‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 184 sur 252 · DU FURONCLE — SYMPTOMES GÉNÉRAUX GRAVES · texte numérisé non relu

DU FURONCLE — SYMPTOMES GÉNÉRAUX GRAVES

leur nombre peut être si considérable que le corps tout entier en est parfois recouvert.

L’éruption furonculeuse confluente débute presque toujours par un furoncle isolé; quelquefois elle est constituée tout d’abord par une série de petits furoncles distincts les uns des autres, mais très rapprochés. Au niveau de la zone de ces furoncles primitifs, on voit se développer une ceinture de nouveaux furoncles. La lésion se rapproche alors beaucoup de ce que nous décrirons bientôt à part sous le nom d’anthrax. Il est facile d'observer que, dans ces conditions, les phénomènes phlegmolieux et gangréneux sont alors beaucoup plus prononcés.

Symptômes généraux. — Nous venons de passer en revue les symptômes locaux du furoncle. Habituellement les symptômes généraux sont peu prononcés, presque nuis; l’on constate un peu de fièvre, le malade se plaint de douleurs plus ou moins vives, et tout rentre dans l’état normale après la sortie du bourbillon. Dans quelques circonstances l’on voit, au contraire, se produire des phénomènes graves, phénomènes ataxo-adynamiques. Le plus souvent ces symptômes surviennent lorsque le malade était sous l’influence d’une état diabétique.

Quelquefois des symptômes généraux exceptionnels et spéciaux dépendent seulement de la situation du furoncle. Ainsi Marjolin a cité l’observation d'un furoncle situé au cou ; la déglutition était dans ce cas à peu près impossible et le malade accusait, en outre, une dyspnée intense. Au périnée, la présence d’un furoncle peut empêcher l’émission de l’urine.

Quelquefois le furoncle se présente dans des conditions qui paraissent aussi simples que possible : l’état général du sujet n’est pas mauvais, la situation de la lésion ne présente rien d’anormal et cependant on voit éclater brusquement des accidents d’une gravité extrême. Le malade est pris, par exemple, de frissons intenses qui se répètent à plusieurs reprises.il accuse une douleur vive, le plus souvent à la tête, quelquefois à la poitrine, dans Je ventre, au niveau des articulations. La tumeur furonculeuse

primitive se gonfle, elle devient œdémateuse, d’une teinte rouge un peu noirâtre. Des traînées rougeâtres apparaissent tout autour. Si le furoncle est à la face, les traits se boursouflent, la figure devient bientôt méconnaissable, le malade est anxieux, pris de délire, et souvent, trois ou quatre jours après le frisson initial, la mort survient. Des observations semblables au tableau que nous venons de retracer dépassent actuellement le chiffre de cinquante, l’attention n’a été attirée sur ces faits que depuis peu de temps.

Ainsi, dès 1851, Stanley et Loyd en avaient parlé.

En 1857, Wagner, AVeber et Kiel signalèrent quelques observations semblables.

En 1860, un chirurgien danois, le docteur Trude, a cité des faits identiques et les a interprétés avec un esprit des plus judicieux; ce travail est, du reste, cité et analysé dans le traité de de Follin.

Depuis lors, Stephenson, en Angleterre (1862); Nadaud, dans une thèse sur le furoncle de la face (1864), ont appelé encore l’attention sur ce point. En 1867, des observations analogues sont rapportées au Congrès de Bordeaux par les docteurs Cavasse, Broca, Denucé. En 1868, des observations de Verneuil sont citées dans la thèse du docteur Danielopoulo. Enfin, en 1870, Reverdin fît paraître sur ce sujet un travail important inséré dans les Archives de médecine.

Si l’on résume en quelques mots ce qui a été dit sur la cause de la gravité de ces faits, on peut ranger sous trois chefs les diverses explications qui en ont été fournies.

1° Les écrivains anglais ou allemands qui les premiers ont signalé des observations semblables, Loyd, Stanley Stephenson, Weber ont émis l’opinion que ces faits se rapprochaient soit du charbon, soit de la pustule maligne.

2° Quelques auteurs au Congrès de Bordeaux ont invoqué l’explication un peu banale de la malignité.

3° En dernier lieu, Trude, Verneuil, Trélat, Nadaud, Denucé,

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