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THEORIES DE L'ANTHRAX

s’observe pas dans des régions privées de glandes sébacées ; 2° dans le bourbillon, l’on trouve des portions altérées de ces glandes; 3° au début de l’anthrax, on rencontre presque toujours quelques poils au niveau de la portion la plus acuminée.

Théorie aréolaire. — H unter et Dnpuytren ont placé le siège primitif de l’anthrax dans le tissu cellulaire interaréolaire du derme, et cette localisation a servi surtout au chirurgien français pour expliquer le mécanisme de la gangrène et de l’expulsion du bourbillon.

Théorie dermique. — Dans une thèse de 1815, Vcrgnies place le siège primitif de l’anthrax dans la fibre propre. du chorion. L’inflammation s’étend consécutivement au corps réticulaire et aux paquets de tissu cellulaire placés dans les aréoles du derme. Cette théorie a été peu acceptée; nous avons dû la mentionner cependant.

Théorie celhdaire. — Cette théorie a été soutenue en Angleterre par deux auteurs, Hawkesworth- Ledwick, et, plus récemment, par Collis. Dans l’anthrax, fait observer le premier de ces auteurs : 1° la peau, au début, est lisse, élastique, évidemment saine; 2° les altérations sont habituellement moins avancées, à mesure que l’on se rapproche de la peau; 3° la gangrène du tissu cellulaire précède toujours la suppuration de la peau, et souvent des parties sous- cutanées sont mortifiées dans des proportions que l’aspect de la peau ne pourrait faire supposer.

Pour Collis, l’anthrax est une inflammation primitive du fascia superficialis ; l’inflammation s’étend ensuite, soit au tissu cellulaire interaréolaire, soit au tissu cellulaire profond. Quelquefois même, d’après cet auteur, le développement primitif de l’anthrax aurait lieu dans le tissu cellulaire sous-aponévrotique.

Une discussion très approfondie de ces diverses théories ne nous semble pas nécessaire. Toutes, peut-être, ont une certaine part de vérité, toutes aussi peuvent être attaquées sérieusement. Les objections, par exemple, que le D1' Danielopoulo a pré-

sentées contre la théorie glandulaire ont certainement une grande importance. Les faits d’anthrax observés par lui, soit au niveau de l’éminence thénar, soit au niveau des muqueuses, semblent bien démontrer que l’anthrax peut surgir dans des parties où l’on ne constate pas cependant la présence de glandes sébacées ni de glandes sudoripares. Mais les exemples en sont, après tout, bien rares.

De plus, des follicules spéciaux existent au niveau des muqueuses, et pourquoi exceptionnellement quelques glandes sébacées ou sudoripares ne pourraient-elles pas exister au niveau de la paume des mains ou de la plante des pieds ?

Quelques observations citées dans la thèse du Dr Halpryn viennent bien à l’appui de cette idée de l’origine, peut-être multiple, de l’anthrax; ainsi, dans 10 cas observés par cet auteur dès le début de l’invasion, 2 viennent à l’appui de l’opinion de Danielopoulo, c’est- à- dire que l’anthrax existait sur des régions privées habituellement de glandes pilo - sébacées ; 3 plaident en faveur de la théorie de Dupuytren ou de Vergnies : l’inflammation a semblé envahir la peau d’emblée. Enfin 5 sont évidemment pour la théorie d’Hawkesworth-Ledwick et Collis : l’anthrax siégeait manifestement tout d’abord dans le tissu cellulaire sous-cutané, presque complètement libre, la peau ne présentant, au début, ni altération de couleur, ni modification de sensibilité.

Il est évident néanmoins que quelque chose nous échappe dans la question de cette origine ou de ce siège primitif de l’anthrax. Si l’inflammation phlegmoneuse et l’anthrax peuvent être considérés, d’après ce que nous venons de dire, comme des lésions primitives du tissu cellulaire, pourquoi, des différences entre ces deux affections? Pourquoi ce processus spécial, typique dans les cas d’anthrax? La présence d’un microbe dans l’anthrax pourrait peut-être expliquer cette spécialisation symptomatologique. A une cause spéciale, l'action nuisible d'un microbe. correspondrait une forme de localisation spéciale, le processus

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