologistes ont, en effet, employé cette expression pour toutes les affections articulaires d’une certaine gravité, affections déterminant, par exemple, des destructions partielles et s’accompagnant d’un état purulent. De même, on trouve dans les auteurs de prétendus faits de phlegmons diffus qui très certainement ne doivent pas être considérés comme tels. Ainsi Ducan jeune, dans un relevé de divers cas de cette affection, a cité des observations d’Ambroise Paré, de Fabrice de Hilden, de Dionis, d’Abernethy qui manifestement n’appartiennent pas à cette maladie ; Chassaignac, qui a examiné avec beaucoup de soin la relation de ces diverses observations, n’hésite pas à affîmer que, sur un total de 34 cas, 15 d’entre eux ne doivent pas être considérés comme de véritables phlegmons diffus. Quelle valeur doit-on donc accorder à l’opinion de la plupart des auteurs, sur la marche, le pronostic, le traitement de cette lésion, puisqu’elle s’appuie habituellement sur des observations fausses?

Nous étudierons successivement:

f L’anatomie pathologique,

( La symptomatologie,

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