‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 171 sur 252 · DIAGNOSTIC DU PHLEGMON DIFFUS · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DU PHLEGMON DIFFUS

craindre alors un phlegmon diffus. 11 est important dans ces conditions d’être rapidement fixé, car le traitement sera bien différent dans l’un ou l’autre cas. Le diagnostic est quelquefois facile, surtout si les symptômes généraux sont peu graves.

Quelquefois l’on hésite, et alors il est inutile de rechercher quelques nuances dans les degrés de la rougeur, dans la trace plus ou moins profonde que laisse le doigt au milieu des parties œdématiées, dans les caractères de la chaleur ou de la sensibilité morbides. Il faut, dans ces cas, avoir recours de suite à l’incision. Si le phlegmon est panniculaire, la section de la peau et de son coussinet graisseux permet de le reconnaître facilelement. Si le phlegmon est sus-aponévrotique, la division complète du tégument et de sa doublure adipeuse met à nu le tissu cellulaire où siège la nappe purulente, et vous indique la nature de la lésion. Dans les cas d’érysipèle œdémateux, vous ne constatez qu’une infiltration séreuse du tissu cellulaire.

Lorsque le phlegmon est sous-aponévrotique, l’examen minutieux de l’aponévrose que l’incision à mise à nu vous permettra d’arriver à la vérité. Si l’aponévrose a perdu son aspect argenté, surtout si elle offre une teinte jaune ou verdâtre, n’hésitez pas alors à affirmer le diagnostic du phlegmon diffus.

En d’autres termes, le diagnostic différentiel se fera surtout, dans les cas douteux, avec le bistouri.

Incisez tout d’abord la peau et le tissu cellulaire sous- cutané.

1° Si vous trouvez un œdème

Isubflavescent, verdâtre,

des traces de pus concret,

c’est au phlegmon diffus panniculaire ou sus-aponévrotique que vous aurez affaire.

2° En outre, examinez avec soin, dans le fond de la plaie, la teinte de l’aponévrose, si cette teinte est argentée, si elle est, au contraire, verdâtre.

Pour le diagnostic différentiel du phlegmon diffus et du

phlegmon par diffusion, la diffusion n’est que secondaire, elle n’est pas primitive comme dans les cas de phlegmon diffus proprement dit. Ainsi, par exemple, un phlegmon, circonscrit primitivement a la paume de la main, n’est pas ouvert à temps ou n’est pas ouvert suffisamment ; la suppuration se diffuse alors au loin, et plus tard les désordres pourront être même si considérables qu’il sera nécessaire d’avoir recours à l’amputation de l’avant-bras. Dans ce cas, il y a eu seulement migration successive du pus, il n’y a pas eu une production simultanée du pus sur un grand espace. Il n’y a pas eu, en d’autres termes, phlegmon diffus.

Dans le phlegmon diffus, le pus est habituellement concret, il se forme presque dès le début de la maladie. Dans le phlegmon par diffusion, il y a tout d’abord un foyer de suppuration primitif et ordinairement circonscrit, et déplus le pus est liquide. Dans le phlegmon diffus, il n’y a pas ce que l’on pourrait appeler l’unicité du foyer primitif.

Dans le phlegmon diffus, les phénomènes de mortification, de gangrène spéciale du tissu cellulaire sont très apparents. Il n’en est pas ainsi habituellement dans les cas, même graves, de phlegmon par diffusion.

En résumé, le phlegmon diffus se différencie du phlegmon par diffusion à l’aide des caractères suivants :

A. Dans le phlegmon diffus, l’invasion purulente est simultanée sur un grand nombre de points ; dans le phlegmon par diffusion, elle est successive.

B. Dans le phlegmon diffus, on observe le plus souvent l’état concret du pus. Celui-ci est toujours liquide dans le phlegmon par diffusion.

C. Dans le phlegmon diffus, rien de plus fréquent que le sphacèle du tissu cellulaire. Rien déplus rare dans le phlegmon par diffusion.

D. Le décollement de la peau est habituellement beaucoup étendu dans le phlegmon diffus.

Page 1