‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 182 sur 252 · DIFFUS · texte numérisé non relu

DIFFUS

1° Le phlegmon diffus est considéré habituellement comme une inflammation purulente diffuse du lissu cellulaire avec phénomènes de mortification. Ce processus morbide comporte en outre :

^ 1° L’idée d’une cause infectieuse.

) 2° I/idée de décomposition rapide des produits inflammatoires.

2“ Le phlegmon diffus peut se diviser en quatre variétés (Chassaignac). j iu Le phlegmon diffus panniculaire.

V 2° Le phlegmon diffus par nappe purulente (sus-aponévrotique). f 3° Le phlegmon diffus sous-aponévrolique.

\ 4° Le phlegmon diffus total.

3« Lorsque le pus est au-dessous des aponévroses, la couleur des aponévroses devient jaune, verdâtre; lorsque le pus est au-dessus des aponévroses, la couleur des aponévroses ne se modifie pas.

Les aponévroses, en d’autres termes, se teignent de dedans en dehors, et non de dehors en dedans.

4° Au point de vue du diagnostic différentiel, il faut, s’attacher surtout à bien distinguer du phlegmon diffus : 1° l’érysipèle œdémateux; 2» le phlegmon par diffusion; 3° l’œdème douloureux; 4» la gangrène foudroyante. Au début, la lymphangite infectieuse peut être confondue avec le phlegmon diffus.

5° Le phlegmon diffus peut être considéré comme siégeant tout d'abord dans les vaisseaux lymphatiques du tissu cellulaire, sa cause peut être envisagée comme spécifique. A une cause spéciale correspond un processus morbide spécial.

6° Le traitement dui préventif, phlegmon diffus est. . } curatif.

Préventif. .

Chercher à détruire de suite la cause infectieuse. Lo'ions spéciales.

Curatif.

Local. .

Général.

Grandes incisions.

Cautérisation.

Ponctions multiples à la lar.cffle.

Incisions parponction au bistouri.

Vésicatoires.

Compression.

Amputation.

Incisions évacuatives.

Incisions limitatives.

Velpeau.

Anger.

j Combattre les phénomènes généraux.

) Médication stimulante, tonique, antiseptique.

Du furoncle. — Définition descriptive. — Une définition basée sur la connaissance de la nature intime de la lésion est difficile adonner. — Opinion de Dupuylren. — Opinion de Gendrin, deDenonvilliers, de Nélaton. — Opinion de Richet: le furoncle est l'inflammation gangréneuse nécrobiolique des glandes tégumentaires — Symptomatologie. — Symptômes locaux. — Symptômes initiaux. — Symptômes inflammatoires et ulcératifs. — Symptômes de réparation. — Furoncle simple. — Furoncle phlegmoueux. — Furoncle gangréneux. — Symptômes généraux souvent nuis. — Quelquefois symptômes généraux exceptionnels. — Quelquefois symptômes généraux d'une gravité particulière. — Cause de cessymplômes. — Opinions des auteurs anglais et allemands. — Pour quelques auteurs, malignité spéciale. — Pour Verneuil, Trélat, Reverdin, phlébite concomitante. — Gravité du furoncle de la région cervico-faciale. — Étiologie. — Causes générales. — Causes locales. — Microbe du lui-oncle. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement. — Traitement local de la période inflammatoire ulcéreuse. — Traitement local de la période de restauration. — Traitement général.

Messieurs,

Il nous reste à passer en revue l’histoire du furoncle, de l’anthrax et du mal perforant plantaire. Nous commencerons aujourd’hui l’étude du furoncle.

Furoncle. — On désigne sous le nom de furoncle une lésion à forme inflammatoire siégeant au niveau de la peau et des muqueuses. Pour quelques auteurs, cette lésion est limitée au tissu cellulo-graisseux qui existe dans les aréoles du derme. Cette lésion est caractérisée par une petite tumeur conique, dure, douloureuse, acuminée. Elle se termine par une érosion ulcérativc à son sommet, et le rejet il l’extérieur d’une petite masse concrète et jaunâtre que l’on appelle bourbillon .

Berne. — Puth. chir.

On donne quelquefois au furoncle le nom de clou , probablement à cause de la douleur plus ou moins vive que les malades ressentent et que l’on peut comparer à celle que déterminerait un clou qui s’enfoncerait dans les parties malades.

Nous venons do vous énoncer ce que l’on peut appeler une définition descriptive; il eût été . certainement plus rationnel d’établir une définition essentiellement basée sur la connaissance de la nature intime de la lésion. Malheureusement les opinions sur ce sujet ne sont point encore unanimes, et les divers patho logistes sont loin d’être d’accord. Ainsi, pour les uns, pour Dupuytren, par exemple, le furoncle doit être considéré comme l’inflammation des paquets cellulo-adipeux qui remplissent les aréoles de la face profonde du derme. Pour lui, le bourbillon est un détritus gangréneux résultant: de l’étranglement de ces paquets cellulo-graisseux enflammés et resserrés entre les parois inextensibles des aréoles dermiques. '

Pour Gendrin, Nélaton, Denonvilliers, Gosselin, le furoncle est une inflammation pseudo- membraneuse des aréoles du derme. Chaque cavité du tissu cellulaire est comparable à une séreuse de petite dimension. De même que dans la pleurésie et dans la péritonite, on voit se constituer des produits spéciaux pseudo --membraneux, de même dans le furoncle, que ces auteurs considèrent comme l’inflammation des petites cavités séreuses du derme, on voit aussi se constituer un produit spécial, pseudomembraneux, le bourbillon.

Pour d’autres chirurgiens, Richet entre autres, le furoncle

est une inflammation qui a son siège dans les glandes tégumen-

taires, c’est-à-dire les follicules pileux ou les glandes sudo- *

ripares.

Pour ces auteurs, le bourbillon n’est que le mélange de la matière sécrétée normalement dans ces organes glandulaires avec les produits inflammatoires et la glande elle-même qui s’élimine à un moment donné par nécrobiose »

Cette opinion nous semble devoir être acceptée; aussi, pour

Page 1