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TRAITEMENT DU PHLEGMON DIFFUS — INDICATIONS LOCALES

la forme et la profondeur de ces incisions. Voici quelques-uns de ses conseils qui m’ont semblé les plus importants.

l°Les incisions doivent être longues et multipliées, pénétrer jusqu’à l’aponévrose dans tous les cas sans exception, et diviser cette dernière quand on la trouve altérée dans sa couleur. Cette incision jusqu’à l’aponévrose est, du reste, un moyen d’exploration complète et de diagnostic positif. Souvent, c’est alors seulement que l’on a incisé la peau et le pannicule cellule graisseux, que l’on s’aperçoit que l’on a à traiter un phlegmon diffus par nappe purulente; l’incision devra alors être faite plus profondément.

2° Quand le phlegmon estsous-aponévrotique, pour assurer le libre écoulement du pus, on doit pratiquer des débridements latéraux sur les deux lèvres de la première incision faite à l’aponévrose.

3° Les incisions peuvent se diviser en deux catégories, d’une part, les incisions èvacuatives; d’une autre part, les incisions limitatives ou préventives . Les incisions èvacuatives doivent se répartir sur toute l’étendue des couches envahies. Les incisions préventives dépassent la limite de l’infiltration purulente.

4° Lorsque deux incisions sont parallèles, il est convenable de les rapprocher suffisamment. Un espace de deux travers de doigt entre deux incisions suffît habituellement.

Une fois les incisions faites, le chirurgien devra s’efforcer de bien favoriser l’écoulement des divers produits purulents ou gangrenés. Il est de la plus haute importance, en effet, que ces produits séjournent le moins longtemps possible au milieu des tissus. Moreau (de Tours) dans sa thèse de 1836, a été un des premiers qui aient démontré dans ces cas la nécessité des injections.

Ghassaignac a conseillé les douches détersives ; on débarrasse ainsi une ou deux fois par jour le champ des incisions des produits qui s’y accumulent, lambeaux sphacelés,pus, sang. Il faut provoquer très assidûment cette expulsion si l’on veut

retirer des incisions que l’on a faites toute l’utilité qu’on est en droit d’en attendre.

Ges injections seront, de diverse nature, liquide émollient, liquide astringent, liquide antiseptique. Dupuytren se servait souvent d’une solution légère de nitrate d’argent. Les solutions phéniquées ou à l’acide borique sont actuellement plus en vogue. Si la présence d’un microbe spécial au phlegmon diffus était complètement démontrée, l’expérience indiquerait ultérieurement quelle substance particulière devrait être employée pour en obtenir plus facilement la destruction, et lutter ainsi plus efficacement contre les progrès ultérieurs de la maladie?

Gomme les incisions sont multipliées et profondes, il faut craindre d’avoir parfois un écoulement de sang trop abondant. La mort pourrait même survenir par suite d’un accident semblable. En liant un vaisseau ouvert, en appliquant une pince hémostatique, en maintenant au niveau des parties divisées quelques morceaux d’amadou, en faisant un peu décompression digitale, il est habituellement facile de conjurer le danger que court le malade par le fait de l’hémorragie.

Lorsque la peau est largement décollée ou que des clapiers se sont formés pendant la période d’élimination des escarres, l’application du drainage est souvent utile. Je n’insisterai pas sur tous ces détails qui ne constituent pas la partie capitale du traitement.

Pour réaliser les premières indications que nous avons formulées, l’on peut mettre en usage aussi la cautérisation. Follin s’est montré bien peu partisan de l’emploi de cette méthode. Pour cet auteur, tout autre traitement que celui des grandes incisions, lui semblait devoir être rejeté. Cette opinion nous paraît fausse, le traitement par la cautérisation intelligemment appliqué peut conduire à des résultats très satisfaisants et l’emploi de ce traitement nous semble pouvoir être soutenu, soit au point de vue du raisonnement, soit au point de l’observation clinique.

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