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SYMPTOMATOLOGIE GÉNÉRALE DE L’ANTHRAX

SYMPTOM A|TOLOGIE GÉNÉRALE DE L'ANTHRAX

A. Symptômes locaux. Ces symptômes sont habituelle ment les plus importants.

Symptômes

locaux

physiques.

Période d’évolution.

Inflammation ulcéreuse gangréneuse .

D’une façon générale, tantôt l’anthrax est circonscrit, bénin; tantôt il est diffus, malin.

Période ^ On dirait un furoncle un peu plus i du début. [ volumineux que d’ordinaire.

1° Augmentation rapide de la tumeur initiale.

2° Phlyctènes multiples à la surface de la tumeur.

3° Les phlyctènes se déchirent. Création d’orifices multiples.

4° Cratères furonculeux plus ou moins nombreux.

5° Gangrène de portions cutanées, élimination de pus, de bourbillon, de débris gangréneux.

6" Quelquefois abcès profonds ; constitution d’une vaste cavité, plus ou moins anfractueuse.

Cicatrisation souvent rapide.

I irrégulière, déprimée, adhérente.

Douleur variable suivant les diverses périodes : maximum de la douleur au moment de la tension la plus grande; diminue dans la période d’élimination.

1° Quelquefois symptômes généraux inflammatoires ordinaires, état fébrile.

2° Quelquefois état glycosurique déterminé par l’anthrax.

3° Quelquefois symptômes généraux ataxo-adynamiques et souvent mort.

Infection purulente.

Infection putride.

Anthrax delà région cervico-faciale.

Anthrax du cou.

Anthrax de la poitrine.

Anthrax des parois abdominales.

Anthrax au niveau d’une articulation. »

/ Erysipèle.

\ Phlegmon diffus.

Période de restauration.

Symptômes

locaux

subjectifs.

B. Symptômes généraux.

Dans ce cas :

2° Quelquefois symptômes spéciaux en rapport avec le siège.

3° Quelquefois complications.

Abcès tardifs.

( Anthrax multiples.

D’une façon générale, la durée de l’anthrax est longue, au moins de quatre à cinq semaines pour un anthrax bénin de volume médiocre. Quelquefois durée de cinq mois (Trélat); en moyenne, deux mois (Guérin).

Etiologie de l'anthrax. — Les causes signalées par les auteurs comme pouvant déterminer l’anthrax sont très nombreuses. Leur nombre même indique malheureusement leur peu de valeur, et certainement la plupart d’entre elles n’ont qu’une action très problématique. La constatation d’un microbe spécial au niveau des furoncles permet de penser que ce fait existe aussi dans l’anthrax. L’étiologie, dans ce cas-, deviendrait bien plus simple, mais l’observation n’est pas, sous ce rapport, encore assez complète.

Jusqu’à présent, les causes de l’anthrax ont pu se diviser, d’une part, en causes prédisposantes ; d’une autre part, en causes déterminantes. Ces dernières peuvent être elles-mêmes distinguées en causes déterminantes locales et en causes déterminantes générales.

Causes prédisposantes. — Dans une thèse importante (1872), le docteur Halpryn a fait à ce sujet quelques recherches qui méritent d’être connues; elles portent, en effet, sur un total de 194 observations d’anthrax. Il résulte de cette statistique :

1° Que l’anthrax n’existe pas dans l’enfance : aucun cas n’a été observé chez un enfant au-dessous de onze ans.

2° Il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme: sur ces 194 observations, 160 existaient chez des hommes, 34 seulement chez des femmes.

3° On le rencontre plus souvent chez les personnes âgées de seize à soixante-dix ans que chez celles dont l’âge est supérieur à soixante -dix et inférieur à seize.

4° L’anthrax est proportionnellement beaucoup plus fréquent dans la vieillesse qu’aux autres âges. Il existe, en effet, beauconp moins de vieillards que d’autres personnes, et cependant dans les 194 cas observés, 28 se rencontraient chez des sujets de soixante à soixante-dix ans, et 13 entre soixante-dix et quatre-vingts ans. Pour quelques auteurs, la diminution de la vitalité chez le vieillard pourrait expliquer cette pré-

ÉTIOLOGIE DE L’ANTHRAX

disposition spéciale. Les modifications que l’âge entraîne du côté du tissu cellulaire semblent peut-être pouvoir fournir une explication plus logique. Du reste, la raison intime de ce fait nous échappe encore complètement.

5° En dernier lieu, le relevé des observations démontre que l'anthrax est un peu moins fréquent en hiver, surtout en janvier et en février, que dans les autres saisons.

La statistique n’indique rien de positif pour les professions. Les 194 cas ont été observés en partie, dans les hôpitaux, chez des ouvriers exposés aux fatigues, aux privations, et souvent en même temps aux abus alcooliques.

Retenez, en dernier lieu, que l’anthrax et le furoncle ont pu quelquefois se montrer sous forme d’épidémie. En 1852, Hunt a relaté dans le Medical Times des épidémies de furoncle et d’anthrax. La même année, Hamilton et Stanley en ont cité quelques exemples. Enfin, en 1853, Tholozan a insisté beaucoup dans la Gazette hebdomadaire sur ce qu’il appelle l’épidémicité de l’anthrax.

Sans vouloir trop nous arrêter sur ce point, nous vous ferons remarquer cependant que les anthrax et les furoncles accompagnent souvent d’autres maladies, les exanthèmes principalement. Il semble logique, par conséquent, de se demander si l’interprétation des auteurs est parfaitement exacte, et si, dans bien des cas, la présence des anthrax ne doit pas être attribuée surtout à telle ou telle autre épidémie, exanthématique par exemple. Ainsi, dans la relation d’une épidémie d’anthrax qu’il publia dans le Dublin medical Press, Hamilton indique justement le fait concomitant d’une épidémie de scarlatine.

Causes de terminantes. — Les unes, avons-nous déjà dit, sont locales, les autres générales. Gomme causes locales, nous pourrions citer la plupart des causes susceptibles de pouvoir agir sur la peau et sur les muqueuses ; c’est un tait étiologique que nous avons déjà rapporté pour le furoncle en vous signalant l'action des vésicatoires, onguents, pommades irritantes. Pour -

quoi ccs causes déterminent- elles, dans certains cas, plutôt un phlegmon qu’un anthrax? Il est impossible de l’indiquer.

Les produits pathologiques qui s’éliminent au niveau de l’anthrax sont-ils susceptibles d’occasionner une maladie semblable? En d’autres termes, l’anthrax est-il contagieux? Trélat n’a pas hésité à nier cette contagion. Aucun fait, dit-il, ne témoigne en faveur de cette étiologie, et, pour lui, les prétendus cas de contagion qui ont été cités sont simplement des cas d’inoculation septique suivie de panaris ou d’angioleucites. Quand on passe en revue les diverses observations rapportées par les auteurs, on se trouve, il est vrai, tout naturellement conduit à diminuer les cas de contagion dus à des matières septiques puisées à d’autres sources ; mais il reste cependant à l’actif de cette cause quelques faits qui semblent probants. Ainsi, dans une thèse de Paris (1866), le docteur Marsoo cite le fait d’un médecin qui pansait l’anthrax d’un malade, ce médecin eut un panaris anthracoïde à l’indicateur de la main droite; une blanchisseuse chargée de laver le linge contaminé eut à son tour un anthrax de l’avant-bras.

Thomas Laycok (1856, Edimbourg medical Journal) a cité aussi quelques faits de chirurgiens contractant, par exemple, des furoncles après avoir pratiqué des autopsies de malades morts d’anthrax.

Pour cet auteur, la contagion peut se faire d’un individu à un autre; quelquefois elle s’opère sur le même sujet. En 1862, Teldmann a insisté, dans un article publié dans la Gazette hebdomadaire , sur ce qu’il appelle la loi de déclivité. 11 explique ainsi l’apparition des furoncles et des anthrax secondaires. On comprend facilement ce qui se passe dans ces conditions.

Quelques faits d’inoculation d’anthrax trancheraient, sans aucun doute, bien mieux cette question; Laycok a tenté quelques expériences dans ce sens, mais sans succès.

Causes déterminantes générales. — Gomme causes déterminantes générales, les auteurs mentionnent l’embarras des

ETIOLOGIE DE L'ANTHRAX

voies digestives, la convalescence plus ou moins incomplète des maladies graves. L’anthrax se développe chez les alcooliques, les syphilitiques, les scrofuleux. L’influence de l’albuminurie a été notée aussi dans quelques observations. Du reste, alcoolisme et albuminurie sont deux faits qui se rencontrent souvent chez le même sujet.

L’anthrax est assez fréquemment lié à la goutte. Dès 1786, Hunter avait noté que l’anthrax survenait chez des individus très gros, très obèses, ayant été soumis longtemps à un régime trop substantiel. Marchai (de Galvi), Rayer ont cité aussi des exemples semblables. Dans ce cas, la saturation de l’ économie par l’acide urique peut être considérée comme une cause efficiente. L’acide urique en excès tend à s’éliminer du côté de la peau ou du côté des muqueuses, son action irritante devient alors l’occasion de la production de l’anthrax.

Une des causes déterminantes générales des plus importantes, c’est le diabète. Quelques auteurs ont cru à cette cause d’une manière si complète qu’ils ont pensé même que, dans bien des cas où l’on soumettait un sujet à l’ingestion d’une grande quantité de sucre, la présence accidentelle de matériaux sucrés dans le sang suffisait pour déterminer l’apparition d’un anthrax. Marchai (de Galvi), Griesinger, en 1868, ont soutenu cette opinion.

L’influence du diabète dans la production de l’anthrax est une question étiologique qui mérite de nous occuper spécialement. Depuis les observations de Cheselden, de Prout, et surtout les travaux plus récents de Marchai (deCalvi), de Wagner, la coexistence du diabète avec l’anthrax et le furoncle a été reconnue dans un certain nombre de cas, mais cette coexistence est-elle fréquente? est-elle rare? dans quelle proportion se produit- elle? Personne, écrivait Trélat en 1866, n’a jusqu’ici examiné dans ce sens un nombre suffisant de malades pour qu’il soit permis d’établir un rapport numérique. Le docteur Halpryn (thèse déjà citée) a résolu en partie ces divers points. Voici les conclusions auxquelles cet auteur est arrivé.

L’action directe du diabète pour produire l’anthrax a été, suivant lui, excessivement exagérée. Ainsi, pour un total de 420 cas de diabète, on a noté seulement 34 fois l’anthrax, et, fait assez important à consigner, les cas d’anthrax dans ces conditions ont été relativement légers. D’une autre part, sur 117 cas d’anthrax, 34 ont été observés chez des diabétiques, et 83 chez d’autres personnes non diabétiques. La proportion est donc environ de 8,09 0/0. La conclusion qui semble par conséquent légitime, c’est que le diabète n’est pas vraiment la cause de l’anthrax. La coexistence du diabète et de l’anthrax ne serait donc qu’une simple coïncidence. L’évolution identique des anthrax observés chez des diabétiques et de ceux observés en dehors du diabète, leurs caractères physiques communs plaident encore, ajoute Halpryn, en faveur de cette affirmation.

Au Brésil cependant, il semble que cette causalité soit plus réelle. Dans ce pays, le fait est connu même des gens du peuple, qui concluent invariablement de l’anthrax au diabète. Dans ce cas, il semble que les anthrax se présentent avec des caractères un peu spéciaux. Ainsi, dans une thèse de 1857, du docteur Bel Mario Di as Jordao, vous trouverez signalées les particularités suivantes : ces anthrax présentent des orifices plus petits que ceux des anthrax ordinaires, avec des bords renversés et offrent à l’intérieur une cavité comme celle d’un kyste. Le pus en est très fluide, de couleur marron et d’une odeur de miel fermenté.

Eu résumé, l’étiologie de l’anthrax peut être ramenée aux propositions suivantes :

ÉTIOLOGIE DE L’ANTHRAX

ÉTIOLOGIE DE L’ANTHRAX

I Iu L'anthrax n’exisle pas dans 1'enlànce. Aucun cas au-dessous de onze ans.

2° Plus fréquent chez l'homme que chez la femme.

3° Habituellement il se rencontre de seize à soixante-dix ans. 4° Proportionnellement, l’anlhrax est plus fréquent chez le

6° Rien à noter pour les professions.

7° Quelquefois épidémies d’anthrax.

Hunter, Hamilton (1852).

Tholozan (1853).

Dans ces cas, il y a souvent une autre épidémie : par exemple, épidémie de scarlatine (Hamilton).

I vieillard.

A. Causes prédisposantes. / 5° Un peu moins fréquent en hiver.

Causes irritantes, agissant sur la peau. L’anthrax est-il contagieux? fait cité par le

Locales. .

docteur Marsoo (1866).

Anthrax secondaires dus au contact des

produits fournis par l’anthrax primitif.

i 1° Embarras des voies digestives.

2° Convalescence imparfaite de maladies graves.

3° Alcoolisme, albuminurie, goutte, imprégnation urique.

Générales.

L’influence de cette cause a été exagérée.

4„ Diabète.. < Proportion réduite à 6 0/0.

Statistiques de Halpryn.

11 y aurait plutôt coïncidence que rapport de causalité.

Bkknk.

l'alh. chir.

Siège 'primitif' de V anthrax. — Eli nous occupant cle la définition de l’anthrax nous avons dû passer déjà en revue quelques-unes des opinions émises sur le siège primitif de cette lésion. Il nous semble convenable maintenant d’étudier cette question d’une manière plus complète.

La plupart des auteurs ont placé le point de départ de l’anthrax dans la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané; mais comme la peau est constituée par des éléments différents et assez nombreux, on a dû chercher à mieux préciser l’élément primitivement atteint. Voici les opinions qui ont été soutenues :

Ces opinions diverses peuvent se réduire aux quatre théories suivantes :

iLa théorie glandulaire ;

La théorie aréolaire ;

La théorie dermique;

\ La théorie cellulaire.

Théorie glandulaire . — La théorie glandulaire remonte déjà à une période éloignée de nous. En 1759, Astruc, dans son traité des tumeurs et des ulcères, attribue la formation des anthrax à la viciation des humeurs de la sueur. Il place, en d’autres termes, le point de départ de l’anthrax dans les glandes sudoripares. Le furoncle, pour lui, aurait son siège primitif dans les glandes pilo-sébacées. Cette théorie a été reprise à une époque plus rapprochée de nous, par Velpeau et par des auteurs contemporains, Richet, Broca, Denucé, Trélat. Pour Velpeau, par exemple, l’anthrax débute par l’inflammation des conduits excréteurs des glandes pilo-sébacées et des glandes sudoripares indistinctement. L’inflammation, partie de ce point, se propage ensuite aux aréoles du derme.

Pour Richet, Denucé, Trélat, le siège de l’anthrax existe au niveau des glandes pilo-sébacées. Pour Broca, ce siège peut être indistinctement, soit dans les glandes sudoripares, soit dans les glandes pilo-sébacées. Ces auteurs citent, du reste, à l’appui de leur opinion, les raisons suivantes : 1° l’anthrax ne

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