ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU PHLEGMON DIFFUS
cellulaire, empêchant ainsi la circulation cle se faire. Pour d’autres, ces phénomènes gangréneux seraient dus surtout à l’étranglement des tissus par la compression de la peau et des aponévroses arrivées aux dernières limites de leur extensibilité. Nul doute que ces deux causes n’agissent dans un même sens, et ne combinent ainsi leurs effets nuisibles.
D’autres fois, la peau se mortifie parce que, décollée, amincie privée de ses éléments de nutrition, elle arrive alors à perdre sa vitalité.
Quoi qu’il en soit, on voit, à un moment donné, des lambeaux de tissu conjonctif entraînés au dehors. Duncan, avec une certaine justesse d’expression, comparait ces débris éliminés à des morceaux d’étoupe ou à des écheveaux de fil.
Lorsque la phlegmasie a gagné les parties profondes, on voit les muscles et les tendons décollés par la suppuration et mis à nu ; les os dépouillés de leur périoste se nécrosent ; les articulations sont souvent ouvertes.
Les artères, les nerfs restent quelquefois intacts au milieu de la suppuration qui les entoure ; d’autres fois, les artères s’entiamment, se ramollissent et s'ulcèrent.
Souvent les symptômes gangréneux que nous venons de signaler, s’expriment avec les phénomènes de gangrène à processus putride, les escarres sont d’une couleur noirâtre, d’une odeur fétide ; d’autres fois, les lambeaux qui s’éliminent sont d'une teinte un peu jaunâtre, sans odeur. Il y a alors une forme de gangrène que nous avons distinguée déjà et qui paraît spéciale aux inflammations du tissu lumineux. Cette forme gangréneuse se rencontre encore dans les anthrax, dans les abcès. Robin en a donné une bonne description dans son article du tissu lamineux, publié dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales . La mortification qui se produit doit ses caractères à la formation au sein des tissus de granulations jaunes, irrégulières, en partie dénaturé graisseuse et en partie de nature probablement protéique. Ces granulations semélan-
g-ent aux fibres élastiques qui se détruisent, et l’on voit alors que ces masses plus ou moins épaisses ressemblent, comme le disait Duncan, à des morceaux d’étoupe ramollie.
Symptomatologie . — Passons actuellement en revue les symptômes du phlegmon diffus.
Pour faciliter l’exposition de la symptomatologie, nous diviserons les symptômes du phlegmon diffus en | symptômes locaux,
( symptômes généraux.
Symptômes locaux. — Les symptômes locaux peuvent euxmêmes se subdiviser en plusieurs périodes:
! Période de début ou période plus particulièrement dite inflammatoire ;
Période de mortification ;
Période d’élimination ;
Période de restauration.
Période de début. — Au début, souvent après un accès de fièvre sérieux, avec frissons plus ou moins intenses et augmentation de chaleur, on voit survenir un peu de douleur à la peau. La peau prend très rapidement une couleur rouge prononcée ; cette coloration a été comparée avec assez de justesse à la coloration foncée des roses de Provins. On peut croire, au premier abord qu’il s’agit d’un simple érysipèle.
On voit survenir rapidement des phénomènes d’œdème à propos desquels les pathologistes ont signalé des particularités spéciales. Duncan comparait la sensation que fournissent les parties œdématiées à celle qui s’obtient en pressant une surface ferme, douce, unie.
Pour Béclard, la sensation que l’on éprouve tiendrait le milieu entre
Ila mollesse de l’œdème, la dureté du phlegmon , l’élasticité de Y emphysème.
Les caractères de cette tuméfaction varient: