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TRAITEMENT DU PHLEGMON DIFFUS — INDICATIONS LOCALES

En effet, a priori on est en droit d’affirmer que la cautérisation peut permettre de créer comme l’incision une voie d’écou lement suffisante. La cautérisation devient, dans les parties où elle est pratiquée, la cause d’une réaction inflammatoire plastique. Les substances plastiques sécrétées peuvent s’opposer utilement à la diffusion des premiers produits inflammatoires et limiter le mal. En dernier lieu, les solutions de continuité par cautérisation sont habituellement exposées à moins d’accidents que les plaies par instrument tranchant.

Au point de vue de l’observation clinique, des résultats heureux ont été signalés.

Le professeur Bonnet a souvent mis en usage ce mode de traitement, et ses succès ont été nombreux. Nous avons eu l’occasion de traiter ainsi quelques cas de phlegmons diffus, et les résultats nous ont paru toujours satisfaisants. 11 est nécessaire, quand on a recours à cette méthode, de procéder avec une certaine audace. Quelquefois l’on peut faire des incisions avec le bistouri ; l’exploration des parties est alors plus facile, l’écoulement des liquides plus prompt, et l’on transforme ensuite la solution de continuité faite par l’instrument tranchant en cautérisant plus ou moins fortement les surfaces primitivement incisées.

Les incisions et la cautérisation constituent certainement le mode de traitement le plus important du phlegmon diffus, et cela d’une façon si formelle que Chassaignac, a cru affirmer la proposition suivante, à savoir que tout phlegmon diffus guéri sans le secours d’aucune incision doit être considéré comme un pseudo-phlegmon diffus.

Quelques autres méthodes ont été cependant conseillées; nous nous contenterons de vous les signaler rapidement. Compression ;

Emploi des vésicatoires;

Ponctions multiples à la lancette.

Compression. — Velpeau est un des auteurs qui ont le plus

contribué à faire accepter ce mode de traitement. « Lorsque le phlegmon diffus en est seulement au troisième jour, dit Velpeau, la compression en triomphe presque toujours, et cela dans l’espace de deux à trois jours; il faut cette condition qu’il n’y ait pas de pus formé ni de tissu cellulaire mortifié. L’expérience m’a encore prouvé, ajoute-t-il, que dans les cas où il y a de la suppuration et des points mortifiés, la compression modèrp l’inflammation qui existe et limite les foyers purulents. » Malgré quelques observations heureuses, que l’on peut citer à l’appui de ce traitement, malgré toute l’autorité de Velpeau, la compression ne rencontre aujourd’hui que bien peu de partisans, et bien des chirurgiens ^considèrent même actuellement cette méthode comme inutile et dangereuse.

Les vésicatoires employés par Duncan d’abord, par Dupuytren ensuite, dans le but de transformer pour ainsi dire le phlegmon diffus en phlegmon simple, ne sont plus généralement acceptés. Dupuytren y avait recours même dans la période de suppuration; il pensait en agissant ainsi concentrer l’inflammation sur le point où le vésicatoire était appliqué et empêcher de cette manière la diffusion du processus morbide.

Gomme méthode des ponctions multiples, deux modes de traitement doivent être indiqués. Le procédé de Dobson et celui de Velpeau mis en usage actuellement par le docteur Anger. Dobson conseille de traiter le phlegmon diffus à l’aide de ponctions faites avec une lancette pénétrant seulement de 5 à 10 millimètres au-dessous du derme. Ges ponctions sont réitérées trois ou quatre fois dans les vingt- quatre heures, on en porte le nombre de dix à cinquante chaque fois.

Cotte méthode est insuffisante le plus souvent, et quand il faut réitérer les piqûres un trop grand nombre de fois, les malades s’y refusent habituellement.

Velpeau conseillait quelquefois les incisions multiples par

ponction. Cette méthode, que l’on pourrait placer entre la méthode

des incisions ordinaires que nous vous avons

décrite et les

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