DU FURONCLE — TRAITEMENT
nombre se contente cle réserver cette opération pour les cas seulement où le furoncle présente les caractères du furoncle phlegmoneux. Une simple incision cruciale suffit habituellement. Vous éviterez les incisions circulaires proposées par Lallemand; elles entraînent presque toujours le sphacèle d’une trop grande quantité de peau.
Le traitement par l’incision et l’application dans les parties profondes soit d’acide thymique soit d’acide borique, semble aussi à cette période un mode de traitement plus sûr pour limiter autant que possible l’action nuisible de la cause spécifique. Pour les cas de furoncles graves, vous n’hésiterez pas, si la région le permet, à appliquer largement la cautérisation. Pour combattre la complication phlébitique, Reverdin conseille tout d’abord l’incision faite aussi rapidement, aussi largement que possible; la cautérisation peut ensuite être appliquée si on le juge convenable.
Période d’élimination. — Dans la période d’élimination et de réparation, les émollients seront tout d’abord continués; on joindra ensuite aux lotions émollientes les lotions alcooliques ou vineuses : on excite ainsi plus directement la cicatrisation. C’est au moment de cette période que vous verrez souvent employer comme topiques le baume de Styrax, le baume du Pérou.
Outre le traitement local, il est naturel d’instituer un traitement général. Le traitement général peut être, ou bien un traitement dirigé contre les symptômes généraux, ou bien un traitement pour ainsi dire préventif destiné à s’opposer à des manifestations furonculeuses ultérieures. Lorsque le furoncle est un furoncle simple, la première partie du traitement n’a pas besoin d’être réalisée. Lorsque le furoncle présente les symptômes graves que nous avons analysés, on met habituellement
en usage une médication dirigée contre les accidents ataxoadynamiques.
Comme médication préventive, on modifie tout d’abord le régime du sujet, on conseille l’administration de quelques pur
gatifs; cette indication doit être réalisée avec une réserve excessive. Quelques auteurs, Schweich, par exemple, cité par Gaudaine, accusent les purgatifs répétés d’occasionner des furoncles.
Souvent on conseille l’administration de l’arsenic. Le docteur Detioux (de Savignac), a indiqué, dans le Bulletin [ thérapeutique, la formule suivante :
Arséniate de soude 10 centigrammes.
Eau 200 grammes.
Le malade doit prendre deux cuillerées à café de cette solution, une avant le repas du matin, une seconde avant le repas du soir. Le remède est continué vingt jours ; quelques purgatifs sont administrés en même temps.
En 1852, le docteur Mosse a vanté beaucoup l’emploi de la levure de bière, à la dose de trois à quatre cuillerées par jour, chaque cuillerée étant délayée dans un peu d’eau. Hardy conseille fréquemment l’emploi longtemps prolongé de l’eau de goudron pour combattre la furonculose générale. Lœwenberg, qui soutient que le furoncle est dû à la présence d’un microbe spécial, met en usage les lotions d’acide thymique ou d’acide borique appliquées au corps entier.
En définitive :