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DIAGNOSTIC DU PHLEGMON DIFFUS

Un peu plus tard, vous comprendrez mieux une différence que l’on peut en dernier lieu établir au point de vue thérapeutique : une seule incision suffit habituellement pour le traitement du phlegmon par diffusion; dans le traitement du phlegmon diffus, il faut toujours des incisions multiples.

Vous trouverez dans bien des auteurs le diagnostic différentiel du phlegmon diffus et de la phlegmasia alba dolens ou œdème douloureux ; le problème est habituellement trop facile à résoudre pour que nous insistions sur ce point. Quant à différencier le phlegmon diffus de la phlébite ou de Pangioleucite, on peut dire ({lie si, tout à fait au début, surtout dans les cas d'angioleucites infectieuses avec engorgement œdémateux des parties, le doute est quelquefois possible, le plus souvent les caractères propres à ces deux affections sont assez spéciaux pour que le diagnostic s’affirme facilement.

En dernier lieu, le phlegmon diffus pourrait être confondu avec la gangrène foudroyante, l’érysipèle bronzé de Velpeau.

Cette confusion peut être faite si facilement que Gosselin a pu décrire, avons-nous dit, une forme gangréneuse du phlegmon diffus. On comprend dès lors que l’on puisse hésiter à se prononcer puisque des symptômes de phlegmon diffus et de gangrène spéciale peuvent se trouver réunis.

Dans les cas de gangrène foudroyante, quelques signes différentiels assez importants peuvent cependant être indiqués, les trois suivants, par exemple' :

La coloration de la peau qui rappelle dans certains cas i celle du bronze;

(La sonorité tympanique toujours très prononcée;

La marche- des accidents encore plus rapide, plus foudroyante que dans le phlegmon diffus.

Lorsque le phlegmon est au début, lorsque la gangrène traumatique s’accompagne d’une teinte moins foncée, lorsque le développement des gaz est moindre, lorsque sa marche est un peu moins rapide que d’habitude, le doute alors sera parfois

permis. Ledentu a fait observer avec beaucoup de justesse que de tous les signes différentiels que nous venons d’indiquer, le plus important est le développement des gaz, développement toujours moins prononcé dans le phlegmon diffus, si ce n’est peut-être dans le cas où le phlegmon diffus dépend d’une infiltration d’urine ou de matière stercoralc.

Du reste,

phlegmons simples, phlegmons simples gangréneux,

1 phlegmons diffus, phlegmons diffus gangréneux, phlegmons par diffusion,

phlegmons par diffusion avec accidents gangréneux, gangrène foudroyante ;

tous ces divers processus peuvent souvent se combiner les uns avec les autres et ne se distinguent alors que difficilement.

Au début, le chirurgien hésitera dans bien des cas, quand il s’agira d’angioleucite, de phlébite ou d’érysipèle.

Nous connaissons actuellement le phlegmon diffus au point de vue de ses symptômes et de son diagnostic; étudions son étiologie, son pronostic, la nature de la maladie et son traitement.

Etiologie. — Les causes du phlegmon diffus sont multiples, nous ne chercherons pas à vous en faire une énumération plus ou moins complète ; il nous paraît plus convenable de chercher tout d’abord à les grouper en plusieurs catégories : ( 1° Causes que nous appellerons spéciales;

2° Causes locales ;

( 3° Causes générales.

Causes spèciales. — Les causes spéciales peuvent être ramenées à une seule : le contact sur une partie du corps d’une matière septique qui le plus souvent consiste en un liquide cadavérique. L’inoculation se fait habituellement au niveau d’une plaie. L’observation semble démontrer que plus les blessures sont petites, plus dangereuses sont les conséquences.

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